DANS
Arrivée à Toulon , Croix de Malte , Fontaine de la place au foin , Pas^é d'Amour , Cathédrale y Tour des Phocéens , Collège , Bibliothèque communale , Rue Magnaque ^ Porte d'Italie , Cours ^ Quartier viewr / Quais , Caryatides ^ Maison de Puget ^ Poissonnerie, Hue des Marchaïuù, J^iace S.^' pierre^ Galerie universelle et Librairie de M. Bellue ,
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Champ - de - Bataille , Por^e ^ France , Caserne , Hôpital militaire ^ Mue de la Comédie , JSopital de la Marine ^ etc. etc.
tF'^TAis arrivé à Toulon où ma bonne étoile m'avait conduit à rhô tel de la Croix de Malte.; l'aspect des lieux avait inspiré ma muse et je irédonnais :
Qu'on est iieurenx de trouvée eu v^oyage nn bon souper et surtout un bon Ut • etc*
lorsque mon vieux camarade ^ que je désignerai sous le nom de l'Ermite , pénétra dans ma chambre. « Fort bien, sécria-t-il, ce re- » frein part d'un estomac plein )j de son sujet. Je ne suis point » étonné de ce mouvement de re-
» connaissance envers M.* Berthier , 3> son hàtel n en inspire pas d'au- » tre aux voyageurs qui savent » apprécier ce genre de mériter n Àu reste on pourrait dire des 1» hôtels de Toulon, ce que Phi- (c libert disait des billards : les » progrès de la civilisation ont
étendu Tempire des beaux-arts.
» En effet , THotel de la Croix » d'Or, celui de France dont les » façades sont devant nous , attesy> tent des progrès éminentSw
Kous sortîmes de l'hotel vers les dix heures du matin et. nous con^^ sidérâmes un instant la fontaine dd la place au Foin^ un vaste bassin , trois rangs de vasques cou- " vertes de plantes hydrophiles ; un groupe de trois dauphins dont les queues projettées en Fair ter-
minent l'édifice , composent cette' fontaine vraiment monumentale. .
En continuant la route, mon ami mé fit observer que nous fou* lions à nos pieds le pavé d'amour , pavé , me dit-il , après le spirituel auteur de TErmite de la Chaussée d'Antin , dont les glaces de notre âge nous empêchent de sentir la chaleur. Il ajouta que cette rua est une des plus anciennes de la ville ; pour me prouver cette opi- ^ nion que Taspect des lieux rend fort contestable , il alla recueillir des probabilités jusqu'aux temps demi-fabuleux de la Provence , où l'on dit qu'une souveraine jeune et belle , mais surtout amante des plaisirs , avait institué une cour d'amour.
« Cette cour , dit-il , siégeait au village de Pierrefeu, à quatre lieux
de Toulon. La dame Béa tri x ayant écrit à son troubad^ir qui en ré* digeait les séances , de venir aaprès d'elle échanger amour pour amour , la rencontre eut lieu précisément sur notre route. Au jour de Fhymen , les Échevins de la ville , pour éterniser ce souvenir , UQmmèrent la rue où les amants s'étaient revus, Pavé d'Amour. »
Je répondis à l'Ermite : l'opi* nion de mon père qui appelait le temps passé , un temps perdu pour - Fhistoire , est aussi la mienne.
Savons-nous en effet autre chose sinon qu'il existait en Provence une cour d'amour dont les trouba* dours et les poètes de tous les âgtîs , ont singulièrement embelli l'énigmatique institution.
Quoiqu'il en soit, la rue du Pavé d'Amour est vaste, aérée, rafraî-»
chie par lombre et le balancement des platanes , dont les cim^s entrelacées forment à la fois le berceau et un dôme verdoyant , impénétrable aux feux du jour.
Dans Tobscurité de la nuit, c'est un dédale mystérieux où la folâtre jeunesse peut s'égarer sur les traces de l'amour qui la guide.
L'Ermite me fit remarquer la façade de l'ancien couvent de S.*^ ^Ursule, métamorphosé en arsenal de terre : nous fumes admis à le visiter sous l'égide d'un capitaine d'artillerie, jeune officier sorti de cette école polytechnique dont les "^travaux ont reculé les bornes de Ja science. Il nou& fit parcourir , en nous donnant des explications succinctes , les nombreux détails de cet établissement. Dire ici que l'ordre, l'harmonie, Tactivité pré-
sident à la confection des ouvragea sortis de l'artillerie, c'est énoncer une vérité commune.
En sortant de là , nous poursuivîmes le prolongement du Pavé d'Amour, appelé, depuis la restauration, rue Monsieur. Regarde , me dit l'Ermite , ce bâtiment assez vaste et cette cour ombragée ; c'est le collège de la ville. L'administration municipale y a réuni les diverses connaissances qui préparent un jeune élève à la carrière qu'il doit parcourir. Le grec et le latin , le dessin , la calligraphie et les mathématiques y sont enseignés non sans' quelques succès.
