‹ L' ermite toulonnaisChapitre 5 sur 31 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

Ok aime toujours à connaître l'his* toire des lieux qu'on parcourt ; il semble que l'intérêt qu'on y porté s'accroît av€c cette connais^nce :

pour satisfaire à cette curiosité na* turelle , nous avons fait des reciier-»

ches nombreuses afin de débrouiller , s'il est possible , l'originé de Toulon ( 1 ) , et de suivre les prtv grès de la prospérité de cette ville.

Rien n'a pu affaiblir notre zèle.

Kous avons consulté les mémoires-

( I } Voir Ja statistique poiû- Vétymoio^ tulgaire de Tout-long.

les plus étendus à cet égiu d pour constater l'époque précise de la fou- ^ dation d'une cité devenue importante , mais nos veilles ne nous ont offert qu'un chaos d'opinions erronnées qui se combattent saus logique; et nous avons reconnu que cette époque est incertaine. Le savant J^aveau (i), rèmdit Sismondi (a), les géographes Pomponius Mêla et Strabon ne disent pas un mot du Telo-Martius auquel des écrivains modernes ont fait honneur de la fondation de notre ville.

Le nom de Toulon suivant riiistorien \Papon est inscrit pour la première fois dans Titiaéraire d'An-

(i) Autfiur de l'histoire des pvemiûfs peu-*

pics libres qui ont habité la Gaule.

(u) l>'liLsloire des Français; ouvrage. d'un iBcrlte juslcmeat estiiaé.

t€»im; mais, ajoute^t-il^ « Quand ou » fait attention à la beauté de la » plage où les vaisseaux sont à » l'abri du vent dans un bassin iœ- » mense et que Ton connaît le site » et Ja beauté du terroir , on est i> porté à croire que la contrée a » été habitée dès les temps les plus » reculés, i» .

* « Cependant aucun monumeiii « ne prouve qu'il y ait eu une ville

» en ce lieu, avant le quatrième » siècle de l'ère chrétienne. Il est » vrai que l'étjrmologie grecque du » nom de Toulon , a Êut croire à » quelques savants que les JVïarseil- » lais y avaient fondé un bureau » de perception des droits sur les » marchandises, d'où l'on pourrait » conclure que Toulon était une » ville commerçante dans les temps » x>ù l'ancienne république de Mar-

« sêille subsistait ^ucore y ou du; » moins que le pays était habité. »

Cette concession paraît un peu trop facile quand on réfléchit à la nature du territoire voisin. .Des montagnes agrestes qui portent en« core des vestiges volcaniques , les difficultés de communication qui y existeront long-tems avant d'être vaincues , sont autant d'obstacles qu'on ne combat qu'après avoir envaia cherché des lieux accessibles à des travaux ordinaires. Ce n'est que Fexcès des populations ^ ou la rapine qui vivifient les pays mon* tueux , Toulon n'offrait rien à l'esprit de déprédation et la masse du peuple était trop loin d'être surabondante avant les Antonins pour que cette ville compta^ son origine ai^cienue.

Que M, Rey naud , professeur de

rhétorique au collège de Toulon en 1817 , fasse remonter la fondation de cette ville à l'année 164^ a-vant notre ère , libre à lui d'avoir suivi dans sa nptice un manuscrit fort répandu qui attribue cette fondation k un nommé Telamon , chef d'une horde sortie de la Germanie* Nous possédons un autre manuscrit gothique (i) où nous ne voyons figurer sur la plage que les Camatuciens dont Pline fait mention , et

(i) Nous nous faisons un Téritable plaisir de commQxûquer ce manuscrit à M. l'abbé Vidal qm s'occnpe sans relâche de débrouiller Torigine de Toulon. ]>[ous souhaitons que ce savant estimable el -laborieux réunisse les matériaux qui lui sont nécessaires pour appuyer son opinion sur des bases Traiment isolides. Ce manuscrit est dii-on une copie SHe de celui du père Isnard.

C Note de V Éditeur, J

nous renvoyons M. Reynaud à Técole (le Fauteur de l'histoire de New- York depuis le commencement da monde.

Dans Fesquisse rapide que M. Ref^ naud a laissée , nous voyons Toulon ravagé, détruit , rebâti , ravagé de nouveau , jusqu'à sept fois avant l'ère vulgaire, et huit à neuf fois depuis lors etc. Ce sont des cotit» ' faciles à taire en faveur de tous les lieux, et nous nous rangeons dans un doute philosophique. Voltaire l'a dit : <c Rien de si obscur que » Torigine des villes

Pour en avoir la preuve , il suffit de consulter les écrits des savants qui se sont occupés de celle de Toulon. M Reynaud attribue la fondation de cette ville à un certain Té^ lamon ; M. Pons savant philoio-

gue , prétend que Telo^Martius en fut le ibudateur. Il soutient même sou opinion avec tant d'adresse, qu il ferait presejue oublier que nul auteur n'a £siit mention de Telo- Martius, avant Antonin dans son itinéraire.

11 est bon de faire remarquer au lecteur qu'il ne doit pas confondre Telo-Martius et Taiiroentùm .

puisqu'il est constant que ces deux villes sont par&iitement distinctes.

La première était située à quel* ques milles d'Olbia ( Hières ). La seconde à six milles de la Giotat, du coté de Marseille, (i)

(i) jVotre maDuscrit gothique, la carte de

Putting^r que Ton croit avoir été rédigée en 3^5 pour les fourriers des armces Romaines ^ MM. de Villeneuve et Toulouzan dans leur

Statistique du dcpartemcnt des Bouches-

La fondation de Tauroentum sem-^ ble constatée par ApoUodore dans son premier livre des Géographies.

Il y raconte qu'un navire Phocéen ayant été jeté sur la côte par la tempête , l'équipage n'ayant pas voulu remettre à la mer, fonda sur le rivage une ville qu'on nomma.

Tauroeis, parce que le bâtiment portait un taureau pour enseigne.

Il est probable en effet que les Pho* céens ont établi des colonies dans tous les lieux du littoral , alors habité par les Liguriens d'origine Celtique; leui^ fréquentes excursions sur les côtes de cette contrée offrent

du-!^6Qe, M* Marin dans son liistoii:e de la Ciotat et dans ses notes sur la ville de Tauroentum , démontrent jusqu'à l'évidence la vérité de cette assertion.

{ Note de VÉciiteur. )

tine présomption favorable à cette idée.

Quoi qu'il en soit^ nos recherches nous ont paru démontrer que la plage, où Toulon est. assis, fut ha- J>itée par des peuplades , sans industrie avant l'arrivée des Phocéens ^ et que ceux-ci y fondèrent quelques établissemens , qui peu-à-peu formèrent la ville citée dans l'itinéraire d'Ântonin ; mais nous n'oserions fixer une époque précise au premier établissement, comme au ioaoment où la cité mérita quek que importance.

. Laissons Jules Soleri , et son copiste Honoré Bouche , prétendre que Toulon fot le Glanus de Pomponius Mêla. Laissons Berose soutenir que lolon iut fondé en 1487 avant notre ère par un certain

( lo)

Turenus ; et Nicolas Fabry (i) sieur de Peyresque ajouter qu'il avait ouï dire que Tolon devait son nom à ce que la plage parut yeux de Turenus avoir la forme d'une lyre qui s'appelait Tolon en celtique. Ce sont autant de rêves émis pour montrer une érudition qui alors était loin de paraître puérile.

