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gane pulpaire congestionné et mis à nu en totalité. L'expression
qui m'avait surpris répondait vraiment à la réalité des faits.
OBSERVATIONS XXVII et XXVIII
Balard et Commes, Société de Gynécologie, d'Obstétrique et de Pédiatrie de Bordeaux, 28 Janvier 1913.
Ces deux observations, exactement superposables, sont rapportées ensemble; elles concernent deux enfants nés à la clinique d’accouchements de Bordeaux, dans le service du Professeur R. Lefour.
Bee garçon, et J..., fille, nés tous les deux à huit mois et demi environ, et pesant respectivement 2k,850 et 2k.730. Bien qu'au moment de la naissance on leur ait enlevé des mucosités de la bouche avec le doigt, il n’a rien été constaté d’anormal à ce niveau.
Le lendemain, lorsque la mère veut mettre son enfant au sein, elle est frappée, dans les deux cas, par une petite saillie blanche, dépassant de 3 à 4 mm. environ le rebord alvéolaire du maxillaire inférieur, au niveau précis du point que devrait occuper l’incisive médiane droite, dans un cas, et gauche dans l’autre. La première têtée n’est pas douloureuse pour la mère; mais le soir même, la saillie constatée le matin a considérablement augmenté, et l’enfant mort le mamelon qui n’a pas encore acquis la souplesse et la résistance qu'il aurait eues si l’éruption dentaire ne s’élait pas faite d'une façon aussi précoce. Sa mère nou; prévient alors, plutôt pour la douleur qu’elle ressent, qu'en raison de l’anomalie que présente son enfant.
Nous constatons qu'il s’agit bien d’une dent, et nous notons dans les deux cas que l'autre incisive médiane fait une saillie notable sous la gencive.
Le troisième jour, la seconde dent perce la muqueuse. La première parue s’est lernie, a pris un aspect jaune et a considérablement augmenté de dimensions. Elle paraît en outre dé-
chaussée, remuant au moindre contact. En raison de la vive
SU bise
douleur qu’accuse la mère à chaque têtée, et du peu de solidité de la dent, nous l’enlevons avec une pince. Pour les mêmes raisons, nous ‘sommes amenés à extraire la seconde le surlendemain.
Au-dessous de ces dents ainsi extraites, on voit une petite cavité qui s’oblitéra en deux ou trois jours sans présenter la moindre saillie, en forme d’épulis, comme cela a été noté dans les observations des cas dans lesquelles on a laissé la dent tomber spontanément.
Par contre, la racine de la dent est constituée par une petite saillie conique, mollasse, saignotante, et qui se différencie nettement de la partie dure de la dent. A la suite de l’ablation de ces quatre dents, il s’est écoulé chaque fois à peine une goutte de sang. La petite opération a paru très peu douloureuse : les enfants ont à peine crié.
Ces deux nourrissons ont quitté la clinique quinze jours environ après leur naissance, sans présenter d'autre éruption dentaire. Malgré les recommandations faites à la mère, nous les avons perdus de vue et nous ne pouvons donner aucun renseignement sur l’état de leur première dentition. À noter que ces deux enfants ne-présentaient aucune autre malformation. Enfin, dans les deux cas, tant du côté paternel que du côté maternel. on n'a pu relever semblable anomalie chez les ascendants.
Examen anatomique. — Les dents, conservées dans le formol au un dixième, ont été décalcifiées avant l'inclusion; les coupes ont été coloriées à la thionine phéniquée é6osine.
La pièce, examinée, présente l’aspect d’une dent en miniature, et on y relrouve tous les éléments constitutifs d’une dent.
L’extrémité distale de la dent est constituée par un dôme de dentine, avec un peu d’émail au point culminant, qui subsiste plutôt à l’état d'empreinte, ayant été effacé par décalcification.
Au-dessus de la dentine, on voit un bulbe considérablement développé par rapport au mince capuchon de dentine qu'il supporte. Il est constitué par un tissu conjonctif avec de nombreux libroblastes. On y remarque des vaisseaux de faible calibre dont quelques-uns sont remplis d’hématies et de leucocytes.
Dans la partie culminante et conique de la pulpe, il y a de
nombreux ilôts de décalcification qui se présentent sous l’aspect ‘de zones arrondies, grumeleuses, avec de fines aiguilles. Vers la base de la pulpe, on note de nombreux éléments lymphocyliques et des leucocytes polynucléés qui encombrent les lumières vasculaires. Celle pulpe repose sur un tissu conjonctif très riche en cellules, parmi lesquelles de très nombreux leucocytes polynucléés. On ne voit pas trace de follicule autour de cette zone. Enfin, autour de la dent et en divers points il y a une véritable bordure microbienne, surtout à la base, entourant le tissu conjonctif sous-pulpané.
« Il semble que l’on ait affaire à un tératome, véritable corps étranger, mal nourri, en voie d'élimination par un double processus de dégénérescence et d’inflammation microbienne. » (Pro-
fesseur Sabrazès).
Voici donc 4cas d’éruption dentaire précoce s’accompagnant d'une légère- inflammation de la muqueuse gingivale, et dans lesquels la chute des dents s’est produite après la naissance, ou bien au cours desquelles l’ablation des dents a dû être provoquée en raison de leur extrême mobilité.
A noter l'observation XXV. D’après l’auteur, les dents auraient été remplacées à 5 mois par la dentition normale. Il serait à souhaiter de savoir ce que cette dentition a pu devenir plus tard, car jamais aucun cas de dentilion Supplémentaire n'a pu être cité.
C. — DENTS TUMBÉES PRÉMATURÉMENT ET DONT LA CHUTE S EST ACCOM- PAGNÉE D ACCIDENTS INFECTIEUX GRAVES.
OBSERVATION XXIX Thopre. Société de Biologie, 1859.
Romain, enfant du sexe masculin, atteint de muguet et d’en-
LUTAGRES
gouement pulmonaire. À l’âge d’un mois et demi, le 30 mars 1842, on voit apparaître une saillie rougeâtre, à la partie moyenne de la mâchoire inférieure.
1er avril. — Il en sort une incisive médiane gauche, blanche, de volume normal, mais très’ mobile ; elle est au centre d’un bourgeon noirâtre, très boursouflé. Le lendemain, cette dent est tombée; il reste un tubercule mou, sortant de la cavité alvéolaire; autour, la muqueuse gingivale est grisâtre et ulcérée.
3 avril. — Ce tubercule a disparu et a laissé une cavité conique sur la ligne médiane. La fièvre et l’amaigrissement continuent; l'enfant succomba le 13 avril, au progrès des maladies indiquées plus haut, et dans le détail desquelles il était inutile d'entrer ici. À l’autopsie, on trouva la cavité du maxillaire inférieur vide, plus de traces de bulbe dentaire, les autres alvéoles étaient remplies et présentaient la disposition que l’on observe
d'ordinaire à cette époque de la vie.