La jeunesse du siècle , ajouta-t-il avec uiie sorte d'onction toute paternelle, est bien plus favorisée que nous ne l'avons été aux jours de no* tre enfance; si je redevenais jeune !
bien ! lui répartis-je en Tinterrom^ panty tu dirais encore : qui me délivrera des Grecs et des Romains !
L'âge fen délivrerait tôt ou tard; comme moi tu n'y penserais plus que pour répéter avec un certain philosophe ; tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien.
Cependant nous marchions , comme on dit, devant nous, et mon vieil ami m'offirit de visiter le local de la bibliodièque communale. — Je veux savoir si cette bibliothèque est la même que celle dont un voyageur nous a fait à table une si lamentable description. — La même, répliqua l'Ermite. — En ce cas je ne la visite point. — Cependant , me dit-il , depuis quelques années le gouvernement y envoie quelques bons ouvrages ; les classiques de M.
tnaire ^ le grand ouvrage sur r£gypte sont de ce nombre. On y compte environ huit mille volumes parmi lesquels on trouve jusques aux contes de Perrault ; les amateurs de théologie peuvent y satisÊûre très-largement leurs goûts.
L'institution de cette bibliothèque date des premiers malheurs de 1793, lorsque tant de citoyens pour éviter la mort , abandonnèrent leurs collections savantes. On en forma nn dépôt , et son origine doit expliquer suffisamment, pourquoi tant d'ouvrages y sont incomplets.
Notre digression fut interrompue par les sons graves et solennels de la cloche mère de Féglise majeure (i), Nous nous arrêtâmes
(i) Cçtte église est la Cathédrale, Elle est
sur la place de la Cathédrale , place qu on agraadit d'un coté , tandis que l'avenue çpposée est obscurcie par des bicoques et une ruelle infecte dont la décence au-* tant que le bon goût devraient faire justice.
La façade de Téglise Notre Dame , restaurée depuis peu d'années , m'a paru d'un style noble et remar^ quable. La tradition populaire, appuyée sur les écrits de Gaufredy , Papon et Nostradanms , historiens de la Provence , place au sommet de la façade, la tour surnommée* tour de l'horloge , construite par ^
petite, sombre et mal située. Les étrangers
ne la visitent que pour y admirer quelques ouyrages de Paget, qui en décorent Tîn* térieur.
ClIToie de VÈàiUvr.)
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les Phocéens , dont parle le spirituel auteur de FErmite ea pro-
' vince. Mon ^ntni à qui je rappelai ropinioii de M. Jouy sur cette tour , me répliqua d'un ton moitié piqué , moitié persuasif qui ébranla ma crédulité : « Je vois deux peintres dans M. Jouy.; celui des mœurs et celui des lieux. I^e premier sera mon idole, quant au second je lui conteste le mérite de la véracité, chose dont un philosophe qui a travaillé loin des objets qu'il peignait , nç peut se fâcher.
Cette prétendue tour dont il .
. défère la conception mesquine aux Phocéens , date , il est vrai , d'une assez haute antiquité; mais Tépo* que de son érection ne remonte pa$ au-delà des premiers agrandissemens donnés à la ville. Sa chute était imminente et l'autorité a dû
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en prévenir les dangers, en la fidsant abattre. Je doute que les an** tiquaires qui 1 ont regrettée, soient autres que certains vieillards dout l'existence semble liée à Tliorloge qui annonça Theure de leur avè^ nement à la vie.
En parlant ainsi , nous dirigions nos pas vers la porte d'Italie, lorsque mon Ermite fixa mon attention sur la borne d'un magasin de pharmacie pour me laire contempler, selon son expression, une ."ruine incontestable. « Voilà, me dit-*il , la rue Magnaque , son éty* mologie est Grandes-eaux. Cette rue, autrefois la Chaussée-d'Antin de Xou- Ion , est aujourd'hui triste , solitaire, dégoûtante. Elle n'est plus connue que par les habitués de la pharmacie de M. Andrieux , homme honorable qui vend les
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moyens de désasphixier ceux qui A respirent raUnosphére impure de l'étroite Magnaque ».
Un peu plus loin^ dans la rae du Ghamp*de--Mars 9 nous fumes étourdis par l'harmouie discordante et continuelle des fifres, des tam* boùrs et des cornets de la garnison. Ce tintamarre 9 suivant l'Ermite, ne concourt pas mal à dépopulariser cette rue auprès des amis du calme.
Tout à coup mon guide s'écrie :
TOici la place et la porte d'Italie!
Ces charettes, ces voitures, cette population qui se pressent sous les arcades, en disent assez. Cette place, quoique petite , est jolie et bien pavée; une fontaine intaris^ sable se trouve vis-à-vis la porte.