Mais Lucain , dans sa pharsale ^ consacre quelques vers à l'éloge d'un nommé Télon , astronome et marin célèbre , employé par les Marseillais contre Jules-César ; et ce

(ij Ce seigneur naquit à Beigencier, contràiporain de tous les &ges, citoyen de tous les pays , c'était un savant renommé; à sa mort on trouva dans ses papiei^ pins de dix mille lettres à lui adressées par tous les savants de TËurope gui le consultaient sur différentes matières.

C Note de PÉdiieur.J

grand capitaine rend lui-même Ixommage aux brillantes qualités de ce Télon , qui mourut en combattant avec courage Tannée navale des Romains. Des savants ont inféré que la bataille avait dù se dooner devant Toulon , et que c est le motif qui avait £adt donner à cette ville le nom de Telo^]Mbrtiu&

Cette opinion semble corroborée par celle de Gaufredy , qui prétend que Toulon âit fondé par les Marseillais 121 ans avant J. G. (i).

(i) Notre manuscrit gothique donne une plus liante antiquité à cette ville. Il y est dit qu'elle fut réédifiée en 378 avant lere actaelle, par Tolenas duc des Celtes; et Papon dit que les Romains ayant apprécié la situation géographique des lieux » y établirent des manufactures de teintureries j mais nous le répétons , aucun monument ne vient à Tappui de ces conjectures. Quoi qu en

Dans tous les cas, Toulon reste ignoré dansi'iUistOLFe jusqu'en l'année 45 1 de notre •ène. Cest en 4^x que St. Gratien , second év éque de cette aille, y subit le ^martyre pour la défense de l'église catholique contre les Ariens, sous £arip^ roi àes Visi- ^ot^. St. Cyprien .succéda au Saint Martyre en 524. Son nom comme bienfaiteur de notre cité «est de^ meuré héréditaire dans quelques an-»

çieoues £smiiiles Touloanaises^

puissent dire M. Pons , qm vent nous faire descendre d'une colonie de Narbonne , et M« Vidal d'après le loartyrologue aussi peu au* • thentique que le manusciit qui sert de ba$e à $es opinions; rien dan9 tous ces récita contradictoires ne porte le cachet de la vérité et ne peut amener une conviction réelle que Toulon eut quelque importance avant jègne dp S|. Louis.

C Soie de l'Édiuùr^

DigitizecTby Goo^^Ic

' lie moyen âge^ celui de }a Bar»

barie et du Vandalisme, n épargna point à ïoulon les fléaux dont il affligea l'Europe entière. Comme tant d'autres cités , ' cette ville fut dévastée tour-à-tour par les «Saxons , les Gots , les Vandales , etc.; quelques auteurs ont prétendu même que les troupes (i) de Charles- Martel la pillèrent en poursuivant les Sarrasins , et qu'elle devint alors presqu'inhabitée. Mais cette opinion contrarie trop fortement la géographie et l'histoire pour être admise. Une version plus naturelle dit que les Sarrasins en abordant alors la plage, et y mettant tout à feu et à sang , parvinrent bientôt à la rendre déserte.^

(i) Les troupes de Charles^Marlel ne dcji4i^èrent pas le fthène.

Suivant les chroniqueurs, en 982 le territoire de Toulon offrait une vaste solitude sans culture et pas uu être animé qui pût raconter la cause d'un pareil abandon. On dit que lorsque les nouveaux ha«bitans vinrent repeupler cette terre délaissée, le droit de la force (i) veilla à la distribution des lots; et peu de temps après le territoire de Toulon constitua un fief des vicomtes de Marseille.

En 1178 cette cité malheureuse semblait renaître , sa population accrue avait réparé les maux d'une longue guerre et se promettait quelque prospérité, ioibque les Sarrasins reparurent de nouveau sur la

(i) De tout ce temps on a tu cpie la morale de la fable du Loup et de TAgneau fut mise en pratique.

plage 9 assiégèrent, prirent la ville, massacrèrent trois cents de ses habitans , et eimnenèrent en esclavage dans les déserts de l'Afrique , leres^ te de la population vaincue. Hugues Geoffroy, seigneur de Toulon, et son neveu partagèrent ce triste sort malgré leurs titres féodeaux.

Cependant la ville fut repeuplée de nouveau, et lorsque Philippe Auguste, vàincu à la fameuse ba^ taille de Tybériade, fut contraint de fuir la Terre-Sainte, il vint débarquer à Toulon avec les preux qui l'avaient accompagné dans son expédition lointaine^ Il y séjourna avec son armée. Le site, le port, la beauté du ciel de la Provence, et surtout l'accueil qu'on fit à ce Prince ^ le disposèrent en £aiveur de la ville , et son passage fut marqué par des bienfaits* U accorda des pri-

viléges aux hâbitans, et fit relever ou construire des monumens utiles à leur défense ou à leur commerce.

Charles d'Anjou , époux de Béatrix. Comtesse de Provence, voulant favoriser la culture des vignes dans le territoire de Toulon, prohiba Tin- . troductiop des vins étrangers dans :cette ville.

Dix ans après, S-* Louis prêt à s'embarquer à Marseille pour la première croisade , voulant visiter Charles d'Anjou , avant le départ de la flotte, passa à Toulon pour se rendre à Hières où ce prince habitait S,^ Louis, ayant reconnu l'importance militaire de notre rade, ordonna la fondation de quelques forteresses dont il assigna lui'-méme la position.

Les précautions de Louis IX prou-

vèrent bientôt la sagesse des viie9 4e ce prince. Les Maures voulurent Tenouveller leurs incursions en 1270, et vinrent débarquer non loin de la ville ; mais les temps étaient pbangés<, Une population nombreuse et aguerrie , soutenue par des fortifications intérieures et extérieui^ ^ •courut aux armes , et les Sarrasins, châtiés sévère- , ment, cberchèrent leur salut dans la fuite.

En 1289 , Toulon devient propriété des Comtes de Provence.

On connaît une charte datée de cette époque où il est question d'un juge .et d'un bailli nommés par le Prince parmi les habitans de la ville. On y fait aussi men* tion d'un conseil présidé par le

Cowte de Provence, où lui-même

institue des règlemens de police qui avaient force de loi.

A cette époque Toulon n'avait pas encore obtenu le droit de cité, droit qui appartenait alors à toutes les villes importantes, et qui confé-

- rait Favantage d'une administration municipale , garant de la prospérité intérieure. Cest par unédit de i3i4 que Charles I accorda le droit de

^ commerce à Toulon. Dès lors cette ville eut un consul (i) municipal à la téte de son administration.

Les habitans furent distingués en trois classes ^ celle des ndbles ^ celle des bourgeois et celle des roturiers»

Chacune d'elle entra en nombre égal dans le conseil qui forma l'autorité municipale chargée de diriger les

' (i) Cette dignité s'est long-tem^ s conservée dans notre (Commune.

affaires de la cité* Cette institution est un des mille documens qui démontrent am absolutistes l'antiquité des formes représentatives du gouvernement eu France. Il parait même qu'il fallait peu de titres pour obtenir la concèssion d6 semblables droits, puisqu'on iSiio Toulon ne se trouvait taxé qu'en raison de 700 feux , à un sous tournois chacun par anitiée. (i).

£n 1^29 le Roi Robert et Philippe de Tarente ajoutèrent quelques for* tifications à celles qui étaient déjà établies, ët fixèrent Tetliplacement des places d'Amour , de St. Pierre et de St. MicheL L'année suivante on exécuta le projet qu'avait formé

(i) Papon : « A la même époque Toulon ii*avàît pas ttn homme eu état de porter les armes ».

la Keina Jeanne : la ville fut ceinte d'épaisses murailles»

Une situation paisible succéda à cette époque et se prolongea près d'un siècle; mais en 14^129 les progrès du commerce avec l'Orient , * et la rapacité des négôcians, introduisirent la peste dans nos murs.

