‹ L' ermite toulonnaisChapitre 10 sur 31 · LES · texte numérisé non relu

LES

Hpisode extrait des quatre saisons en Provence , ( thant de L'automne J., j)ar M. Demore , principal du collège de Toulon , des aca^ démies de Lyon et de Marseille.

Mais Fautomne expire en nos champs , £t de sà «ourômze effeuiUëe ^ La dernière fleur envolée Tutt sur l'aile d» ^noirs autans.

L'iiiver , tyran sombre et farouche , Heprend sim pouvoir odîeox , Le souffle glacé de sa bouche Exhale la mort en tous lieux:

L'œil Tainement dans la nature Cherchant un reste de Verduire JN'y Toit que tristesse et qu horreur.

Les vents entre eux se font la guerré Xcs eaux da ' ciel avec fureur Tombent et submergent la teixe ^ La grêle ay<ec broit bat ses flancs ; Du soleil les feux languissans Lui lancent des clartés funèbres; Et sous les épaisses ténèbres La nuit la retient plus long-temps. * O vous dont V&me simple et pure Avec transport chérit les champs , Qui de l'automne et du printemps Regrettez Faimable parure , De ma muse suivez les pas ; Venez , amis de la nature , Revoir au milieu des^ frimats , Le5 fleurs, les fruits et la verdure.

C'est non loin de ces tristes lieux , J)an5 les riante jardins d'Oibie , * Que ce prodigè attend vos yeux.

Là par la main de la féerie Un mont élevé jusqu'aux cieux , Contre l'aquilon en furie Protège un sol aimé des Dieux ^ De Flore éiemeUe patrie.

Là y quard des nœuds bi^afiusans , La mère de Tabondance,.

De f Angleterre et de la FrAoee TJnit les bellîquéux enfàns; Loin des brouillards de la Tamise^ De. son ciel froid et nëbaleux.

Le lord pesant et vaporeuse Accourt jouir avec surprise D'un soleil toujours radieux j De jours et de nuits sans froidure , Des ruisseaux en toutes saisons Roulant une onde libre et pure, £t de ehamps qu'au lieu de glaeons Couvre une immortelle verdure.

Là sous des berceaux enebanteurs f Où se mêlent de la cassie , Du jasmin, don de Tlbérie, • Les parfums , les riciies couleurs ; A sa noire mélaneolie Succède (effet prompt et puissant D'un air pur» cPun dimat riant) • * Une agréable rêverie, Vers ces bosquets tournons nos pas £t qu'avec lui notre œil admire, Près de Torangè et du poncire L*or des citrons et des cédrats , Qu^ sur les branches affaissées Brillant dans un ordre confus f

Offi«nt à nos mains empressçès^ Leurs, divers trésors, confondus f Lorsqu'ailleurs la triste Cybèje Le front pile , rœil abaltii , Découvre un seia stérile et iiu.*~ Ici d'une moîason iioaTelle

L'heureux liabiUnt s'çnricbit.

Pomone en . ses jardins Tappelle.j^' n vole , une troupe le^ suit ; De cris joyeux Tair retentit.

L'oranger trésor de ses rives , De loutei part est entouré } De toute part des jnaio^ acides Lui dérobent son £ruit doré.

Sous le poids les panies^ gémissent A peine en un vaste dépôt Les a-t-on vidés » ^'aii6$U6t~.

De nouveaux globes les, reiPBlissjgaçit^ BientÀt,. raulésr cl^aquv>à. fputl^ .

Dans une enveloppe. Még^Çi, , On les enlass^., çfL A^.vesmr^ , Entre quatre, ais joipjts ^vec? art.

Alors loin de rheurepsev O^iiet^ .

