‹ L'Érysipèle des VieillardsChapitre 30 sur 31 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement d’un cas d’érysipèle doit commencer par l'isolement. du sujet atteint. Cet isolement sera nécessaire surtout si le sujet porte une plaie même, en apparence, mdépendante de la maladie, ou si ses voisins de salle sont porteurs de plaies apparentes quelconques. On évitera peutêtre ainsi la contagion directe, non démontrée possible, il est vrai, pour l’érysipèle non suppuré et on évitera aussi, dans la mesure du possible, la création d’une zone de contagion telle qu’il nous a été loisible d’en observer une, pendant le recueil de nos observations.

On distingue deux cas dans le traitement de la dermite streptococcique. Ou bien elle paraît bénigne, survenant chez un sujet résistant, et le traitement le plus habituellement adopté est purement local et symptomatique, dans les cas où 1l faut diminuer la douleur, la fièvre, la constipation; — ou bien l’érysipèle est d’allure sérieuse, sans cause appréciable ou par suite d’un terrain de faible résistance, et un traitement général antiseptique et reconstituant devra être fait. |

Dans tous les cas observés par nous, indistinctement, pourvu que le malade soit consentant et que la température ait dépassé 38°, nous avons appliqué, outre un traitement local habituel par les pansements humides, le même traitement général. Ce traitement, l'injection intra-veineuse

d’électrargol, a paru, dans les cas bénins et dans les cas sérieux, favoriser la guérison.

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La dose employée d'emblée à été de dix centimètres cubes; nous avons répété, dans les cas où la défervescence ne se produisait pas à sa suite et en nous réglant sur la courbe thermique, cette injection journalière de dix ou même quinze centimètres cubes, parfois plusieurs jours de suite. Nous nous sommes donc toujours tenu loin des fortes doses, les résultats obtenus nous paraissant suffisants avec ces doses qui, pour des vieillards, sont les doses moyennes. Nous n'avons eu aucun accident par l’emploi de l’électrargol.

Les phénomènes généraux que les expérimentateurs ont observés après l’injection de solutions colloidales métalliques portent principalement sur la thermogénèse, l’hématopoièse et le taux des échanges azotés. Nous avons pu suivre l’action de lélectrargol à la fois sur la température et sur la formule sanguine.

En ce qui concerne la température qui deit habituellement donner lPindication de linjection et doit être le vrai juge de son action thérapeutique, nous avons constaté que des températures élevées ou modérées étaient tantôt non modifiées (4 cas), tantôt abaissées (20 cas) par l’injection intraveineuse.

Cet abaissement ou cette indifférence de la température peuvent être précédés, comme chez deux de nos malades non améliorés et comme chez quatre des malades améliorés, d’une augmentation passagère de la fièvre, le jour même de l'injection. Même dans le cas le moins favorable, c’est-à-dire si la courbe thermique n’est pas abaissée et si une réaction thermique se produit, en outre, le jour de linjection, nous n’avons pas vu de cas où l’injection intra-veineuse paraisse avoir, au total, une influence défavorable sur la courbe.

Examinons d’abord les cas où le traitement n’agit pas. Chez les malades des observations [ et V, l'injection intraveineuse paraît n’avoir eu aucune influence sur la ‘courbe

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thermique. Chez ceux des observations IX et XVIII, on n’observa pas d'influence nettement favorable n1 défavorable, mais il y eut réaction fébrile après l'injection : dans le premier cas, une légère surélévation thermique suivit chacune des deux injections. Dans le second cas, après deux injections d’électrargol suivies chacune d’une absence du fastigium vespéral de l’érysipèle, deux nouvelles produisirent, au contraire, une exagération nette du fastigium vespéral.

Chez seize malades (Observ. [IV-VITI-XII-XIII-XV- XVI-XIX-XXI-XXTIII-XXIV -XXV-XXVI-XXVII-XVIIT- XXX), la température s’abaissa d’emblée après linjection d’électrargol, quelquefois complètement dès le premier jour et sans nécessiter de nouvelle injection.

Chez 4 d’entre eux, cet abaissement fut précédé d’une réaction fébrile le jour de l’injection, réaction non inquiétante vusa brièveté et sa coïncidence avec l'injection (Observ. VI-VII-XIV-XX). L’abaissement thermique suivit immédiatement la réaction (Observ. VII-XIV), ou ne fut l’effet que de nouvelles injections d’électrargol non suivies de réaction (Observ. VI-XX).

Au point de vue des réactions sanguines, leur diminution chez le vieillard et la réaction leucocytaire normale de lérysipèle ne nous ont pas toujours permis de vérifier, comme nous l’avons pu pour les observations V et XXVII, l’hyperleucocytose avec augmentation du taux des polynucléaires créée par l’électrargol. Le mode d’action de l’argent colloidal est d’ailleurs connu. La valeur logique de ce mode d’action dans une maladie où l’organisme réagit par une phagocytose locale et une polynucléose sanguine intenses, les essais du traitement que nous avons pratiqués et leur résultat global nous paraissent indiquer l’emploi de l’électrargol dans le traitement de l’érysipèle.

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