En ces temps d'ignorance et tferreur ^ le peuple croyant reconnaître la cause de ce fléau dans les sortilèges des Juifs fixés à Toulon, se souleva contre eux, égorgea tous ^eux qui tombèrent sous sa main , avec une telle fureur que l'on compta quarante victimes dans une seule nuit, et dévasta, pilla toutes leurs propriétés.

L'autorité même sembla seconder ce mouveméiit puisque c'est le pro-»

duit de la confiscation des biens des juifs, dans cette circonstance^

qui couyrit les irais d'agrandisse* ment de la ville du coté de la rue Trabuc, ainsi nommée, parce qu'elle servait de quartier aux Is-»

raéiiles, qu'on désignait alors sous le nom de Tribu Benjamin.

Gomine il n'est guères naturel qu'on ait agi de la sorte sans un motif, au moins plausible , au prétend que la peste fut importée à Toulon par les jui& , et qu'elle s'y déclara chez un individu .acheteur d'effets contaminés vendus par Tun d'eux. C'est sônsi quon essaye de justifier des actes qui \ sans cett^ raison , seraient le comble de l'ini<quité et de la barbarie.

Quoi qu'il en soit ^ Toulon se ressentit longrtemps des terribles effets de la contagion; il parait même que les Maures profitèrent de la dépopulation qu'ils avaient amenée^

pour recommencer leurs pirateries sur la côte désolée. Aûa d'opposer une digue à leur^ incursions y Louis XH profita du cakne des affaires politiques et soccupa du soin de fortifier les places qui leur étaient accessibles. C'est dans cette intention qu'il fit jeter les fondemens de la grosse Toui^ , achevée ensuite par François I.

Cette tour devint le boulevard de la ville du coté de la mer.

Aussi lorsque Charlerquint passa le Var en i536, et que son armée, avide de pillage , eût ruiné le pays qu'elle avait envahi , ce prince n'osa point occuper Toulon avant d'avoir soumis la grosse tour à ses armes.

Taudis qu'il avait son quartier général à Hières, dont il affectionnait ^ le séjour , il chargea son Connétable d'assurer la prise de la for-

teresse ,

siégé» résistèrent long-temps dans l'espoir que l'arrivée d'une ûotte française les délivrerait ; xnaià leur attente fut déchue , et ils se virent enfin contraint de se rendre au vainqueur»

Le règne du boii Henry fut pour Toulon le présage de rimportaiice que cette ville devait acquérir* Dur rant les troubles qui précédèrent ravènemeat de ce Prince au trône de la France, les Toulonnais avaient embrassé sa . cause avec chaleur , en se soulevant contre la faction du duc d'Ëpernon (i). La reconnaissance du Béarnais se manifesta bientôt par les travaux qu'il fit

(i^ Gaufrcdi rapporte que le peuple s'étant Iiarricadé» baUitia citadelle arec quatre pièces de canon.

exécater en £siveur de notre cité.

Dès Tannée 1594^ il en fit agrandir l'enceinte et bâtir les bastions destines à la défendre ^ les forts Sainte-Catherine et Saint-Antoine âirent élevés ^ et peu après on jeta les deux grands moles qui flanquent le port

Ces bienfaits du bon Heiiry rendirent à îamais la ville de Ton- Ion formidable à quiconque ose«it tourner ses aiunes contre elle ; mais ils ne purent la garantir du fléau de la pesté. La science médicale était trop peu estimée alors pour que la sagesse des gouvernemens en écouta la voix , et peut-être même n'avait-elle p.is songé à faire connaître que l'isolement pouvait garantir de la contagion. £n effet en 16^9 cette maladie terrible vint encore dévaster Toulon, et ce ne

devait

dmit pas être pour la dernière fois.

Lorsque les ravages de la peste eurent cessé , la chambre des comptes qui siégeait à Aix |i) vint tenir ses* séances à Toulon et y ramener la population. Ce fut peut-être un malheur, puisqu'en i663 la pe^te reparut avec plus de fureur que jamais et envahit toute la population circonscrite dans les limites de. Toulon ^ Olliouies et Guers.

Le siècle de Louis XIV , si fécond en monumens de toute espèce , ne pouvait s écouler âans que la position militaire de notre ville fut appréciée. C'est aussi durant le règne . de ce puissant monarque , que l'ai^t des fortifications épuisa ses prodiges en faveur de Toulon. En

(i) PapoQ. Histoire de Provence*

peu de Mmps l'entrée de k rade

fut défendue par les forts de l'Ai^ guillette et de St. Lmxi^ ; tous les points accessibles à une descente furent soutenus par de nombremes j^atteries , et Tarsenal de la marine -s'éleva sur les plans du célèbre Vauban.

Ainsi fbrtffîé ^ Toulon résista en 1707 aux forces réunies de l'Angleterre 9 de la Hollande , du duc de Sav.oie et du priace £ugèue.

Les deux derniers étaient à la té te de a 5,000 hommes; une flotte Anglaise et Hollandaise appuyait imm mouvemens* i*es assiégés y commandés par le maréchal de TeSj^e , comptaient à peiue iS^ooD combatlai»

^ns leurs rai^gs.

L'attaqua et la défensf^ âurèHt conduites avec ime égale opiniâtreté, aiai^ï les^ Fi:^nç^is, 4 qui la

idctQire J^t toujours $i /iocUe^ comr battant alors pour leurs foyers, poiu vaient*il8 n'être pas vainqueurs ? Les vieillards 9 les enfants , les femmes excitaient encore leur bouillante va-* leur, et au milieu des balles et des boulets , allaient porter à nos soldats des munitions de toute es<* pèce. L'ennemi ne put en soutenir le choc; mais il sut du moius honorer les succès tfe nos braves* On vit le Prince de Saxe-Gotha^ chargé par le Duc de Savoie de défendre le pont de i'Ëgoutier avec 900 hommes, se battre comme un lion. Lorsque sa troupe , taillée à ses côtés, est réduite à quelques ofhciers , il s'écrie : « Amis , sachons » mourir en gens d'honneur , et » qvton ne dise pas que le Prince » de Saxe-Gotha a. été chassé de » son poste » ; il s'élance au même

instant sur les assiégés vainqueurs , et tombe à leurs pieds sous uue gréle de balles.

' La coalition vaincue chercha un refuge dans une retraite q«ii, dirigée par un capitaine comme £u<* gène, sauva les débris de l'armée ennemie. Cependant la ville avait été bombardée et avait souffert

considérablement. Les calamités qu'elle avait éprouvées étaient à peine réparées , que la campagne fut dévastée par l'hiver de 1709, qui détruisit la presque totalité des oliviers, principal espoir de Fagriculteur du pays.

' Jusqu'ici Thistoire ^jde la ville de Toulon nous a offert une longue succession de malheurs, La

guerre 9 les rapines , la peste sem* bleut sy être disputé le soin de sa ruine; on dirait qu'elle avait été marquée du sceau de la ré^ probation, si à la suite de cbii-> que caiaiiûté elle ne s'était pas •relevée avec plus de force qu'auparavant. Tous ces fléaux ne l'avaient point anéantie ; d'autres non moins terribles l'attendaient et devaient y prouver seulement la puissance de rindustrie réparatrice»

£n 1720 la peste y moissonna un nombre de victimes , égal à la somme de toutes celles qu'elle y avait faites précédemment (i).