La façade de la porte est d'un goût simple, mais sévère; les construc-
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( Ôd )
tions modernes qui s'élèvent de$ deux côtés pour servir de magasins d'artillerie , et qui sont à l-épeuve de la bombe, composent un tout agréable à la vue et régulier dans ses détails*
Je jouis du coup d'œii sur le balcon de V ho tel du Lion d'or tenu par M. Piffard/ Âpres y avoir pris un repas délicatement servi, nous reprîmes notre promenade en nous dirigeant vers les vieux quartiers de Toulon. Nous arrivâmes par ùne ruelle à la. place dite des Mini-^ mes. Le couvent où ces bons moines vivaient dans une molle et sainte oisiveté est aujourd'hui une^ tannerie où de nombreux ouvriers sont employés, sous les auspices de M. Sallas , négociant très-estimable, (jue Faccroissement progrès-
5Îf d'une grande fortune, n^a pâ0
encore réduit au €iolce far mente* Cette tannerie me dit l'Ermite ^ était en 98, l'asile où la section royaliste tenait ses séances. C'est là que lioux^. surnommé Louis XYII j depuis la restauration , servit d'organe à ceux qui firent proclamer le Dauphin 9 Roi de France,
Le vieux Toulon rappelle les murs infects de. Tau tique Lutèce. J'aurais voulu en sortir subitement \, mais notre Cicéroné insista pour nous le faire parcourir ^ afin de nous montrer quelques luaisous d assez belle apparence, disait-il, et dont le bon Hem y IV avait gratifié la ville.
Le vieux quartier présente l'as* pect d'une colonie formée par des peuples étrangers, dont Je langage est un mélange impur de plusieurs idiomes.^ Ainsi ie Génois ^ l'Italien^
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le Corse , le Piémontais , le . vrai Provençal confondus ensembles ont concouru à former un patois inintelligible qui défie les investigations des premiers philologues.
Echappés des labyrinthes du vieux Toulon y nous nous trouvons sur le cours, promenade agréable , plantée, eu beaux arbres formant le berceau , pavée en bi iques neuves , encadrées par deux ruisseaux où ce jbur«ià coulait une eau limpide ordinairement embourbée par les produits végétaux qui s'y aiuoacellent chaque jour.
<c Le cours, me dit TErmite, (i) 3> sert de marché journalier. Tous » les matins, au point du jour, une » foule de jardiniers, bouquetiers, » firuitiers, marchands de volaille.
(i) Soirées Provençales.
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j> viennent s'y établir; chacun y » chosisit sa place à la file^ et là s'en- ^ » tassent les grenades ^^s aubergii> nés, les tomates , les corbeilles de » raisins , de figues etc. etc. Les uns » chantent^ les autres crient, dispu* » tenty se battent quelquefois , » dorment ou déjeunent avec Canr ^ » chois favori.
« Cette promenade longue et » symétrique est loin d'offrir les j> agrémens des superbes allées du >> Cbamp-de-Bataille. Il y reste tou- » jours une atmosphère saturée des » émanations de débris de plantes.
Aussi est-elle rarement fréquen- » tée par les personnes distinguées, » et par celles qui tiennent à la » salubrité de l'air qu'elles veu- » lent râ^pirer. »
En parlant ainsi nous apercevons la place St. Jean , où bientôt
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notre Gicéroné nous montre récofe des frères ignorantins établis sur les débris de Técole mutuelle. Cependant, me dit TErmite, sous un gouvemanen t constitutionnel l'enseignement mutuel est aussi nécessaire au peuple que Timprimerie est utile à l'humanité. La maison que les frères occupent était jadis l'hôtel du chevalier Paul qui de mousse parvint sous le Roi y conquérant et protecteur des arts y au rang de vice-Amiral de France. Il commandait la marine lors du voyage de Chapelle et Bachaumont Ces aimables convives disaient de leur hôte: a il est par » sa cliaige, par son mérite et par » ses dépenses, le premier et le » plus considéré de la ville:
« C'est ce Paul dont rexpérientse ».GourxoAiid€ la mer et le vent, » Dont le bonheur et la vaillanct:
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V Rendent formidaible la France » A tous les peuples du Lerant
Paul mourut à Toulon le i8 octobre 1667.
L'Eglise St Jean située sur la place qui porte ce même nom (i) est petite et n'a rien de remarquable. • Elle est fréquentée par le peuple des vieux quartiers, nommés vuljgairement besagne.
Nous arrivons au quai du port marchand. Uu tableau mouvant se déroule à nos yeux. « A ijuel dégré d'intelligence la raison humaine peut s'élever, s'écria le bon Ermite».
