V. ÉCHOS
A paraître prochainement : Le péché contre l'esprit, roman par Charles Guérin ; Aventures, contes par Edouard Ducoté; VAme antique, poèmes par Marc Legrand ; Les rêves pèlerins, poèmes par Georges Bidache.
CHRONIQUES î83
Notre collaborateur Emmanuel Delbousquet publie chaque semaine au Télégramme de Toulouse, des compte-rendus des jeunes revues et des livres nouveaux, et d'intéressantes études où, en luttant pour nos idées, il accomplit une œuvre utile et louable de diffusion littéraire.
Il vient de prendre aussi l'initiative de la formation d'un comité pour l'érection d'un monument à Ephraïm Mikaël.
Paris, 20 août 1896.
Mon cher Confrère,
En vacances, je ne lis qu'à présent l'exquise note de M. Vanor relative à notre édition des Maîtres-Chanteurs. A la réponse que lui a faite icimême mon collaborateur, M. de Brinn'Gaubast, je dois ajouter que de toutes les aimables appréciations de M. Vanor, il en est une particulièrement qui tombe à faux. « M. de Brinn'Gaubast, dit M. Vanor, ne connaît pas la musique. » Qu'en sait-il? Ce n'est pas, en tout cas, notre livre qui peut lui donner le droit de formuler cette affirmation, attendu que mon collaborateur n'a pas eu à s'occuper de la partie musicographique, fort développée, de cet ouvrage. J'en suis seul l'auteur responsable, et les appréciations de M. Vanor ne devraient pas se tromper d'adresse. Que si, les choses étant ainsi rétablies, M. Vanor versiste à étendre à mon travail personnel une appréciation, qui, du reste, comme le dit mon collaborateur, a tout juste la portée d'une imprudente boutade, je le prie de se renseigner sur la valeur de ce jugement auprès de M. Ernst, dont la compétence, je suppose, égale au moins la sienne propre, en ces matières, et qui, dans un récent article, à la Revue Encyclopédique, a cru pouvoir déclarer que ce Commentaire musicographique « très clair, très bien conçu, suit la partition scène à scène et page à page ».
Je me dispenserai de citer telles autres lignes, plus concluantes encore^ de cet article. M. Ernst est l'ami commun de M. Vanor et de moi-même, M. Vanor lui attribue donc, du même coup, autant qu'à moi, l'ignorance de cette partition de Wagner.
Inconvénients d'une « critique »... négative.
En demandant de votre confraternelle impartialité l'insertion de cette protestation, qui complète, en ce qui me concerne, celle de mon collaborateur, je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur f l'expression de mon empressée sympathie.
Edmond Barthélémy.
La lettre suivante répond à celle de M. J. Gravier, insérée en août : Mon cher Directeur,
Mon nom fleurissait un peu trop aux pages du dernier Ermitage. Je n'ai pas cru devoir, pour cette raison, répondre au mot d' « aimable » excuse de l'auteur de Simon Deutz, ce dramaturge révolutionnaire qui pourrait prendre pour devise le joli mot de d'Aurevilly: « Mon originalité, c'est mon ignorance », ou bien cette variante : « C'est ma suffisance ». Après avoir écrit la réjouissante préface de sa « pièce », il a jugé bon de
confronter Son Opinion à celles de ses petits contemporains. Quelques vieux écrivains ont dicté des phrases banales à leurs secrétaires, deux ou trois estimables auteurs ont pris au sérieux cette incongrue question, enfin une dizaine de petits crapauds de follicules ont dansé la gigue autour de la mare où une grenouille voulait se faire élire reine. C'est ce bigarre assemblage qui composa le numéro de revue d'où je fus expulsé à cause de ma jeunesse. Bienheureux exil! mon tort fut de porter plainte.
Noteç maintenant, mon cher Ducoté, que mon premier article, origine de tout ce débat, fut écrit avec une sincérité qui n'excluait pas l'estime que f avais jadis conçue pour M. Gravier. Cette estime était-elle mal placée? l'avenir me le dira; car Simon Deutz, œuvre d'un tout jeune homme, ne prouve rien... sinon qu'un bon esprit peut commencer par commettre une sottise.
Je pense, mon cher ami, que Vincident est clos.
Jacques des Gâchons.
Errata. — Au numéro d'août de V Ermitage, lire à la page 1 10 : Sous la lumière diaprée des vitraux, au lieu de: sous la lumière drapée...
L'Art Jeune fusionne avec le Coq Rouge,
Histoires souveraines de Villiers de l'Isle-Adam.
Georges Le Cardonnel. — « Bien qu'il demeure difficile et même peut-être inutile — tant Villiers reste grand en répars de son œuvre — de faire le livre cependant si pieux où serait tout entier notre Villiers sous ses faces multiples et toutes splendides, l'idée de M. Deman permettra du moins à quelques-uns de clamer encore leur dévotieuse admiration pour le maître, et puis le livre, si incomplet soit-il, demeurera comme un hommage et protestera contre tels vivants qui, à l'occasion de chaque nouveau cadavre, se vengent par des larmes dédaigneuses de TaHront permanent que demeure pour eux le seul souvenir de Villiers. Qui songera un jour à extraire quelques histoires souveraines de l'œuvre si peu éparse cependant de M. Zola? lequel n'a pas pardonné encore à Villiers son génie même avec des trous et qui cet hiver accusant en un grand quotidien {Figaro du 18 janvier 1896} la jeunesse de choisir pour maîtres seulement des ratés, des avortés, des malchanceux, reprochant presque au grand martyr d'avoir vendu moins de livres que lui et d'être moins riche, et tout cela à propos des funérailles de ce malheureux et grand Verlaine.
« Voici quels seraient les dix contes que j'aimerai à voir reunis sous le titre Histoires souveraines : Véra, Vox popuii, Les filles de Milton, Sentimentalisme, Impatience de la foule, L'Intersigne, Souvenirs occultes, L'Amour suprême, Akédysséril.
«J'ai omis intentionnellement un genre spécial de contes, bien que l'ironie en soit royale, pensant que le volume y gagnerait en unité. »
Edouard Ducoté. — Vox popuii, Virginie et Paul, Deux augures, la Machine à gloire, l'Amour suprême, Impatience de la foule ; Akédysséril, le Convive des dernières fêtes, Véra, les Demoiselles de Bienfilâtre.
Tulle, imp. Mazeyrik. Le Gérant : Edouard Ducoté.
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