Celte maladie meurtrière y fiit importée par un nommé Cancelin, patron de barque à Bandols, où

(i) Voir la rélation* de ceUe pesie, par M. d'Entrechau.

la confagion régnait depuis qu'un }iallot de soie, enlevé d'un dépôt placé dans Tune des îles du golfe de Marseille, avait été introduit en fi*aade dans ce petit pcftt

Toulon se releva de cette noi^ Telle calamité, pendant les 70 an^ nées de çaline dont elle jouit après cette époque, et <îe rfest q[ii*«i lygS qu'elle devint fttn des théàr très de i|os discordes civiles. Koa' éternels rivaux d'outre-mer avaient apprécié la valeur de notre porttiMi géographique , rie» ne coùfta au peuple égoïste d'Albion pour s'en ^parer. Quel génie funeste éclaira leur route et leur livra le plus beau port de lar France ? Cette «peiestîon est encore un problème qui attend une solution. Quoi qu il m soit, les Anglais appriirent que si des Français avaient pi* résister à

kl Goalitian qui avait assiégé uoa murs eu 1707 , si la discorde scuW avait pu kar cnwrîp nos ports, des FraBfaîs pouvaient en cltasser ' toute autre nation. £n effet > bientôt a^>rès une armée habituée à vaii^ a^e s'avance xéts ToaloA , et VAst^ gkos ést &>Tl:é de luîr, abandon^ liant au fer de 1^ vengeange^-ies — kabitans qu'il avait abusés; mais en fuyant il éclaire sa marche auj; torches de l'incendie des vaisseaux firaoçais. et des principaux édifices du port : action digne de son bon* teux égoïsme et de sa lâche jalousie.

On sait que la reprise de Tou« Ion fîit le signal de la gloire mili* taire de Napcrféon. Nous croirions notre œuvre incomplette si nous ne terminions l'esquisse historique de cette *rille , sans Êdre le narré du siège, tel qu'il fut dicté par

le héros du siècle à son fidèle et volontaire compagnon d'exil , le brave général Gourgaud.

« A la suite des évètiemens qui eurent lieu k Paris- le 3i cuai^ Marseille s insurgea, leva plusieurs i>ataillons, et les fit partir pour aller au secours de Lyon. Le générai Curtuux qui avait été déta« clié de i annexe des Alpes avec ii^ooo hommes, battit les Marseillais à Orange, les chassa d'Avignon et entra dans Marseille le ^oùt 1 793.

Toulon, avait pris part à Tinsurrectiou de Marseille : elle reçut dans se§ murs les principaux: ^ secticmnairesl Marseillais ; et , de concert avec eux (i), les Touloimais appelée

(i) Toutes les autorités et la plus grande partie de la population de Toulon, se troutaut compTOxmse par cet «lat. d'anarchî*

rent les A^nglais, et leur livrèrent cette place, luné de nos' plus importantes : nous y avions vingt à vingt-cinq vaisseauiL de Hgue, des étabUssemens superbes, un matériel immense. A cette nouvelle, le général I-apoy pe partit de N ice avec 4,000 hommes , accompagné des représentans ,du peuple, Freron et Barras; il se porta sur Saulnier, observanl les redoutes du cap Brun , que les ' ennemis occupaient avec .

42ne : partie de . la garnison du fort la Malgue, le .rideau des forts de

con Ire-révolutionnaire, qui avait enfanté Tinsurrcction du midi, redoiiti»iit égalemient la terrible vengeance du comité de salut public et de Tarmiée, désespérant de leur soumission et de leur résistance , 11c firent plus d'asile que dans un grand crime po* îitique.

( Norvins, Hi^toùc de j^apoko/i,

Pharon , et la hgim cônprise efitre le cap Brim et ie fort Pharcm.

DfttO autre' côté, le général Cartsii» y avec Im- rcrpréwntan peu* pie Albitte , Gasparw et Salicefiiy , 1^ porta sur le Beausset , et ob&erva les gorges d'OUiaules, dont l ennemt était inaita^e. Les coalisés Aïk.

gla», Espagnols, Napolitains^ Sardes, etc., accourus de partout, étaiesit non-seulement ei^ possession de la . place, mais encore des défilés et avenues , à deux lieues de la vilFe* Le jo septen^bre , le général Car* taux atta^pa le& gorges^ d-OUioules, et s'en empara : sesr avaatrpostes arrivèrent à la vue de Toulon et de làmer; on $*empafa de Sixfours; on réarma le petit port de S.^ Nazaire.

La division du général Cartaux n'était que de 7 à 8,000 hommes , et elle ne pouvftit awir de communications

cKreetes mec celle de Tarmée d'Italie^ commandée par le général Lapoy pe :

s'en trouvant séparée par les montagnes de Pfaar^n, elle ne pouvait; communiquer que très en arrière»

L'armée de Cartaux, à droite, et celle dç Lapoy pe , à gauche, n'avaient donc rien de commun : les postes même ne pouvaient pas s'apercevoir.

De grandes discussions eurent lieu sur la conduite du siège. La principale attaque devail-elle se faire par la gauche ou hv&R par la droite?

La gauche était arrêtée par les forts Pharon et la Malgue : ce dernier est un des forts construits avec le pitts de scMfi que ttous ayons dana aucuile de nos places fortes. lia droite n'avait à prendre que le fort Malbousquet qui est plutôt un ouvrage de campagne qu'un ouvrage perpianent 9 mais qui tire une cei^

taihe force de sa situation. Maître de ce fort^ on arrivait jusqu'aux reiuparts de la ville; ainsi il n'était pas douteux que la véritable attaque ue dût avoir lieu par la droite.

C'est aussi sur ce point que furent dirigés tou& les renforts envoyés de l'intérieur.

Douze à quinze jours après, la prise des gorges d'OIlipules, Napoléon , alors chef . de ^bataillon d'artiilerie, vint de Paris ^ envoyé par lu comité de salut public , pour comr

mander Tartillerie du siège. La ré-

voiution avait porté au grade supérieur de l'artillerie les sous-officiei!»

et les lieutenans en /.roisiènie. Un grand nombre d'entre eux étaient susceptibles de faire de bons généraux dans cette arme; mais beaucoup ^ n'avaient ni la capacité , ni les ,connaissances nécessaires* pour remplir

les grades élevés où rancienneté et l'esprit du temps, seulement, le»

avaieut placés.

A son arrivée, Napoléon trouva le (quartier-général au Beaiisset; on ^'occupait des préparatifs à faire pour brûler l'escadre coalisée dan»

la rade de Toulon. Le lendemain, le commandant de l'artillerie alla , avec le général en chef , visiter les i^atteries. Quel fut son étonnèmenk de trouver une batterie de six pièces de vingt-quatre , placée à un quart de lieue des gorges d'OUiouleSy à trois portées de distance des bàtimens anglais, et à deux du rivages; et tous les volontaires^ de la Gote-d'Or et les soldats du régiment de Bourgogne occupés à faire rougir les boulets dans toutes les bastides (i) ! Il té-

(i) Nom qu'on donne, dans le midi, aux

maisons de campagne.

moigna son mécontenteoieiit au

commaadant de la batterie , qui s'excusa sur ce qu'il n'avait &it €pÏ€h^r aux ordres de Tétat-^major.

Le premier soia du commandant de l'artillerie fut d'appeler près de kii um grand nombre d'officiers de cette arma, que les circons-" tances de la révotutiou avaient éloignés. Au bout de six semaines ^ Û était parvenu à réunir, à for-^ mer et approvisionner un parc de deux cents bouches à feu. Le oohniel Gassendi ^t mis à la téte de l'arsenal de construction de Marseille.

Les batteries furent avancées et placées sur les points les plue avantageux du rivage : leuir effet fuA tel, que de gros bâtimens ennemis furent démâtés , des bâtimens légers coulés, et les Anglais 'contraints de s'éloigner de cette partie de la rade.

