‹ L' ermite toulonnaisChapitre 9 sur 31 · r amenait · texte numérisé non relu

r amenait

jérriyée à Hières , Histoire , Jàrdinr de M. Fille y Hôtel dei Ambussa^ deurs y Éloge de MassiUon y Sa^ lins , Épisode des quatre saisons en Province par M. Demore y Metour y La Valette , Toulon..

Ijb lendèmain dë notre promenadè à Faron , nous allons visiter les*

jardins si renommés dilieres.

Cette ville est comme un lieu de pélérinage pouf quiconque est venu respirer l'air de la Provence.' JNous sortons par la porte dltalie et laissons à notre gauche le Cliamp-Kie-Mars ) sé]>aré da ctine-*-

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tière par la grande route. Une pièce de cent sous nous assure pour la journée une voiture ; on part; la route est belle, fréquentée , embellie de bastides pittoresquement situées. Parmi les nombreux équipages, qui souvent empêchent de circuler , nous distinguons celui de M. G. Stulz , anglais renommé dans le territoire par , son esprit et ses dépenses somptueuses.

Nous voyons sur notre route les toits des villages de la Garde , de Solliès ; bientôt on touche à la pièce de toile , partie du chemin ainsi nommée à cause de sa rectitude et de sa blancheur , bordée de ruisseaux et de bastides qui animent et changent rapidement la scène.

Des nappes d'eau diVergeastes ,

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des orangers ^ des cédrats , quelques touiies de palmiers éparses ^ anuoaceiit évidemmeut que nous touchons au terme de notre voyage.

La ville d'Hières est bâtie * en grande partie sur le penchant d'une montagne , dessinée en ampiutUéàtre. Honoré Bouche pense comme Strabon , Mêla et Ptolémée sur l'antiquité de cette ville. Ces géographes disent qu'elle n'est autre que Fancienne Olbie qui , perdant son nom grec d'heureuse et de riche ^ en trouva un équivalent dans celui d'Hieros (i) , qui veut dire sa-

(i) M. Danvillc nous dit dans sa géographie andeime, que la vitie d'Uièsies porte le nom d'un lieu situé sur le continent.

Diapré» nn ancien manuscrit , > Olbia appelée Hières anjonrd'hiii , est le nom du père

de Galatus qui fit icédiiier la vilio tu ia4^ '

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cré. Papon présume qu'Hières ne^ • date pas au-delà du 6;^ on 7.^ siècle , et dit qu elle fut bâtie quand* rOlbia des marseillais située du coté de TEoube , eut été détruite par des pirat^^s sarrazins*

Ibis abandonnons cette discus-siou aux érudits ^ pour nous occuper de la ville d'aujourd'hui. L'intérieur de cette ville n'a rien de séduisant ; les maisons en sont lourdes j les rues • sales , étroites et mal pavées. L'ancienne ville n'est pres-^ que plus Habitée ; mais comme/ selon M. Azaîs , il- faut une compensation 9 les habitans actuels , moina indifféreas sur leurs plus cbers intérêts , bâtissent de nouv-

el Tap^eU d«u Boia de son père.

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i^dles maisons d'un goût ma On y remarque déjà des hôtels et

des maisons de toute beauté. L'hô-

in

Kx Suzanne, est vaste, aéré et offre toutes les commodités désirables ; aussi est-il fiéquenté par les voyageurs les plus remarquables.

Des hommes industriels manquent au» pays , il en faudrait avec des moyens pour pouvoir bâtir et créer des établissemens. La po« pulation^ est de ô^Soo habitans , intrà muros. Cette ville u a véritablement d'importance que par la douceur de son climat et les nom-^ breu& orangers plantés, en pleine terre.

On remarqne principalement les deux jardins de MM. Fille eti ^eauregard.. Le premier rapportait

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à son propriétaire plus de 4o,ooo L de rentes avant Tfadver de i8aa

On croit que la culture de Toran* ger date ici de taups immémo'»

rial r car Gaufrédy , dans son histoire de >l*ancienne Provence , dit que Charles IX ût un voyage k Hières , afin d y admirer l enorimté de divers orangers- « Charles et » les gens de sa cour au nom- D bre de huit , ajoute l'écrivain ^ » voulant connaître la circonférence » du plus gros y eurent beaucoup » de peine à l'embrasser ensemble ».

Cela suppose un diamètre de douze à quinze pieds. Je ne crois point à pette énorme grosseur , l'historien a probablement voulu parler de la circonférence du feuillage.

11 assure qu'un oranger produisait alors jusqua dix mille fruits»

dont plusieurs étaient du poids de

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trente onces , et il prétend qu'on cultivait à cette époque à Hières^ la canne à sucre et le poivrier que Frédéric II y ût porter en i23o. Ce prince joignait la souveraineté dHières à celle du royaume de Palerme. Uières est cé«^ * lèbre pour avoir donné le jour k Massillon, $i fameux par son petit Carême ^ ses vertus et cette apostrophe du grand roi : a mon père , i> j'ai entendu plusieurs grands otor » teurs dans ma chapelle j j'en ai x> été fort content : pour vous , j> toutes les fois que je vous en- » tends 9 je suis très-mécontent de B moi-même. »

Et Massillon ^ Thonneur de sa patrie ^ n^a pour souvenir qu'une petite inscription j placée par • une m^in étrangère au coin d'une chambre de la bicoque où il naquiu

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Les Hièrois n'ont pas sù mémer.