Squs le ciel - bruxneux^de , Paris Cité dès long-^tems enrichie Des dou3 du &ol, de riiwlu^triej

De»^ talons de tous 1^ pay» ^ Ub lourd et pesant attelage Porte aux modernes LucuUus , Ces panunes d*or , riants tribus IFun plus beau i d'un plus doux

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A mon retour , je m'arrêtai au Tillage de la Valette , à une lieue de Toulon. Ce village est fameux daa5 la gastronomie proven^e par le parfum de ses fraises. On nous y montra le noyer merveilleux qui ^ dit-on , demeure sans végétation jus^ qu'à la veille de la S.^ Jean, et le jour de la fête se trouve paré de la plus riche verdure. Je laisse .de coté les coates dont cet arbre est le sujet , pour terminer ma description de la Valette par celle qu'en donne M. de Jouy dans son Ermite en Province.

« Le village de la Valette est assez bien bâti , dit le spirituel auteur ; on l'appelle la guinguette de Toulon j guinguette d'ailleurs assez, sale^ ce qui n'empêche pas la foule d'y accourir et d'y danser au son du fifre et du tambourin , avec une

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gfiuté communicative qui invite léft ; spectateurs à devenir acteurs dans ces foltaires farandoles. Le costume des paysannes présente dans :

son uniformité quelque chose de ' charmant . et de leste qui n'est pas • sans attrait ; un chapeau de paille noire ^ bordé d'un ruban de même couleur , posé de coté .sur une coiffe attachée sous le menton ; im canezou de là couleur de la robe, dégageant, bien la taiUe; des manches retroussées et recQU- * vertes par celles de la, chemise , ' garnies de .œousseliAe ; .pn^ lu^l^u placé tout e3q)rès pauPhOmc^ <t non pour ^cacher un^ gorgçi Qrcjir: i nairement fort belle; des y eux jîioir^ . . ; et vifs, et des mines fripûnQes.} .

telles sont lés; pay^annesi des eu- i \irons de Toulon. El^es abpnd^^it k la Valette j et cela explique la

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ppédilectîon.des Toulonn«is pour ce vUk^. Noos y sommes restés long-^ temps en revenant nous- avons trouvé lai route couverte de ci* tadiffis qui regagnaient 1»; vUIe tfvec lems fgnailies. C'est un* ^ertàcla vraiment « antique et patriarcbài que celui de tous ces' pères de famille qui , )oyea%* et chantânt^ revteanent tramatrt^ lè^irs eiffam aceroohés> aos basques- de leur^ h£d>its ^' tandis que la servante en tient d^utres par la main , et la fenrme montée sur un àn0 , porte les'pkiis petitè dans ses* bras et scmvetot p€«dufi^/à':S<m sein. Ils opt man^é là^^ salade^ et les oignons ; maïs te'^ frligàl répas a été fait .

à W Bijui^e y eit plein air , loin des remparts, daâs ' k liberté et Tindé^ pandance des cbampi, et la famille

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rentre contente en songeant au plaisir du lendemain. »

« L'homme n'est point né pour Tesclavage , il se passionne pour la liberté , et même pour tout ce qui ressemble à la liberté. Ce senti* ment , ce besoin de sortir de prison peut seul expliquer le goût ïoulonnais pour la promenade appelée la lice 9 où ils viennent le soir respirer moins l'air que la poussière. Cette promenade est un ^ terrain nu , battu par les promeneurs et qui n'a d'autre agrément que d'être entre le^ remparts et la campagne de Toulon , assez mal parée par la seule verdure des oliviers. Hou§ »5Sîîne5 ïèntres a notre auberge , fort las , mais comme les familles Toulon naises 9 fort eontens de notre journée. »

Gomme nous l'avons déjà dit 9

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H. de Jouy qui charme toujours pat la descriptiou de ce qu'il voit, n'est pas toujours ûdèle lorsqu'il écrit dans sou cabinet. Le portrait qu'il a £ait des jeunes Vallettingues est tout-à-iait cou trouvé y on pourrait lui opposer presque tout le contraire de ce qu'il dit sur ces joyeuses provençales et FoQ aurait offert un tableau iden-' tique avec le modèle.

Nous revînmes trouver notre bonne dame Berthier, en attendant que le retour du jour nous permit de faire notre dernière promenade à l'arsenal.

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