Pendant que l'équipage de siège «e complettait y Farmée se grossissait. Le ramité de aalut puli^c en-> ¥oya des plans et des instructions relatif à la conduite du siège. lia avalent été ré^és au comité des iMtiûeatàons par le général du génie d'Arçon , offîcier d'un gnimd mérite. Le chef de bataillon Marescot, et plusieurs brigades d'officiers du génie arrivèrent.

Tout paraifisaîl prêt pour conn mencer. .Un conseil fut réuni sou* la présidence de Gasparin, représentsnt, homme sage, éclairé, el qui avait servi. On y lut les instme»

tions^ envoyées de Paris; elles indiquaient, en grand détail, toutea les opérations à fiiire peur se rendre maitre <te Toulon par un siège en règle.

Le commandant d'aj*tillerie qui,

depuis un mois , avait reconnu exac-»

tement le terrain , qui w connaissait parfaitement tous les détails^ proposa le piaii dattaque auquel on dut Toulou. Il regardait toutes les propositions du comité des Ibrtifiùations comme inutiles d'après les xircoiiârtances où Ton se trouvait: s il pensait qu un siège en règle n'était pas nécessaire. En effet, en supposant qu'il y eût un emplacement tel, qu'en y plaçant quinze à vingt mortiers, trente à quarante pièces de auion , et des grils à boulets rouges, Ton put battre tous les points de la petite et de la grande rade, il était évident que l'escadre cond:>inée abandonnerait ces rades ^ et dès-lors la garnisoii serait bloquée, ne pouvant ' communiquer afec Fescadre qui serait dans la haute mer. Dans cette bypotbèse^

le cornmandan t d'à r tillerie mettaî* en principe que les coalisés pré* féreraient retirer la garnison , brûler les vaisseaux Français ^ les établisp semens , pliitpt que de laisser dans* la placé 1 5 à ao^ooo hommes qui, tôt ou tard 9 seraient pris sans pouvoir alors rien détruire, afin de se ihénager une capitulation.

Enfin 11 déclara que ce n était pas contre la place qu'il fallait' marcher, mais bien quil faiîait marcher à la position supposée; que cette .position existait à Textré^ mité du promontoire de Balaguier et de rËgailiette; que, depuis un mois qu'il avait reconnu ce poiii|:, il Tavait indiqué, au générai en.

chef, en lui* disant qu'en Toccu* pant avec trois bataillons, il au»

rait Toulon en quatre jours; qne, depuis ce temps, les Anglais en

aràient si bien senti l'impôptance, qu'ils y avaient débarqué /^^ooa hommes 9 af?aient coupé tous les bois, qui courronnaient le promontoire du Gair qui d€>{nine toute la position y et avaient employé toutes^ les ressources de Toulon, les forçate même, pour s'y retrancher; ils en avaient fait , ainsi qu'ils rappelaient, un petit Gibraltar; que ce qui pouvait être occupé sans combat, il y a im mois, exigeait actuellement une attaque sérieitse; qu'il ne iallait point en risquer une, de vive force, mais établir en bat terie des pièces de vingt-quatre, et dés mortiers, afin de briser les épau.^ lemens qui étaient en bois^ pom« pre les palissades, et couvrir de bombes l'inténeur du fort j qu'alors, après un feu trè»-vif , pendant qda»

raate-buit heures , des troupes d'élite

s'empareraient de l'ouvrage; que deux, jours après la prise de ce fort »

Toulon serait à la république. Ce plan d*attaque fut lengoem^ut dis»

enté 9 mats les officiers du génie , j^ésens au conseil » ayant émis Favis que le projet du commandant d'aràlerie était un préliminaire néces»

saire aux sièges en règle, le pre* mier principe de tcmt siège étant de bloquer étroitement la place | les opinions devinrent unanimes.

lies ennemis construi^rent deux redoutes sur les deux mamelons qui dominent immédiatement , Fm-it l'Éguillette, Vautre Balaguier. Ce»

deux redoutes flanquaient le petit Gibraltar, et battaient tes deux revers du promontoire.

En conséquenace du plan stêùptti , les Français élevèrent cinq ou six battfiriés contre le petit Gibraltar,

et construisirent des plates*forme& pour une quinzaine de mortiers. On avait élevé une batterie de huit pièces de vingt-quatre, et de quatre mortiers coulre le fort Malbousque t :

ce travail avait été lait dans un grand secret; les ouvriers avaient été couverts par des oliviers qui en dérobaient la connaissance aux ennemis. On ne devait démasquer celte batterie qu'au moment de marcher contre le petit Gibraltar ; mais le 20 novembre, des représentans du peuple allèrent la visiter. Les canouniers leur dirent qu'elle était terminée depuis huit jours , et qu'on ne s'en servait pas,. quoiqu'elle dut £aure un bon effet Sans autre explication, les représentans or.lonn^nt de commencer le feu , et aussitôt les canonniers pleins joie font un feu roul^mt

Le général O'hara , qui côimilaii<* dait Tarmée combinée dans Toulon, fut étrangement surpris de Tétablisseinent d'une batterie si considérable , près d'un fort de l'importance de Malbousquet, et il donna des ordres pour faire une sortie à la pointe du jour. La batterie était placée au centre de. la gauche de l'armée ; les troupes , dans cette partie, montaient à environ 6,000 hommes : elles occupaient la ligne du fort Rouge au Ma;bousquet, et étaient disposées de manière à empêcher tonte communication individuelle ; mais trop disséminées pai^ tout, elles ne pouvaient faire de résistance nulle part.

Une heure avant le jour, le général O'hara sort de la place aveoi 6,000 hommes î il ne rencontre pas d'obstacles; ses tirailleurs seulement

fiont engagés, et 1« pièces de la batterie sont enclouées.

La générale bat au quartier^^général i Dugommier s'empresse de rallier ses troupes : en même- temps , le commandant de l'artiUerie se rend fiur un mamelon^ en arrière de la batterie, et sur lequel, il avait établi uû dépôt de munitions. La communication de ce mameion avee . la batterie était assurée au moyen d'un boyau qui suppléait à la tranchée. De là voyant que les enne* 'mis s'étaient formés à la droite et à la gaudbe de la batterie ^ il conçut l'idée de conduire^ par le boyau, un bataillon qui était près de lui* En effet , il débouche, par ce moyen , sms être ^vl , au milieu des broussailles, prés de la batterie, et £ait aussitôt feu sur les Anglais. Ceux-* ci sont teUement surpris (ju ils croient

que ce sont les troupes de leur droite qui se trompent et qui tirent sur iseUes de leur gauche» Xje général O'hara lui-même savance ver$ les Français , pour faire cesser cette erreur : ^ssitôt il est blessé d'un ^çoup de fuâil k la main. Un sergent W saisit et i'entraaie prlaon*nier dans ce boyau; de sorte que le général en chef Anglais dispa-* vaU^ sans que les troupes anglaises sachent ce qu'U est devenu.

Pmdaqt ce temps, Dugommier, nvec les troupes qu'il avait ralliées , .4'était placé entre la ville et la batterie : ce mouveu^ent acheva de déconcerter les ennemis qui firent à 4UnataiitlettrretraiteJlafurentpousséa vivement dans la plus grande confur 'aion^ et sans savoir encore le sort -de leur général en chef. Dugommi^ fot légèreoMnt blessé dans cette af-

tàire. Un bàtaiUon de volontaire

de risére s'y distingua.

