‹ L'Ermitage - 1896 - volume 13Chapitre 75 sur 140 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Je chante les légendes primitives de mon pays, Panneau et les exploits chevaleresques, et Je prodigieux Merlin, et son Roi errant, l'œuvre triple, et les récompenses glorieuses arrachées au monde du Pays Fabuleux : va, ô Poème, parmi les rives des vieux âges, et glisse lumineux sur les sables d'or.

Or voici le temps où, après l'étincelante ondée, la vierge entrelace de jasmin ses tresses étoilées ; maintenant le thym sauvage et les heures ensoleillées attirent l'abeille; concert sur chaque rameau ; sur le pré et sur le gazon, Mai élève à l'aurore ses autels parfumés.

Maintenant la vie, à chaque moment, semble jaillir dans l'air, dans la vague, sur terre — en haut, en bas ; et sur ses enfants nouveau-nés, le cœur de la Nature palpite d'une joie que les mères seules connaissent. Sur le temps des poètes, le Mai des poètes brillait : Mai abritait le monde, et Arthur tenait le sceptre.

Près d'un fleuve rapide, au milieu d'un agréable vallon, le Roi Arthur occupait ses insouciants loisirs. Le fleuve était égayé par mainte voile soyeuse, le val par maint joyeux et fier pavillon ; tandis que le dragon du Kymris, descendant de la domination Romaine, déployait son aile calme sur les dômes d'or de Carduel.

Sur la droite sombre, d'épaisses forêts étendaient leur manteau sur les flancs de la montagne en pente déclive jusqu'à la plaine ; leur obscurité prêtait d'autant plus de charme à la lumière; tel le plaisir est le plus agréable quand souffre le prochain ; et toutes nos

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humaines joies les plus douces et les plus saintes se jouent à l'ombre projetée par la tristesse.

Au pied de la colline, sur le gazon lustré des groupes charmants devisaient de gais propos, ou nonchalamment écoutaient le barde habile éveillant l'harmonieuse tempête de sa harpe mélodieuse ; ou bien murmurant d'amoureuses paroles avec plus d'ardeur, j'imagine, car le miel d'amour émane des fleurs de mai.

Les uns dans la course rapide faisaient étinceler la rame; d'autres, sans bruit, tendaient des pièges à la caille argentée ; d'autres entrelaçaient la danse le long du rivage uni ; et chacun était heureux dans ce qu'il s'était choisi. Plus d'un trait frappe le Souci, cette hydre, et fait naître la Joie, emplissant son carquois.

Brillant comme le matin, lorsque toute la magnificence des nuées réfléchit sa splendeur dans une auréole de pourpré, digne centre d'une foule étincelante de jeunesse et de beauté, resplendissait le roi de Bretagne. Au-dessus de ce groupe, d'épaisses guirlandes de fleurs, suspendues d'arbre en arbre, formaient un dais embaumant.

Au centre même de cet ombrage délicieux s'élançait un jet de fontaine argentée; et bourdonnait l'abeille, et murmurait la brise. Dans la gaîté de leur jeunesse, se jouait la gaieté de Mai — et sous ce dôme de feuillage résonnait le rire des cœurs se mariant harmonieusement à la chute de l'eau de la source,

Appuyé sur son bras, reposait le Roi, et jetant un gai regard circulaire sur le cercle qui l'entourait, il dit : « L'homme, disent nos sages, a l'esprit inconstant, et les plaisirs pâlissent, si longtemps on en jouit. Mais moi, il me semble que cette douce journée d'été, parmi les parfums et les fleurs, rend plus légères les heures.

Admirez, dans les yeux de l'Amour, un soleil sans nuage ; aspirez, au souffle de l'Amour, l'éternel printemps ; si la vieillesse ne conservait que les joies éprouvées par la jeunesse, le cœur humain

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replierait son aiie paresseuse î Si l'on pouvait déterminer un changement dans le plan du Destin et de la Nature, en quoi serionsnous blâmables? C'est dans le Temps, non dans l'Homme. »

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Il dit, et l'heureuse réunion murmura comme un écho : « Le Temps seul est blâmable. » Chaque chevalier jeta un amoureux regard à sa dame élue, et à ce regard rougit la belle. Mais la pensée avait assombri le sourire sur le visage d'Arthur, et au discours léger l'entourage répondit par un soupir.

Et tandis qu'ils murmuraient : « Le Temps seul est blâmable », au centre même de la fontaine argentée, soudain surgit (sans que nul ne sût d'où il vint), un être étrange, et semblable à un fantôme. Debout il se tenait, vêtu d'un linceul noir, et sans forme. Tel à midi une vapeur nuageuse.