.s'associer à la France, pour élever un monument au pieux abbé qui donna des remords à ce monar-^ que qui disait : l'état c'est moi ! (i) L'air d'Hières est très-pur et très^ salubre surtout depuis que deux Italiens ont, à force d'instances, obtenu Fautorlsation dé dessécher à leurs frais , les mardis qui avoisinaient cette ville , et y répandaient annuellement des fièvres meurtrières; la rivière de Gapeau

(i) Si ks liièroîs- clivaient un raonument à la mémoire du grand Massillôn , î)s y gagueraieiil sous plusieurs rapports , ^ beaucoup 4'étrangers, y seraient attirés* gour voir Timage de cet orateur célèbr»^

/ JYote de V Éditeur. )

y porte une eau limpide qui bientôt se jette dans la mer , et semble don lier au vallon la douce température d'un printemps continueL

C'est particuiièiement dans le beau jardin de M. f ille (i) que

(i) Ce jardin est parfaitement bien enirelenu, les amateurs de botanique n'apprendront pas sans intérêt que la direction en est conlice à M. Victor Rantonnet , teulfivateur botaniste. On trouve clie:6 lui un assortiment complet de graines tant indigènes des iles d'Hières qu*exoliques ^ otique-, fcées d'après les véritables noms botaniques. Il vend aussi toutes sortes de plantes de serres chaudes et tempérées, orangers en pleines terres , plantes vi\iices pour ornement de jardins ^ arbrisseaux , arbustes ; le même s'offre de faire connaître aux amaleurs toutes les plantes indigènes des environs d'Hières ; il fait beaucoup d'envois

France et à Tétrangcn

Yon se croît transporté chez les fe* buleuses Hespérides. Ce digne agronome qui venait de descendre dans la 'tombe , laissant après lui de nombreux regrets , soignait luimême les fleurs dans Tadmirable parterre qui borde le manoir élégant mais simple, où s'écoula sa vie.

£nivré des parfums de ce jardin où mille fleurs se disputent le soin d'embaumer Tair , on passe dans les bosquets d'orangers Le doux chant des oiseaux , mélodieux habitans de ce bocage , la suavité des odeurs répandues dans l'atmosphère , le charme d'une verdure attrayante, relevée par la blancheur éblouissante des fleurs , et le brillant éclat des fruits dorés , tout enchaîne la pensée et jette dans une aimable rêverie. J'oubliais le

terrestre séjour et ^^le croyais toulà*coup transporté dans l'Elysée , lorsque je lus ces vers sur-tte t**onc d'un antique oranger* ^ '

t> Oranger y dont la voûte épaisse » Servit à cacher nos amours ,

Reçois et conserve toujoais î» Ces vers enfans de ma tendi'essc, » £t dis à ceux qu'un doux loisir » Amènera sous ton ombrage , )> Que si Ton mourait de plaisir , M Je serais mort sous ton feuillaire.

Rappelé à mes idées , je parcourus le bosquet avec plus de stoïcisme , je reconnus que trente mille arbres ornés de tout l'appareil d'une végétation continuelle et d'innombrables oiseaux qui semblent

adresser une hymne à la nature-, peupie^nt cet heureux et •charuiau4:

séjour. Xi' eau .y tombe eu cascade de la montagne et se distribue par de petits canaux en formant par son murmure , un doux con-* cert avec les hotes ailés qui jouent sous le feuillage.

Le faubourg d'Hières est le quartier le plus propre , et celui que préfèrent les étraogers. La plupart des maisons nouvelles y commandent la perspective de la vallée et de la mer.

Avant de saluer les hespérides de la France , je veux , me dit le bon Ermite , vous proposer une promenade jusqu'aux Salins, situés sur le littoral à un quart d'heure de la ville.

• On y arrive par un chemin bien entre Lcnu et agréable , à travers

Mut plaine qu'embellit une verdo* yante prairie, arrosée par la rivière de Gapeau.

Le sel qu'on y récolte s'obtient au moyen de Teau de la mer, qu'on introduit successivement dans . une infinité de bassins , et qu'on .expose par ce moyen à l'évapbration. Lorsqu'après un certain temps l'action du soleil et du vent a fait évaporer toutes les parties aqueuses y les parties salines se cristallisent dans de plus petits bassins.

La levée du sel fournit un spec* tacle intéressant et curieux ; 5 à 600 ' ouvriers , hommes et femmes , sont occupés à entasser des morçeaux de sel blanc comme de la neige , à. le transporter et en former de .

Iirands tas , qui servent de magasinaf. On se croirait ^u milieu des

montagnes couvertes de neige , si l^ardeur du soleil méridional ne venait vous désiller les yem. Ces aUds approvisionnent toutes les années un grand nombre de navires du nord, qui y sont attirés par la beauté de sa rade , la séeurité du mouillage et la qualité du sel qui est généralement esti^ mé et reconnu le meilleur.

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