Le général Cartaux avait commencé le siège; mais le comité de salut public s'était vu obligé de lui ôter ce commandement. Cet homm^9 qui de peintre était devenu adjudant dans les troupes parisiennes, avait ensuite été employé à l'armée ; ayant été heureux contre les Marseillais, les députés de la montagne Tavaient fait nommer dans le même jour général .

de brigade et général de division.

Il était trés-ignorant , mdlement militaire; du reste il n'était pas méchant et n'avait point fait de mal à Marseille , lors de la prise 4e cette ville.

* Le général Doppet avait succédé à Garlaux ; il était savoyard , mé- ^cin et mécbant ; son esprit ne

fondait que sur des considérations. Il était ennemi déclaré de tout ce qui avait des talens. Il n'avait aucune idée de la guerre, et n'était rien moins que bra^ve. % Cependant ce Doppet, par un sinçnlier hasard , Êiiilit prendre Toulon, 4^ heures après son arrivée.

Un bataillon de la Côte-d'Or et un bataillon du régiment de Bom gogue étant de tranchée contre le petit Gibraltar, eurent un homme pris par une compagnie espagnole de garde à la redoute; ils le virent maltraiter, bâtonner, et en mêmetemps les Espagnols les insultèrent par des cris et par des gestes indécens. Furieux, les Français courent aux armes; ils engagent une vive fusillade et marchent contre la redoute.

Le commandant d'artillerie se rend

aussitôt ehez le général en chef qui ignorait lui-m^œe ce que c'était ; ils vont au galop sur le terrain; et là, voyant ce qui se passait. Napoléon engagea le général à appuyer cette attaque 9 attendu qu'il n'en owterait pas plus de marcher en avant que de se retirer. Le général ordonna donc que toutes les réserves se missent en lioouvement : tout spehrania^ Kapoléon marcha à la téte; maLbeureusemi^l un aide*de« caiïip est tué aux côtés du général en chef (i), La peur s'empare du

(i) Déjà le promontoire da CaÎF est coHvert dfi UQS valtigaursy et nos grenadiecs en eolonnes^ alhiem; pénétrer par la gorge du fort, lorsque le général Doppet, quoi-

lui un de ses aidesrde-camp , eut la làrcheté de faire sonner la retraite; Bonaparte jbleisé à la tétei revint et lui dit mi-

Ijénéral, il ikit battre la retraite sur tous les points , et rappelle ses trou*

lîtaireraent *,LeJ,..F qui a fait sonner

la retraite nous a fait manquer Toulon.

Bonaparte d'aceord a^ec le veprésentant Gasparin et le général en. chef décidèrent qu'il fallait à tout prix s'emparer du petit Gibraltar; déjà nous occupions le promontoire, une batterie est construite à la faveur d'un rideau d'oliviers qui en déroba les travaux à l'ennemi. Aussitôt démasquée elle est £^udroyée.

Les eanonmers* prennent la fuite : alors Bo<* ' naparte, nous dit l'historien du siège, s'avisa d'une . de ces ressources que le génie et la connaissance profonde qu'il avait du caractère de ses soldats, ordonna aulbrave sergent Vanoty d'écrire en gros caractères sur un éçriteau qu'il fit placer en avant de la battiaie : Batterie des hommes sans peur, H.

avait bien jiigé nos soldats^ dés ce moment tous les canonniers de l'armée voulurent y servir. Lui-même debout sur le parapet, donna l'exemple aux hommes sans peur \ commanda le feu^ et le fort fiit pris.

pes au moment où les grenadiers , " après avoir repoussé les tirailleurs ennemis, parvenaient à la gorge de la redoute et allaient s'en rendre maîtres. Les soldats furent indignés ; ils .se plaignirent qu'on leur envoyait des et des médecins pour

les commander. Le comité de salut public rappela Doppet et sentit enfin la nécessité d'y envoyer un militaire; il envoya Dugommier, officier de 5o ans de service, couvert de blessures et brave comme son épée.

L'ennemi recevait tous les jours des renforts dans la place : le public voyait avec peine la direction des travaux du siège. On ne concevait pas pourquoi tous les efforts se porlaient contre le petit Gibraltar, tout Topposé de la place. On n'en tet encore qu'à assiéger un fort

qui n'entre pas dans le système permanent de la défense de la place ^ disait-on ,dans tout le pays , ensuite il faudra prendre Malbou&quet et ouvrir la tranchée contre la ville.

Toutes les sociétés populaires fai-* saient dénonciatioas sur déiionciatiôns à ce sujet. La Provence se plaignit de la longueur du siège.

La disette s'y faisait vivement sentir ; elle devint piéme telle qu'ayant perdu l'espoir de la prompte reddition de Toulon^ Fréron et Barras, saisis de terreur , écrivirent de Marseille , à la convention , pour l'engager a délibérer, s'il ne vaudrait pas mieux que l'airmée levât le siège et repassât la Durance , manœuvre qui avait été faite par François I/^ , lors de l'invasion de Charles-Quint. Il se retira derrière la Durance; l'ennemi ravagea la Provence; et, quand la

famine força ce dernier à la retraite , il le fit attaquer vigoureusement

Les représentans disaient qu'eu évacuant la Provence, les Anglais seraient obligés de k nourrir, et qu'après la récolte on reprendrait avantageusement l'offensive avec une armée bien entière et bien reposée.

C'était même mdi^ensafaie , di- B saient«-iis ; car enfin , après <)iiiatare » mois , Toulon n'est pas encore at- » taqué; et l'ennemi recevant tou- » ^wvs des renforts., il est à cratn* » dre que nous ne -soyoas obligés » de iaire préoipifammenJ; , et en » déroute, ce que nous pouvons ea » ce moment opérer en règle et avec » ordre. »

Mais peu de jours après que la lettre fut parvenue k la convention, Toulon fut pris. Elle fut alors désavouée par ces représentais CMmime

apocryphe, Ge fat à tort; car cette lettre était vraie et <loiii»it une jusDe idée de rc^mkm que Taii avait de la mauvaise is»ue du ^ége , ^t des embarras qui existaient en Pramnce.

Bugommier s'était décidé àiûre une attaque décisive sur le petit Gibral* tar. Le commandant de rartillerie y fit jeter 7 à 8,00a bombes , pendant qu'une trentaine de pièces de 2it4 rasaient la défense.

Le 18 décembre, à quatre heures du soir, les troupes s'él^rauleiit de leurs camps et se dirigent sur le village delà Seyne; le projet était d'attaquer à minuit^ afin d'évitei* le feu du fort et des redoutes intermédiaires» Au moment où tout est prêt, les représentans du peuple convoquent un conseil pour délibérer s'il faut attaquer ou non:

soit qu'ils craignissent l'issue de cette

attaque 9 et voulos^ent en rejeter toute la responsabilité sur le général Dugommier; soit qu'ils se fussent laissés gagner par les raisons de beaucoup d'officiers qui jugeaient cette entreprise impossible , surtout par le temps affreux qu'il disait ^ la pluie tombait par torrents.

Dugommier et le corpuiaiidanlr d'artillerie se • rient des craintes :

deux colonnes sont formées ^ et Von marche à i'eunemi

Les coalisés, pour éviter l'effet des bombes et des boulets qui foudroyaient le fort 9 avaient l'habitude de se tenir à une certaine distance en arrière. Les français espéraient arriver aux ouvrages avant eux ; mais les ennemis avaient établi en avant du fort une nombreuse ligne de ti-^ railleurs 9 et la fusillade s'étant eu-, gagée au pied même de la mon-;

tagne , les troupes accoururent à 1»

défense du fort, dont le feu devint des plus vifs. La luitraille pleuvait partout. £nûn, après une attaque extrêmement chaude , Dugommier qui, selon sa coutume, marchait à la téte de la première colonne, fut obligé de céder. Désolé , il s écrie :

Je suis perdu !