Le superbe pavé que nous fouloas, cache Fceuvre des fondateurs du port , lorsque après avoir élevé des pilotis sur des marais fangeux, ils
(i) CeUe église était autrefois appelée égfise de St. Franeois-de^Paul.
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bâtirent ces maisons élégantes dont la façade avec une constraction si régulière , olire une solidité qui tient du miracle.
Un grand nombre de bàtimens bordent le quai et y entretiennent cette activité qui vivifie les relations, humaines. Le^ uns chargent des laar cliandises destinées aux quatre parties du globe, les autres de retour de mille réglons diverses , rapportent les produits des peuples les plus opposés; ici le bon Eiiuite s'écria, en récitant quelques vers . du poëme de la navigation de M. Esmenard:
4( To i , qui renfermais nos flottes dans ton sein , » Toulon , ville superbe où Neptune et Yulcaia » SouslesloisdXFranieunissaientleurpuissanee:. » Heponds-moi, qu'as-tu£ait desTaisseaux de
la France?
Le mouvement que le commer*
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M imprime aux quais y attire une foule empressée; le négociant, le marin, le peintre, le poète, le curieux y trouvent un champ pour exercer leurs méditations.
Tous y cherchent un bel horizon , dont tous les points ont quelque chose d'intéressant, et rencoiiuent pour asile , beaucoup de cafés remarquables par leur élégance, (i) '
En parcourant le quai, notre Cicérone nous arrêta devant l'Hôtelde-ville que décorent deux Garyàtides, chefc-d'œuvre de Puget. Ces deux compositions du Phidias mar- .«eillais , rappellent Fattitude du géant dont les épaules soutiennent le monde, suivant la fable. M.
(i) On y distingue particulièremeat ceux
du Coiiimerce , d Espagne et Royal.
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Milliiî, membre de riastxtut en • a iait une description que je relate ict a Le balcon de la mai- » sou commune de Toulon, dk » le savant académicien, est sou- » tenu par deux Caryatides à gaine » sculptées par le Puget, qui ont » été , admirées par le chevalier » Bernin et qui excitent toujours » la curiosité des étrangers. On » a prétendu que le Puget avait » fait les têtes d'après celles de deux y> consuls dont il avait à se plaindre » et on a loué ce trait de malt- » gnité; cependant il n'aurait pas D été excusable. Quand le Puget D aurait eu à se plaindre de deux » consuls, aurait-il du pour cela
» verser le ridicule sur le corps » entier qui employait son talent?
» et les confrères de ces magis- » trats se seraient-ils rendus com-
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>i plices d'un manque de convenance )) et d'égards ? d'ailleurs n'est-ce pas y> rabaisser le talent d'un grand )» artiste que de penser, qu'oc- » cupé de la couiposition de figures qui exprimassent à la fois la force y> èt h. fatigue, il eût abandonné » l'heureux idéal que pouvait lui » inspirer le génie, pour o£irir au » peuple la ridicule caricature de » -deux de ses magistrats*
4c Le caractère de la force est » très-heureusement exprimé dans » ces deux figures; et le célèbre » Milon de Grotone, auquel le Puget » avait préludé par ces deux mor- • :» ceaux , prouve que ce genre de » composition était conforme à sou 9 génie. Un des esclaves soutient » de la main droite sa téte sur Y laquelle pose le balcon et le ■é^ soulève avec la gauche com-
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>^ aie pour le remettre dans la direc*- » tioa qui lui convient: l'autre dont la » téte parait s'aiSausser sous un si lourd » Êirdeau j porte la main droite » et passe, la gauche entre le coussin » et la téte comme pour la sou- » lager im moment La poiiiiae » de ce$ esclaves est gonflée; leurs » nerfs et leurs muscles sont appa^ 3» rents; mais les têtes ont une ï> expression commune , et leur ^ ressemblmce fortuite ou hnagi* » naire avec deux consuls du temps, p aura donné lieu au conte que » je viens de réfuter.
Après avoir admiré les chefsd'œuvre de Paget , mon ami m'expliqua le sens de Tinscription portant : fidélité 1793 (i). Nous payâ-
(i) Voyez le procè§ de l'Ermile en pro- Tiûèé y acquitté p«r le tribuaal de lâ Slâxie.
mes le tribut d'un regard au buste -de Janus^ qui surmonte une pyrafttide de la ioaUine du port ; nous dirigeâmes ensuite nos pas vers la rue de lHôtel-de-ville (i). Tout À- coup le bon Ermite s'écrie : « levez » les yeux 9 contemplez la maison » d'ua grand homine. Cette superbe )) corniche, ces orneraens extérieurs » ne sont rien quand on pense que l'antiquité eût élevé des autels » à celui qui en décora sa de- » meure. Ne devinez-voUs point
(i) C'est dans cette rue qu'habite le principal banquier de Toulon , M. St. Memin CagtiarcL H aenikéîffieileâetroHTer une maison plu&uliie à la généralité des habitans de cette rilU surtout avec un chef aussi obligeant
M. St. -Memiu Cagnard est en relation avec les meilleures maisons de banque dS tout le royaume.
C Note de V Éditeur. J
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( lOO)
» que c'est la maison (2) de Puget »
L'auteur du Médisant , M. Gosse, connu dans le monde littéraire par ses productions critiques , s'en trouve propriétaire.