Tous se turent, et les facu. blêmirent; le cœur le plus hardi battait précipité : « Debout! » dit le spectre voilé : « Je t'appelle. Roi ! » Alors éclata un cri furieux ; les pieds coururent sur le sol, les mains promptes saisirent le glaive, la chevalerie irritée se dressa autour de son roi.

Mais Arthur se leva, et, écartant les chevaliers armés, il affronta l'image d'un regard intrépide. Alors le Fantôme s'enfonça indistinct le long de la rive fleurie, silencieusement, sombre et lent. Et sur la forêt la nuit se fit au milieu du jour, comme du cadran solaire disparaît l'ombre.

Disparu. Mais une horreur glaciale semblait imprégner l'air ; les hôtes joyeux se tenaient pétrifiés; tandis qu'au milieu d'eux, pâle, passait le Roi, entraîné par une volonté plus royale que la sienne. Il s'avance ; la force invisible le pousse, comme l'âme est contrainte par le rêve.

Ils le voient, et cherchent à le retenir, mais en vain. Ils voient, et s'efforcent de parler, mais la voix reste muette. Ainsi la Mort arrache le guerrier à sa suite armée et le fait marcher sans défense,

quand son heure est venue. Arthur gagne le bois ; l'ombre le dérobe à leur vue, et les ténèbres l'enveloppent comme ie nuage voile l'étoile.

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Brusquement, comme il était venu, le charme qui tenait. le cercle, se rompit ; tel au son de la trompette se dresse le camp guerrier d'un pesant sommeil endormi. Les silencieux fêteurs se rejettent fougueux dans la vie. L'étincelant tumulte se propage rapidement jusqu'au bois, et le vallon entier résonne du cri de guerre BON- LEF-HER.

Des barques et des tentes, abandonnant leurs jeux, tous à ce signal d'alarme, confusément s'élancent. — tel du Roc des Oiseaux (i) le cri de guerre voile les cieux d'un manteau d'ailes en clameur surgies — un mot en est la cause, un signe les fait partir, et la forêt entière rayonne de glaives étincelants.

Tandis que la troupe s'éparpille au loin, comme des. chasseurs à la recherche du cerf, les beautés appâlies s'assemblent à la lisière du labyrinthe des bois, tremblant lorsque l'oiseau de son aile effleure une branche, ou quand, silencieusement, quelque feuille, sans un souffle, vient mourir sur le sol.

Déjà, le glorieux chariot du jour s'était d'une heure plus encore incliné vers les mers occidentales, lorsqu'un blanc plumet étincela parmi les arbres, les branches compactes s'écartèrent frémissantes, et, d'un bond, délivré de la forêt, sain et sauf, debout dans la clarté solaire, parut le Roi Arthur.

Qui redira la joie qu'évoqua son aspect ! Les uns éclatèrent de rire, et frappèrent leurs blanches mains"; d'autres coururent, d'autres s'agenouillèrent, d'autres se détournèrent et pleurèrent des larmes de joie. Mais sans les remarquer, Arthur, debout, frissonnait dans la lumière resplendissante, et sa poitrine se soulevait palpitante comme d'un combat livré.

(i) Le Roc des Oiseaux — Crais-y-Deryn — ainsi nommé à cause du grand nombre d'oiseaux (principalement d'oiseaux de proie) qui y faisaient leur demeure.

Le roi arthVr àôt

Pourtant, vu de plus près, son visage pâli révèle une volonté austère, une âme noble et fière ; point de honte pour l'homme de ressentir la crainte, mais honte à celui que la peur abat ; et, par une noble feinte masquant son trouble, bientôt son cœur hardi présente le royal sourire.

Mais des siens ni l'amour anxieux, ni la curiosité excitée ne peuvent arracher le récit des prodiges entrevus : « Inutile ma recherche et aussi vain que hasardeux fut l'incivil appel. Peut-être quelque jeu moqueur du joyeux mois de mai? » Il dit, et frissonnant, il détourna son regard.

De la chasse, hélas ! les guerriers reviennent un à un moins nombreux qu'ils n'étaient partis, leurs plumes en loques et leurs manteaux déchirés affreusement. De douleur saignent les Amours à la rougissante face d'Elphin (i); Madoc, dont le pas à peine balayait la rosée, ô grief ! boîte, atteint par un rameau d'if.

Oui, tels les tours joués par l'églantier et par la ronce, par l'épine et par la pierre, aux pourpoints, aux visages et aux membres, que le malheureux qui eût nié l'œuvre des esprits, fût bientôt lui-même devenu un esprit ! Et certes, rien moins qu'une puissance de démon pouvait à des regards si doux unir des traits si durs.