En effet, dans ces temps, il fal^ lait des succès : Téchafaud attendait

le général malheureux.

Cependant la canonnade et la fusillade duraient toujours. Muiron, capitaine dWtillerie , jeune homme plein de bravoure et de moyens, et qui était l'adjoint du commandant d'artillerie, est détaché avec un bataillon de chasseurs et soutenu par la deuxième colonne qui le suit à portée de fusil. Il connaissait par- Êdtement la position, et il profita

m. bien des sifraostiés du terrain ^ qu'il .gravit la montagne jxvec sa troupe^ sans presque éprouver de perte : il débouche au pied du forty s'élanœ par une «tnbrasure , sou bataiUem le suit ^ et le fort «st pris !

Tous les canonniers Anglais ou Espagnols sont tués sur leurs pièces , et Muiron est blessé grièvement cFun coup de pique par >un Anglais.

Maîtres du £ort , ies Fiançais tournent aussitôt ies pÂèoes contre l'ennemi.

Dugommier^étett déjà depuis trois - heures dans la redoute^ (lorsque les représentans du ^uple vinrent, le «abre à la main , combler d'éloges les troupes qui l'occupaient. ( Ceci dément positi^enimt les relations du temps qui, -à tort, disent que les^représentans marchaient à la téte des colonnes. )

A h pointe du jour^ «Mamardba mr JBalaguier et l ÉguUlette. Les enaemîs avaient déjà évacué ces deux positions. Les pièces de a4 ^* ^ mortiers furent mis en mouvement ^ pour armer ces batteries d'où Ton espérait canonner la ilotte combinée avant mkài; mais le command»it d'artillerie jugea impcwible de s'y établir. £lles étaient en pierre »

et les ingénieurs qui les avaient construites avaient commis la &ute de placer à leur gorge une gtofm tour enmaçonnerie, si prés des platesformes que tous les lK>ulets qui l'auraient frappée seraient retombés sur le& canonniers ainsi que les éclats et les débris. On plaça des boucbes à ieu sur les bauteurs , derrière les batteries. EUe ne purent commencer leur feu que le lendemain; mais l'amiral Anglais Hood n'eut

pas plutôt vu les Fraaçais maîtres de ces positions , qu'il fit le signal de lever l'ancre et de quitter les rades.

Cet amiral se rendit à Toulon , pour faire connaître qu'il ne fallait pas perdre un moment et gagner au plutôt la haute mer. Le temps était sombre, couvert de nuages^ et' tout annonçait l'arrivée prochaine du vent d'Oliibech , terrible dans cette saison. Le conseil de»

coalisés se réunit aussitôt f et y après une mure délibération, le»

membres tombèrent d'accord que Toulon netait plus tenable. On se hâta de prendre toutes les me^ sures , tant pour rembarquement que pour brûler* ou couler les vaisseaux français qu'on ne pouvait pas emmener , et incendier les établissements de la marine. Enfin ^

Oii prévint les habitants que tous ceux qui voudraient quitter la ville pourraient s'embarquer à bord des flottes anglaise et espagnole.

 l'annonce de ce désastre , on se peindrait difficilement l'étonnément ^ la confusion ^ le désordre de la garnison et de cette malheureuse population, qui, peu d'heures auparavant, en considérant la grande distance où les assiégeants étaient de la place , le peu de progrès du siège depuis quatre mois , et l'arrivée prochaine des renforts , s'attendaient à faire lever le siège et même à envahir la Provence.

Dans la nuit les Anglais firent sauter le fort Pomet ; une heure après , on vit en feu une partie de l'escadre française ; neuf vais* seaux de 74 et quatre frégates ou

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oarvettes devinrent la proie des flammes*

Le tourbillon de flammes «t de fumée qui sortait de l'arsenal , reêr ^ semblait à Téruption d'un \olcaii , et les treiase vàisseaux qui brûlaient dans la rade , à treize magnifiques feux d'artifiicc. Le feu dessinait les mâts et la forme des vaisseaux ; il dura plusieurs heures et présentait un spectacle unique. Les Français aidaient Tàme déchirée en voyant se consumer , en si peu de temps , d'aussi grandes ressources et tant de richesses. On craignit un instant que ies Anglais ne Jàsr smt sauter le fort la Malgue. Il parait qu'ils n'en ont point eu le temps.

Le commandant de l'artillerie i»e rendit à Malbousquet Ce lort était déjà évacué. 11 fit venir rartillerie

àe campagne , pour balayer surk-chamfi les remparts de la pla»

ce , et accroître le désordre en jetant des obus sur le port , jusqu'à ce que les mortiers qui arrivaient sur leurs caissons , &»sent mis en batterie et pussent envoyer des bombes dans la même direc-

tiOA.

Le général Lapoype , de son coté 9 se porta oontre le .£ort Pha* ron que l'ennemi évacuait , et s'en «empara. Pendant tout ce temps les batteries de TÉguillette et de Balaguier ne cessaient de faire un feu des .plus vifs sur la rade.

Plusieurs vaisseaux anglais éproU'* vèpent de notables avaries , et un assez grand nombre d'embarcations chargées de troupes furent coulée.

Les batteries (tirèrent toute la nuit, et à Ja pointe du jour on distin-

gua la flotte anglaise hors la rade.

Sur les neuf heures du matin , il s'éleva un très-grand vent d'Olii-' bech ; les vaisseaux anglais furent obligés de chercher un refuge aux îles d'Hières.

Plusieurs milliers de £aimilles Tou* lonnaises avaient suivi les Anglais , de sorte que les tribunaux révolutionnaires ne trouvèrent que peu de coupables dans la ville : tous les principaux en étaient partis.

Néanmoins , dans la première quinzaine , plus de cent malheureux furent fusillés.

Depuis , des ordres de la con* vention arrivèrent pour démolir les maisons de Toulon ; Tabsurdité de cette mesure n'en arrêta pas rexécution : on en démolit plusieurs qu'on fut obligé de rebâtir après.

Pendant le siège de Toulon y

rarmée d'Italie avait été attaquée sur le Var. Le& Piémoatais avaient voulu essayer d'entrer en Provence:

ils s'étaient approchés d'Entrevaux; mais j ayant été battus à Gillette ^ ils se mirent en retraite et rentrèrent dans leurs lignes.

La noiivelle de la prise de Toulon fit d'autant plus d'effet en pro»

vence et dan& toute la France ^ qu elle était inattendue et presque inespérée. »

Nous terminerons Thistoire de Toulon , en rappelant au souvenir du lecteur que c'est dans le port de cette ville que fut assem« blée cette flotte destinée apporter nos étendarts* sur le sctl de l'an* tique £gypte. Quels qu'aient été les motifs secrets de cette expédition 9 la France regrettera toujours que ie succès n'en ait pas été

* poursuivi avec plus de persévérance* ▲u départ de la brillante armée qui devait ranimer la célébrité des rives du fleuve majestueux , soumis jadis an génië des Sésostris et des Ptolémée , tout resplendissait d'espérance dans nos murs. C'était le 19 mai 1^798 , Bonaparte adresse à l'armée cette courte harangue :

«c Soldais 9 vous êtes une des aites B de l'armée d'Angleterre v vous 2> avez fait la guerre de montagnes ^ » de plaines , de sièges ; il vous » reste à faire la guerre maritime.

