‹ L'éruption Précoce Des Dents De Lait: Essai De PathogénieChapitre 23 sur 33 · OBSERVATION XXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXV

Ballantyne. In thèse Debègue

Enfant mâle, venu à terme le 18 décembre 1893. On constate la présence de deux incisives centrales inférieures qui sont recouvertes de muqueuse et dont la longueur est de 2 mm. La mu- Queuse qui les recouvre est rouge et enflée. L’éclosion se fait au bout de 5 jours. Elles sont tombées et furent remplacées par la dentition normale au bout de cinq mois. L'enfant est

faible et est élevé au biberon.

OBSERVATION XXVI Capdepont. Revue de Stomatologie 1902, p. 23. Un cas de pseudo-éruption précoce. — Folliculite expulsive.

J'ai eu l’occasion, pendant mes vacances de l’année dernière, d'observer chez Mademoiselle Hélène L..., fille d’un de mes amis, l'apparition prématurée d’une incisive inférieure. L'enfant avait à ce moment 48 heures, et c’est le malin du jour où je la vis que les parents auraient constaté la présence de la dent.

Cette dernière, une incisive inférieure latérale gauche, me parut bien formée, sa couronne émergeail presqu'entière de la gencive, et l’idée ne me vint pas à ce moment d'éprouver sa solidité; la gencive, à son niveau, était un peu rouge el irritée et formait autour d’elle un léger bourrelet. La petite Hélène était

plutôt chétive, elle présentait un ictère des nouveaux-nés assez

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intense, survenu dès le début du deuxième jour, mais nulle malformation congénitale.

La mère, primipare, avait eu une grossesse normale et l’accouchement n’offrit aucune particularité.

Les parents, robustes et sains, ne présentent ni tare, ni diathèse d'aucune sorte.

Je savais la rareté de ces cas d’éruption précoce, mais je n’en avais jamais observé et laissant la dent en place je priai les parents de noter avec soin l’époque d'apparition des autres dents.

Cetie année, j'ai revu la petite Hélène, superbe de. développement et de santé, et voici ce que j'ai appris. Après mon départ, l’état général continua à rester mauvais, l’enfant se nourrissait peu et se développait mal; elle eut de la diarrhée et l’ictère persista pendant une quinzaine de jours pour disparaître ensuite progressivement. À ce moment, la dent devint d'une mobilité extrême et ne tarda pas à tomber. « Mais à sa place, me dit la mère, il resta une dent de chair, rouge, extrême-

ment douloureuse, qui finit par jaunir, se flétrir et disparaître. »

Tant que cette cicatrisation ne fut pas terminée, l'allaitement resta très difficile. Après, l'enfant se développa d’une façon surprenante, et aujourd'hui se porte aussi bien que possible. Elle possède actuellement, en haut et en bas, ses incisives centrales. L’incisive latérale tombée spontanément a laissé à sa place une cicatrice assez. profonde et une dépression très marquée. Les autres dents sont sorties normalement à l’époque habituelle de leur apparition.

La dent tombée, immédiatement recueillie, est petite, l'émail en est assez bien formé (sauf pourtant à la face linguale), mais il est à peine doublé intérieurement d'une mince couche de dentine. I ny a pas la moindre trace de formation radiculaire, si bien qu'ainsi constituée, la dent, réduite à sa couronne exCavée, représente assez bien un éteignoir ou un cornet.

Je compris en lPexaminant ce que la mère avait voulu dire

en parlant d’une dent de chair. Il s'agissait évidemment de l'or-

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