Au nom de Puget, nous nous découvrîmes spontanément la téte, Xî'est notre manière de rendre hom- «lage à la demeure des grands hommes que le monde regretté, et nous poursuivîmes notre route»
Un bruit confus, des cris tupiultueux de femmes proférant des injures, nous firent bientôt recon* paître la poissonnerie. C'est un vaste hangar soutenu par d'énormes co-
(a) Cest dans la maison de f uget que se trouve le cercle Monarcluque , dont les f>rin* icâpaux membres sont MM. les Députés du département. On Toyait encore nagnères dans * une de ses chambres , une peinture au pia* fond» qui i:«présentait les trois Grâces.
lonnesv et qui ressemble à tous les marchés aux poissous.
Notre itinéraire nous conduisit ^ vers la porte d'un droguiste (ij , pour nous feire remarquer, deus lions sculptés par des élèves de Puget, et dont la pose vraiment classique rappelle les leçons du grand . maître. Ces animaux semblent veiller à la conservation dun ornement placé au-dessus de la cor^ niche.
Nous allions sortir de la pois^ sonnerie lorsque mon ami me dit :
ce Vois-tu ce bijoutier (a) ? Eh bien, » la colonne qui se trouve en face D de son magasin était jadis baignéé 9 par la mer , et la chronique assure , » que Jacques Marin! y noble génois 9 » fuyant sa patjde. pour échappç# ,
' ' ' I lll.l»! I M M^^. III. . ,1
(i) M. Gas.
(a] M. Isnaid.
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( loa )
» aux factions qui la déchiraient » sous les Adornes et les Stagoses,»
j» aborda la même place en i^^Z.
» Il habita long-temps une tour » qui marquait alors le littoral de » la ville ». . '
Pendant la dui^e de cette digression 9 nous arrivâmes à la place à riiuile , sur laquelle nous vîmes exposés toutes sortes de produits ^ hors celai qui lui donne son nom. L'£rmite m y indiqua la fontaine de Provence ; ou y voit une statue de femme placée sur une plinthe , qu'on a retirée de la chartreuse de Montrieux. Cette statue avait jadis embelli lasyle funèbre de M. de Valbelle, sous le nom de.
la fiuaeuse actrice Clairon ; elle est dans une attitude suppliante j et i^emble implorer le ciel en faveur
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( io3)
da noble am^^t. C^$t l'ou-
vrage du sculpteur Fozzati.
Non loin de la place k THuilc on nous mon&ra la tttaii>pn qu avait occupé S/ Cjprieu , pati ou de la ville. La tradition populaire transmise tf âge en âge , assure que le buste du saint, porté processionnellement au jour amaver^aire de S4 féte, rougit encore d'une offense qu'il reçut sur cette place.
Nous traversâmes ensuite la rue des Marchands qui paraît spécialement affectée aux drapiers, èt nous nous trouvâmes vis-à-vis le palais de justice. £n aucun lieu du monde Théwis ne fut plus mal logée ; mais on dit que bientôt elle sera installée dans un monument plus digne d'elle (i).
(i) A l'instant on nous assure que les vœux
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Ce changement de domicile seiu
des habitans de Toulon , comme ceux dé .
Ja. magistrature , vont être remplis.
Le conseil général du département , nous a-t-ou assuré y a voté cette année une somme de 16,000 fr. pour la construction du palais de justice. La ville donnera 20^000 fr* et l'on peut -4?spérer avec confiance que si Toulon n'obtient pas dans quelques années, un monument de plus dans son enceinte , il aura du moins l'avantage de ne plus aggraver la sévérité des lois, par la géne .
et J*insaluhrité dé sa maison de justice. La , ïeconnaissance publique désigne les citoyens respectables de cette cité qui ont contribué i ce grand bienfait par Tinfluence de leur considération personnelle et par la persévérance avec laquelle ils ont poursuivi ce généreux projet. Ce sont MM. Aguillon et Pignol, et M. le Sous-Préfet de cet arrondissema^it, dont le zèle éclairé et la passion du bien public ne. reculent jamais, devant les obstacles.
Puissent ces généreux citoyens réunir i^urs.
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( io5,) .
&vorable aux prisonniers dont le sort 9 comme chacun sait y fut toujours lié à la fortune de la déesse.