9 Soyez unis ; le génie de la U- » berté qui a rendu dès sa nais** » sance , la république , l'arbitre » de l'Europe , veut qu'elle le soit » des mers et «des nations les plus

» lointaines. »

L'armée accueille cette allocution en s'écriant : a II est avec nous,

» aous allons à la victoire ! » On se {>récipite dans les embarcations ; rancre est levée ; la voile se déploie et la flotte dirigée par f amiral Brueb s'éloiigne de la rade ea faisant re<»

tentir de chants patriotiques les rochers qui l'entourent.

Noos ]i<ras taircms sur la catas-»

triaplie qui porta un coup si neste à la marine Française et sur les affreux résultats des journées d'Aboulkis ( 1 9 a aoul: 1*^88 ) ; «ir la &xk inexplicable d'une , expéditioft qui devait porter la plus grande perte à notre plus implacable eu- Bani ; «ur le sort glorieux de tant de guerriers du plus pur dévouement et d'une bravoiu-e qui ne saurait être surpassée.

Mais si le fruit des étonnante £sdts d'armes qui ont illustré l'armée d'Egypte^ est perdu pour notre

puissance politique ; les savants qui marchèrent à l'ombre de nos drapeaux ont su conquérir des connaissances qui ont élevé un monument impérissable aux progrès de Fesprit humain.

Toulon a , depuis cette époque ^ partagé les vicissitudes de la France; nous pourrions analyser quelques faits particuliers; mais Thistoire ne veut pas être écrite par les contemporains qui j trop intéressés aux événemens dont ils furent té- . moins , cèdent malgré eux à leurs passions , et sont de mauvais juges eu pareil cas. Ce motif nous fait garder le silence sur le quart de siècle qui vient de s'écouler , quoique Touton ait été , durant ce temps, le théâtre de plus d'une scène intéressante et digne de fixer Fattention de la pçstérité.

Note qui correspond à la dernière, ligne de la page 6.

Dans l'intérêt du Lecteur nous plaçons ici en note I^opinion de ce Savemi que ta ville de Toulon compte au nombre de ses honorables càojrensp

M. Pons commence par faire observet qu'$i la fin du i6.^ siècle quelques hommes laborieux voulurent rattacher Torigine de Toulon aux créations des temps antiques :

ces espèces de romans furent accueillis à une époque où la critique historique n'était pas encore née. C'est a cette dernière classe qu'appartiennent presque toutes les histoires partiçuiières, consignées daiis les écrits de Papire Masson, de Soleri, du père Isnard.

M. Pons admet avec les géographes que Toulon est le nom moderne de Telo M aitius:

il combat ensuite ceux qui veulent que Toulon dérive de Tauroentum : il fonde son principal argument sur ce que non loin de

la Ciotat) ou retrouTe les vestiges d*iuie Tille ancienne nommée jadis Tanroentum et aujourd'huy Tareate.

Si Toulon n'est point Tauroentum il ne peut être que Telo Martius ; en effet , dit-il , sa position est très-bien marquée dans l'itinéraire maritime d'Antonin : mais en quel temps fiit-il fondé? Les monuments et les anciens auteurs attestent par leur silence, qu'on ne peut remonter qu'au second siècle de rère vulgaire. Les auteurs dont M/ P.

invoque le témoignage sont Pline et Strabon, il n'est question du nom de Telo- Martius dans aucun autre livre antérieur à celui d'Antonin le pieux. Quant aux traces d'antiquité que le hasard a pu faire découvrir aux environs de Toulon, M.' P. n'a rien trouvé qui remontât avant le miliea

du 4*^ siècle.

De tout ce qui précède, M.' P. afSrme que Toulon fondé au commencement du 2.® siècle , ne fat d'abord qu'une teinturerie et que si Titinéraire d'Antonin en fait partie , c'est que la rade servait de station aux bàteaux de poste. Ce ne fut que vers le 5.^ j^ècle que sa population accrue exigea la

est le piremier dont lexistence soit bien constatée; sîr^signature se ttome an bas d*mi*» lettre écrite en 45i an pape Léon I.*'

M/ P. répond à cenx qui aident de k iielie position de Toulon , pour y faire aborder les Golomes des prenden Ages, delm manière suivante : <t lorsqu'on vuate la beauté de la plage de Toulon et la doncenr de son climat 9 on ne fait point attention que i'espace que la -fille oecape anjonrdliiii, était autrefois un marais, et ^le cette plage infecte, resserrée entre la mer et de hantes montagnes, était peu propre à inviter les étrangers on les naturels à s'j, établir, d

MJ P. voit un reste des vieux marais teo* du cèté de l'est que de celui de Fou-* est de la ville actuelle. Cette considération l'engage à dtercher ailieuiis In place où se fixèrent les premiers habitans de Telo-Marttus.

Il réfute ceux qui opinent pour Tanse S. Georges , pomr le Mourillon et la pointe de k Grosse Tour; il est porté à croire qw ce Hea sst siftué entare le irillage de la

Seyne et la pondi-ière de la Goubvan* Ses

preuTes reposent sur ce que les bateaux y «rrivaient ea ligne droite, ensuite sur la direction des eaux qui viennent y aboutir^ et enfin sur des restes de maçonnerie antique que Ton a retrouvés

Plus tard.9 dit-il, les habitations en se multipliant se rapprochèrent de l'emplacement actuel , et ce ne fîit qu'après les destructions dont la ville devint le théâtre, que les halnUins se fixèrent dans Tenceinte actuelle. Là ils étaient moins à portée d'être TUS et attaqués par les pirates qui infectaient les mers*

M/ P. ajoute plus loin : Fempire d'occident comptait neuf villes dans lesquelles on teignait en pourpre les étoffes de lame et de soie ; deux de ces villes étaient Narbonne et Toulon. Je regarde celle-ci comme one colonie de la première dont l'opulence datait d'une époque bien antérieure où elle reçut une colonie Romaine. C ^ notice de V empire , U». a , fait mention de la teinturerie établie à Toulon, J

L'auteur du mémoire repousse le culte de Mars que certains auteurs admettent ches ks premie» habitans, apw» qne, dit-il.

idans un temps où Tenipire jouissait d'ime paix, profonde, U est peu vraisemblable que des manufactariers aient éleyé des autels au Dieu de la guerre.

Mais d'où vint à cette ville le ttotn de Telo? M. Pons rejette et le germain Telamon et le marseUlais Telo; il penche un peu pour rétymologie Teioneum ou Telonivsok qui signifierait bureau destiné a la perception des impôts i il s'appuie sur ce qu'on appelle encorTolonet , certains lieux du port. Il termine cette période en s'adressaut la question snitantè : essayons de trouver ailleurs une explication plus satis&isante dit mot Toulon? Il y répond en ces termes.

Chacun, sait que les anâens avaient con* servé des traces nombreuses du culte primitif rendu à la nature active et visible. Le culte antique se conserva longtemps dans les Gaules. Les capitulaires de Gharlemagne nous apprennent que ce Prince proscrivit rusage d'allumer des chandelles auprès des arbres et des fontaines. Ces dernières étaient sous la protection d'une divinité nommée Telonius ou Telonus, et elle recevait un culte particulier auprès d'une source très*

remarquable nommée le Toulon , dans les environs d# Périgeux. Près de Martigues il existe une fontaine nonunée Toulon. Or n'est-il pas naturel de conclure de ces faits que ceux qui les premiers vinrent habiter notre territoire où coulent tant de sources i invoQuérent la divinité Telonus, donnèrent

son nom à rétablissement et y ajoutèrent le mot Martius qui rappelait le lieu d'où ils étaient sortis.

M. Pons termine en se demandant s'il se fait illusion ? Cette étymologie , dit-il, s'accorde avec l'époque de la fondation de Telo Martius j et elle n'est contredite ni par les monumens ni par les écrivains anciens.

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