Mais s'évanouirent la honte et la colère quand ils virent devant eux celui dont le chaud sourire avait si bien rendu la vie, car de nobles cœurs peuvent entraîner un noble chef dans un cercle où eux-mêmes ne résisteraient pas; les vagues roulent sur une mer sans rives, et les natures secondaires plongent dans une grande âme unique.

Or de nouveau vive question, prompte réponse : « Que vit, qu'entendit le Roi?» — «Et vous, nobles gentilshommes, que vîtes-

(i) Elphin, le jeune prince qui découvrit le fameux Taliessin (exposé comme un enfant dans un sac de peau), semble avoir été remarquable par sa bonne mine, d'après le poème que lui adressa le barde reconnaissant. Il est bien connu de ceux qui connaissent la littérature de Galles.

vous, qu'entendîtes-vous ?» — « La forêt et le ciel, et le bruissement des branches.'» — « Et de fantôme point? » dit Arthur. « Plus de course prodigue, car du plaisir ainsi limité la grâce s'évanouit. »

« Mais voyez, le soleil s'abaisse vers l'occident, et des soucis plus graves nous rappellent maintenant à Carduel : Gauwain, mon cheval ! Aimables dames, reposez doucement. Vous tous songez de lendemains heureux. » Maintenant le mouvement envahit la plaine animée ; en selle t qu'on s'embarque ! Et vers son foyer rapidement chacun se dirige.

Sur le coteau et sur le fleuve, la brillante troupe disparaît. Par degrés s'affaiblit le bruit des rames frappant l'eau. Les voix et les chants, et le hennissement sonore des cavales se perdent dans le crépuscule mourant ; et bientôt sur le fleuve et sur la vallée, et jusque dans le lointain, les étoiles solennelles brillent dans le silence morose.

Et là où les nuages légers, blêmes, courent légèrement au-dessus des silencieuses ténèbres de la montagne hérissée de bois, semblable à l'âme solitaire d'un véritable poète chantant, sans souci de qui l'écoute, sur l'insensible fontaine, paisiblement glisse encore le fantôme, occupé de quelque rite impie, déconcertant la nuit.

Le SommeiJ, le seul ange commun à tous les mortels, sur la cité endormie épandait les ambroisiennes guirlandes humides encore des rosées de l'Eden. La Joie et le Malheur s'équilibrent, et le plus humble esclave qui respire à l'ombre de ses ailes salutaires règne, la moitié de sa vie, sur des royaumes trop splendides pour un Roi.

Pour Arthur aussi ces royaumes sont trop beaux : longtemps, comme un exilé suppliant, il attendit aux portes du palais des songes. Tel qu'un rayon sauvage, tourmenté, sinueux, luisant parmi les tourbillons houleux de la tempête, sa pensée éclatait en étincelles s'entre-heurtant dans sa poitrine, et ne trouvait nulle vague où poser sa lumière (i).

(i) « Quai d' acqua chiara il tremolante lume », etc. Ariosto, canto vin, stan. 71.

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Il se leva, et, s'enveloppant de sa robe d'hermine, sortît de sa chambre, monta l'escalier de la petite tour, et hors de l'étiquette serrée de son château, vint rafraîchir son front brûlant aux souffles de la nuit. Gomme le Silence, semblable au calme d'un dieu, emplissait alors d'une paix délicieuse la voûte des cieux conscients 1

Large, serein et lumineux, l'astre souverain de la nuit épandait sa clarté sur les toits et sur les campagnes lointaines, sur le vallon à midi débordant de gaieté, sur les pâturages vierges des brutalités de la guerre, sur le fleuve roulant vers la mer ses eaux écumantes et limpides, comme une âme bienheureuse se hâtant vers l'océan de l'Eternité.

« Et ces choses-là aussi disparaîtront-elles à mes yeux ? » murmura le roi...

Traduit de Bulwer Lytton par René Philipon.

Attente

Si c'est pour me faire croire à la vie Que tu viendras à cette maison du triste séjour, Prends la clef d'or, et, les marches gravies. Ouvre la porte aux pas de ion amour.

Si c'est pour me faire croire à la mort,

Prends parmi tes clefs celle de fer,

Et ferme les fenêtres à V aurore

Dans la chambre pleine des ténèbres d'hier.

Qu'importe la vie à mon âme ou la mort, Pourvu que ce soit toi que f accueille, Geôlière* dont la clef de fer ou d'or Violera le secret silencieux de mon seuil ï

Mais pourquoi ces paroles dans la solitude, O toi qui ne viendras peut-être jamais Mèvelller de ta voix douce ou rude Selon que sonnera la cloche des destinées (■

La neige a suivi les oiseaux sur le toit, Et seul habitant de la triste masure, J'attends" toujours la détresse ou la joie De tes clefs inconnues dans la serrure.