Âprès avoir contourné le palais de justice y nous entrâmes dans la rue des Chaudronniers* Le yieil Ermite relève sa cravatte y et quittant son laissez aller habituel y affecte tout-à-coup les airs d'un cidevant jeune homme : « Voilà , me ^ dit-il 9 en montrant im magasin » orné des plus jolis minois^ voilà » le marchand tailleur en posses-
eiforts à ceux de rautorilé municipale, pour
décorer cette cité d'uii autre iiioiiument nou moiiis digne dei regard» de la postérité; nous Youloiii parler d'uiio salle de spectacle si nécessaire dans une yilie de trente mille liabitans, qui a toujours uzie garnison nombreuse. Le seul emplacement convenable pour la coustructioii de la nouvelle balle est sans
«ORtredit à la place d'Armes*.
C JSole do- r Lût t car, J
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( loG)
» skm de la mode et du bon goût » ou ii\*sL pas vé^tu en fashioinjthle ,
81 l'on n'a passé fiar les mains D du chef de cet atelier ».
Nous revînmes par la place S.^ Pierre, au centre de laquelle on voit la feçade de l'église du même nom. £iie n'a rien de remarquaUe; maië de là on aperçoit en per»pective la magnifique entrée de rar:senal de la marine, qui réclame en faveur des voyageurs une mention toute particulièra.
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L'ËRitiTO me proposa une visite à rétablissement de AL Bellue (i).
Cet établissement 9 coiuiu maintepliant sous le nom de galerie uniyerselle, portait en i8j8 celui de cercle de la minerve française , titre dont le propriétaire s'est désisté. Une bibliothèque choisie et
(i) ÂTant rétablissement Bellue, Toulon n'avait point l'avantage de posséder de ca* binet littéraire ni de librairie considérable, que demandent le» besoins des habilans.
Cette eanse provient sans doute de son cloignement ^ centre de la civilisation, Toilà je crois le Véritable motif qui a con^tajn-
nuent Axûàsà dans cette ville rétablissement^.;
Digilizea by LiOOgle
. ( io8 )
composée de 60,000 voluroes, m cabinet de lecture où se remon-^ trent toutes les nouveautés littéraires et scientifiques , recommandent cet établissement à tous les amis, des progrès de l'esprit bumaim Nous y admirâmes en amateurs l'excellent choix des ouvrages, la teijue, Tordre de cette vaste bibliothèque , et surtout le silence et le recueil-^ lement des nombreux lecteurs qui sy trouvaient assemblés et qu'on
des choses utiles j pour ne citer qu'un exemple sur beaucoup d'autres qu'on ^poux:- Fait invoquer à l'appui de cette assertion , je dirai que l'établissement d'une imprimerie ne date dans cette ville que de l auuée i']oli^ tandis que d'autres villes- de la Pirovience en posséilaient déjà de])uLs long- temps j il y en
avait àw Marseille dès. i'amiée i594» et à Aix
eif 1,574, et à Arles en i547-
C Note de PÉdÙmiti >
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■'f rencotitre assurément ' à toute heure du jour, car, d'après ce que me dit le bon Ermite , nul étran-* ger ne vient à Toulon sans visiter eet établissement dont on trouverait difficilement le semblable au
sein des ]>rinc] pales villes de la ^ province.
La bibliothèque de M. Bellue est d'ailleurs située dans une position heureuse , faisant face à une place magnifique , fréquentée pai^ les personnes du meilleur ton-
Où sommes-nous bon Ermite ?
— Charap-de-Ba taille., — Quoi c'est ici l'arène arrosée de tant de sang par la hache des bourreaux de 1793! — La même. — Combien Êiudra-t-il de générations pour en ef&oer ^horrible souvenir ? — Quittons ces souvenirs affligeants pour riiumanité. Le génie du mal dévastait la Francë ; nos parens , nos amis
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( JIO )
en furent les victimes; daploroA»
leur sort et plougeous daxi^ Toubli le^ drame affreux qui épouvanta leurs regards. Suivons le système d'Azais. — C'est aussi le mien* — Je serais tiop douloureust^inent affecté si je ne voyais^ à côté des scènes terribles de cette époque, des compensations pour soulager nK>n ame»
Les institutions quinons régissent, les mille et un abus qui ont disparu, sont de ce nombre. Connais-tu la descriptioii du Champ-de-Bataille donnée par le spiiituel auteur de la .promenade autour du mqiide, M. Arago ; la voici :
<c peu de places en France peu- « vent rivaliser avec celle du Cliamp- ^ de-Balaiiie à Toulon ; quoique « peu vaste plusieurs bataillons y <c manœuvrât eiicore avec facilité.
