‹ L'Éruption Papulopustuleuse Miliaire Récidivante De La FaceChapitre 17 sur 23 · AE · texte numérisé non relu

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mal. Quand chez ces sujets prédisposés survient un grand choc moral, qui a sa raison d'être, l'effet est désastreux et c'est à de grandes émotions que nous devons rapporter très souvent les causes d’éruplion papulopustuleuses très tenaces el presque incurables.

Les lésions présentent des alternatives d’exagéralion ou de regression, suivant les périodes de troubles ou de calme moral observées chez nos malades.

Cette activité cérébrale anormale, due à des excitaüons psychiques trop vives, provoque dans toute Ja tête une accentualion permanente de la congestion.

L'organe « cérébro-facial » en hvperfonction se livre à un vérilable travail d'épuisement vasculaire dans toute l'économie. Il pompe vers lui tout le sang laissé disponible dans la circulation générale, par les organes qui manquent d’excitation physiologique suffisante pour attirer à eux la congeslion ulile et nécessaire à leur fonc- Hionnement normal. Bien plus, les mêmes organes sont le siège d'excitalions de nature particulières, qui accroissent encore la précipitation du courant sanguin vers la région cérébro faciale, vaste réservoir aux écluses toujours ouvertes ; ces dernières excitalions constitueront les excitations « cérébrofaciales » extrinsèques.

Etudions ces phénomènes dans les appareils ou organes en parliculier qui se trouvent en élat d'hypofonctionnement.

Troubles musculaires. — Il sont dus au manque d'exercice. Les sujets porteurs d'acné miliaire mènent

une existence très sédentaire, cela par habitude ou à

San jus

‘cause de leur profession qui les oblige à rester assis dans une chambre loute une journée. Nos malades semblent d’ailleurs avoir une répulsion innée pour tout exercice. Celles qui pourraient sortir, s'adonner au -sport de Ta marche admirable dans un air pur, préférent rester chez elles penchées sur d'interminables travaux -d'aiguilles.

Ce manque d'activité musculaire provoque dans l'organe, un défaut d'irrigation manifeste qui cause un refroidissement général des régions périphériques du corps.

Le sang musculaire disponible, contribuera pour sa part à augmenter la congestion de la face où il sera toujours certain de recevoir l'accueil le plus empressé.

Troubles digestifs. — L'hygiène digestive de notre malade est aussi mauvaise que son hygiène musculaire.

Les troubles digestifs sont dus à des excitations anormales à la surface des muqueuses buccales, æsopha- &iennes, gastriques intestinales. Tous les sujets porteurs d'acné miliaire n'ont aucune idée des conditions absolument nécessaires à l’accomplissement d'un bon repas, nous prenons bon dans le sens de profitable.

Manger est pour eux une corvée d'autant moins ennuveuse qu'elle sera expédiée le plus vite possible. De là Jes mastications hâlives, incomplètes, très souvent causées d'ailleurs par une insuffisance dentaire notable.

Les aliments à peine broyés, et incomplètement insalivés sont déglutés voracement.

Rien n’est plus vrai que ce principe : Prima digestio

in ore et la plupart des dyspepsiés proviennent à notre

avis d'une mauvaise digestion buccale. Un aliment mal mastiqué est un mauvais existant de la sécrélion salivaire, La prémière des sécrélions digestives, consti- {uant Ja base excitante physiologique des sécrétions gastriques et inteslinales.

Ces glandes salivaires insuffisamment excitées seront le siège de phénomènes vasomateurs trop faibles et pourtant, ce sont d'excellentes glandes, vastes, riches en vaisseaux, véritables organes de dérivation, des circulations cérébrales et faciales, dont elles pourraient emmagasiner la pléthore ! Mais nos malades (n'est-ce point un peu la faute du médecin) ne savent pas qu'elles ont ces greniers bienfaisants, sous le menton et à la partie latérale des joues, véritables réservoirs contre les débordements de l’inondation sanguine du visage ! Elles préfèrent lire en mangeant, se déranger de table à chaque instant (ceci hélas malgré elles quelquefois) ruminer leurs ennuis entre deux bouchées, faire valoir les qualités de leur art oratoire, forcer en un mot à plaisir leur vasomoteurs cérébraux et de la face, plutôt, qu'ouvrir toute grandes leur écluses salivaires par une maslication lente et raisonnée, manière d'agir qui constituerait la meilleure saignée physiologique pour leurs faces cramoisies.

Cetle salive secrétée, sous l'influence de ces excitalions mauvaises, sera non seulement insuffisante en quantilé, mais encore en qualité : liquide clair, presque aqueux, sans énergie physiologique, elle ne pourra

accomplir son rôle digestif vis-à-vis des aliments aux-

ol

quels elle devrait faire subir des modifications chimiques et physiques suffisantes.

Cette salive ne contiendra pas non plus les principes qui lui donnent un pouvoir anlitoxique de premier ordre, que généralement on a le tort de ne pas mettre assez en relief et même quelquefois de nier. Ce pouvoir est à notre avis capital, aussi important même que les fonctions salivaires digestives. Ainsi, dans les annexes glandulaires de la bouche, cet antichambre du tube digeslif, nous avons sans nous en douter, des réserves inépuisables d’antisepliques physiologiques extrêmement puissants à notre entière disposition ! Nous négligeons de nous en servir! Nous ignorons même leur existence !

Nous sommes les premiers coupables, nous autres médecins, N'est-ce point nous qui conseillons à nos malades, le salol, les belol, les naphtol en série de lettres grecques, et véritables armes à doubles tranchants, au lieu de prescrire le seul désinfectant naturel qui assainirait les muqueuses sans jeter le désordre dans les actes physiologiques dont elles sont le siège.

Celle aclion antiseptique de Ja salive n’est point seulement buccale, elle s'étend au tube digestif tout entier, el à l'organisme général.

tevenons au cas particulier de l’acné miliaire. La La salive est incapable de neutraliser chez nos malades, les poisons de la flore bactérienne et de la faune microbienne, provenant des caries dentaires où importés par

les aliments dans le milieu buccal. Il y aura constiltu-

lion d'un bol alimentaire seplique, incomplètement divisé mécaniquement, mal attaqué chimiquement, qui est ainsi dégluli dans l'estomac. Cet organe, d'après Pawlow doit se mettre en frais pour l'aliment avant son arrivée. I a dû recevoir de la muqueuse buccale un avis d'expédition qui doit provoquer déjà dans toutes les glandes à acide ou à pepsine une sécrétion abondante de suc gastrique. Or, chez nos malades, les réflexes, émoussés par la masticalion défectueuse, n'ont point la force de se transmettre de la bouche à l’estomac pour le prévenir. Le bol alimentaire arrive à l'improviste, en étranger, dans la poche stomacale qui n'a rien préparé pour le recevoir.

Cet aliment mal insalivé, mal brové, farci de poisons buccaux, reçu en intrus, est loin d’être l'excitant physiologique de choix, pour la muqueuse gastrique, qui préférerait une bonne bouillie d'aliments, imprégnés de salive bien alcaline et bien bactéricide ;: aussi le suc gastrique sera-t-il pauvre en acide chlohydrique et en pepsine.

L'afflux sanguin dans l’estomac est insignifiant ; ainsi le sang qui doit servir à la digestion stomacal a toute liberté d'aller visiter les méandres hospitaliers de la circulation faciale dont l'intensité est encore accrue par des excilalions réflexes directes parties de la muqueuse gastrique.

Nous nous séparons en partie des théories que Jacquel a émises à ce sujel. Pour cet auteur les excita-

lions réflexes proviennent d’une irritation surtout mé-

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