Smart Merrill.

A Marc Legrand (I)

Mon cher Marc, vous êtes païen. Vous Vêtes un peu par éducation et prédilection poétique, beaucoup par impression d'enfance. Vous êtes né et vous ave\ grandi sous le ciel de Nice, vos premiers regards ont été caressés de lumière pure, et la mer harmonieuse a bercé de son chant de sirène vos premiers sommeils.

Nice et ses montagnes, ses twhers, ses arbres et ses fleurs, son soleil et son sourire, ce n'est ni la Provence, ni Vltalie, mais la Grèce. Son château est une Acropole dressée sur le bord de la nappe d'azur ; V abeille de VAttiquey bourdonne parmi les genêts d? or, les anémones de pourpre et les iris aux pétales d'améthyste. Au crépuscule, du haut de la terrasse qui le couronne, on voit descendre du ciel sur les montagnes violettes, sur les flots assoupis et sur toute la nature la solennité et la douceur des nuits d'Orient. El plus bas, au détour de Roba- Capeo, le vent du nord-ouest, capricieux et ironique comme le Borée d'Athènes, vous jette aux yeux une blanche poussiè?*e de marbrée, et lance, joyeux semeur, votre chapeau aux mains ruisselaîites des Néréides.

Donc, tout petit, vous ave\ respiré les souffles tièdes du paganisme. Homère, Virgile, Tibulle, Horace ont achevé V initiation. El vous êtes demeuré fidèle aux Dieux antiques.

Vous auriez pu, tout comme un autre, vous imprégner de tristesse Scandinave, ou de mysticisme néo-chrétien, ou de luxure de décadence, inspirations artificielles, qui passent ou passeront comme toutes les modes poétiques, toutes les écoles et toutes les chapelles littéraires.

La beauté sereine, la grâce et la vie du monde visible, l'enthousiasme, la sensation noble, l'amour des formes radieuses, les sentiments du divin que révèle la nature, tout ce qui a remué

(i) Cette lettre précédera les poèmes de YAme Antique^ qui paraissen -hez Armand Colin en novembre.

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ou charmé Pâme des Hellènes et des Latins, voilà une source éternelle de poésie, une source toujours fraîche, toujours chantante. Les images et les sensations que Von y puise sont toujours jeunes et Hantes.

Combien de moissons ont été recueillies, déjà, sur ce vieux champ païen ! Les Alexandrins, les Romains, la Renaissance, la Pléiade, le xvn* siècle français, les écrivains et les artistes néo-grecs de la fin du dernier siècle, et des premiers temps du nôtre, Chateaubriand, les Parnassiens ont lié d*asse\ belles gerbes sorties du sein de cette terre, et toujours elle est féconde : Magna parens frugum. Les civilisations les moins naïves ont produit tantôt Théocrite, tantôt André Chénier.

Joue\, mon ami, tant qu'il vous plaira, de la flûte virgilienne. Suive\ le chœur des muses de Sicile !

Emile Gebhart,

Hymne à la bonne

Lune blanche

pour Kdmond De: Bruîjjn.

C'est trop beau pour la dire en mots humains la Nuit, quand, parmi le scinlil infini des étoiles, veillant le grand sommeil, la Lune à face pâle tout en haut du ciel luit!

O ! bonne Lune blanche qui vogues par les deux, où s'ouvrent en tremblant les fleurs de la lumière,

Du haut de la nuit claire Plonge tes yeux amis, ô Lune! dans mes yeux.

Afin que par mes yeux, translucides fenêtres du temple de mon corps, mystiquement pénètre la céleste clarté vers mon âme en prière.

O Lune ! oh ! vers mes yeux la clarté maternelle ! et de mes yeux vers toi comme un chemin de rêve

qui monte, et d'un élan, sans trêve et lumineusement vers la Vie Eternelle /...

Pour ta douce clarté, bonne Lune, merci.

Mais vers les lointains sombres lentement la voici, le long des sentes grises et par les bois noircis, surnaturelle et pure et belle qui s'épanche,.,

— Oh/ ce sourire aimant de Lune, entre les branches ! —

Puis jusqu'au bout du ciel où le jour s'est couché et jusqu'à l'autre bout d'où doit venir l'Aurore

c'est ta lumière encore qui revêt de candeur les galons des vergers

et la flèche du vieux clocher , dont la croix d'or, là-haut, sur fond de nuit, reluit, ouvrant y pour nous, ses bras implorants vers Celui que le ciel étoile dans le silence adore...

Georges Ramaekers.

(De « L'Hymne de Foi », panneau troisième du tryptïque : UHymnaire du Printemps^ à paraître au printemps prochain.)

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