' Des nombreux calés , les allées
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. « d'ormes et à& platanes d'ui>e Uaa^ « teur prodigieuse dont elle est ce entourée , rembellissent Les jeu*
nés gens donnimt à ces allées a diiïérens uqw&. Daus l'allée des- « amans, qui est vers la porte de ir France et en iace de l'Hôtel de « rÂmiralj, ou ne trouve guères
que de jeunes Céladons soupi-* « rant de langoureuses romances, « et de timides, bien timides filic lettes , qui savent persuader à « iet^irs mamans que Tair y est a plus frais, le feuillage plus riant «e L'allée des politiques est la plus k fréquentée : on y est coudoyé à « chaque pas; je m'y rendais sou- .
« vent pour y lire la gazette sur « kl figure de quelques individus « dont Topinion m'était connue. La
troisième allée s'appelle i allée des a veuves : on y pousse plus d inu-
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a tiies soupirs, quon n'y verse de « larmes. La quatrième à coté de « Farsenal est l'allée des soupirs :
« elle «st fort mal nomniée , car la
sagesse en est bannie. »
J'interrompis le bon Ermite au milieu de la rue S.^ Roch qu'il propose d^appcler rue du Silence. Ce quartier forme un contraste avec les nombreuses rues des autres quartiers que Ton ne peut parcourir sans être heurté à chaque pas ou étourdi par les bruyantes exclamations du langage provençal. Ici et particulièrement aux environs du ChampHle-Batallje résident les étran* gers et Ja majeure partie des personnes formant les sommités de la société. Aussi les loyers y sont à.
un prix trè^éle^é; c^est sana dou* te parce qu'on y est garaobti de l'asphixie dont on* e^t .menacé dans toutes les parties du quartier vieu».
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Au bout de la rue S.^ Koch, nous observâmes la porte de France dont une fontaine décore la place. La fontaine, est surmontée de sculptu* res ; mais il faut savoir qu on a voulu représenter un Bacchus soutenu par deux eiifans , pour en sai* . sir raliégoiie.
L'aspect d'un vaste et superbg édifice attira bientôt notie attention • et nous y dtriegeàmes nos pas.
C'est une belle caserne construite d'après les règles de la plus savaute architecture et celles de Tbygiène militaire; dire ici que oe monument remarquable a été .construit par MM. Biguet et Lambert , c'est en dire assez pour qu'il doive porter avec lui le cachet de l'élégance et^de la solidité.
Je me permis une. observation sur la position de ce monument ; c'est que Fétendue de Toulon res-
serrée pai' des remparts trop rapprochés, force raiitorité à abseoir les fondemens de plusieurs édifices remarquables dans des recoins igno* rés dont il faut vraiment faire la découverte pour les admirer. En effet la rue de la Comédie ^ où nous étions alors , est une. étroite ruelie qui longe le rempart et où se trouvent successivement une belle caserne , l'hôpital miUtaire , le théâtre 9 et l'une des fisiçades du grand hôpital de la marine* Cette rue, me dit l'Ermite , était autrefois une rue marchande de Toulon; main-
tenant déchue de ce titre ^ la majeure partie des maisons qui la forment > sont habitée^ par des ragos qui tiennent moins à .Topi* nion qu'à la. faveur publique.
Le grand hôpital de la mari^ ne , dont la principalt^ façade dou*
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Be 8ur la rue Royale , s'annonce * par. un luxe de prc^reté , une sorte de magnificence qui fait oublier un moment que la douleur veille sans doute au milieu des salles spacieuses de cette superbe enceinte. *
Après avoir dépassé la croix de missimi plantée en fàce des bureaux du chef dadministration de la ma-*^ rifie j j'aperçus à rextrémité d'une radie une colonnade d^un effet agréable. C'était la &çade de l'é* glise S/ - Louis. Cette église est adossée à une caserne , retraite bruyante qui doit , je pense , troubler quelquefois le service divin.
L'Ermite me fit observer à , ce sujet que l'église , la caserne et la belle rangée de maison* qn^on voit de la place du champ-debataille j sont bâties sur les débris
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d'un ancien couvent de capucÎM.
En remontant la rue Royale , nous longeâmes la caserne de la marine adjacente à la rue de Thopital que les babitans désireraient voir un peu plus propre. Un cbercheur - de chroniques place dans cette rue la maison de la Cadière « aiiquel une cause mémorable a valu une horrible célébrité (i).
Il m'assura tenir de son père que long-temps après la condamnation du père Girard , cette rue était en-
^ (i) Les hoiribles détails de cette affaire ■ que , par pudeur , nous ne plaçons pas dans
notre livre quoique la scène se soit passée à Toulon, se tronyent dans le résumé de i histoire des Jésuites par Liskéine Fam^ €bes Briançon , i vol. 6 fr.
C Note de l'Éditeur^ J
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core nommée par le peuple , rue de la Cadière.
Après quelques minutes de marclie , nous regagnâmes l'hôtel de la gracieuse madame Berthier. Sa fi- ^re prit un caractère physiogno monique particulier ^ lorsque r£rmite lui dit qu il m'entraînait pour me £siire savourer les ragoûts per* fectionnés de la cuisine provençale.
La ville de Toulon compte un grând nombre d'établissemens de bien&isa»ce dont quelques-uns sont sigualés aux voyageurs par la simple aiention qu oii peut en faire, lyaulres au cmitraire exigent une rerue particulière , parce qu'ils exâl^t rintérét des philantropes ou piquent la. cui iosité.
Les asyles ouverts à la douleur , à la misère , à l'abandon , se rangent en première ligne ; parmi ceux-ci , le grand hopitjil de la marine est celui qui ports remj^reinte du génie qui « restauré dans notre siècle les monumeus vieillis du port de Toulon»
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Dans les premiers temps de notre marine , les hommes employés sur les galères 9 contre lesquels des maladies sévissaient , étaient transportés dans le bagne primitif. C'est là que les galériens et lés marins confonduSt recevaient les secours de la médecine. £n cas de maladies contagieuses et d'épidémies y on recourait à des maisons particulières de la ville ou bien on entassait les malades soit dans Thospice de S/ Maudrier ^ soit dans quelques dépendances du couvent * .des Minimes ; l'Hàtel-Dieu de la ville servit même de succursale.
M. de JVIalouet , dont les vues administratives tendirent toujours à de hautes conséquences , réclama^ auprès du gouvernement f l'occupation de l'ancien couvent des Jésuites y afin que les matelots du Roi
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;y iusseiit traités avec les égards dus à leur caractère et à leurs services.
La propositioa fut adoptée et le 5 octobre 1786 les marins malades y ;fureat installés 'sous la surveiU lance de M. d'Anglemont , commissaire ^et directeur du grand hô»
pitaL
L'hôpital de la marine réunit des établissements dont la revue mérite une mention spéciale;* Nous plaçons ei^ première ligne Técole de médecine navale dont les cours bont ouverts annuellement dans reHaceinte consacrée dite VampH^ théâtre , non Jioin de là se trouve le musée des pièces pathologiques qui y malgré ses faibles titres à l'admi** ration du vulgaire 9 n'est pas mbins une collection précieuse aux yeux ^e celui qui voit dans l'édifice hu-
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msàn et dans ses anomalies un vaste Mijèt de méditations.
La pharaiacie centrale reconstruite et réinstallée naguère sur le plan du chef de cette partie du service , respire iin luxe et une harmonie d'arrangement qui rivalise avec tous les étabiissemeus de ce genre.
En sortamt de la pharmacie , le voyageur est conduit^ s'il le désire, à l'observatoire de la marine f là promenant ses reg^irds sur la ville et son territoire , il embrasse Fens«nble d'un magnifique panorama , qui le dédommage ^e l'effort ymi* meut pénible quil a du suppor* ter pour arriver au sommet de l'édifice.
On termine la revue de l'hô* pital maritime par celle du musée 4'histoire naturelle. Ce musée oc-
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cupe aujourd'hui le local jadU affecté aux bureaux de l'adraînistration ; il fut conçu par le médecin en chef et exécuté sur le plan qu'il eu donna. Le premier il enriclxit cet établissement d'une multitude d'objets d'histoire naturelle qu'il avait recueillie A sou exemple les médecins navigants y déposèrent le tribut de leurs recherches, et de- . puis il l'augmente chaque jour par les mêmes moyens* C'est déjà un noyau considéiciLIe des productions choisies des trois règnes.
Tout y est classé avec ordre et méthode. Une intelligence sévère a présidé au choix des échantillons des corps inorganiques ; ^ la collection d'oiseaux exotiques est riche et bien entretenue ; celle quadrupèdes est peu nombreuse, .mais bien choisie ; et pas un ama-
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tîeur ne manque de s'an cler longtemps * en présence des armes et des objets 'de l'industrie des sau* vages , visités par les corvettes des dernières expéditions au tour du monde.
* La bibliothèque des médecins de la marine est attenante au musée , ainsi que l'arsenal de chirurgie- On peut examiner dans ce dernier les nombreux instrumens nécessités par ùos souffrances physiques.
La bibliothèque est alimentée par la rétribution que chaque élève dépose en entraat. Elle se fournit directement à Paris , où tout semble se centraliserv *
On compte divers autres ^tablissemensphilanthropiques, tels que deux hôpitaux civils , un hôpital militaire , un mont-de-piété , une * crûsse d'épargnes que M. le V.*^
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d% Oharrier-Moissard , Maire de la ville , encourage de tous ses ef&>rte.
Ce digne magistrat gagne beaucoup à être connu de près , oi| peut dire de lui qu'il sait ac* corder une égale protection au pauvre comme au riche ; et depuis son administration , Fintérieup de la ville a reçu divers embetlissemeiis»
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