‹ L'ÉRYSIPÈLE DU NOUVEAU-NEChapitre 4 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au début de leur article sur l’Erysipèle du nouveauné, MM: Hutinel et Darré écrivent : « On doit décrire, sous le nom d’érysipèle des nouveau-nés tous les érysipèles qui surviennent chez l’enfant pendant la période qui s’étend depuis la naissance jusqu’à la chute du cordon et la formation de la cicatrice ombilicale.. » Pour Depaul : « On appelle nouveau-né le nourrisson pendant les 20 premiers jours de la vie. » Enfin, M. Porak : « Nous comprendrons, en élargissant un peu les définitions généralement admises, sous lenom de nouveau-né, l'enfant à terme ou avantterme âgé de moins d’un mois ».

Il n'entre pas dans notre esprit de vouloir apporter uue définition plus précise d’un mot qui ouvre très aisément le champ de la discussion, les définitions précédentes sont à peu près équivalentes et n’ont, à notre point de vue, aucune importance clinique. En effet, les observations cliniques que nous avous étudiées et les statistiques antérieures ou postérieures à 1900 que nous avons examinées nous montrent que l’on pourrait établir au sujet de l’érysipèle une échelle de gravité variant

avec l’âge des petits malades. C’est une règle absolue que plus les enfants sont jeunes, plus l'érysipèle est grave et la mortalité élevée. Mais, pour préciser davantage, nous pouvons ajouter que de la naissance jusqu'à la fin du deuxième mois la gravité est la même; aussi bien, il u’ÿ a pas lieu pour nous d’ergoter sur le mot de nouveau-ué, puisque à À mois comme à 2 mois l’évolution du mal est exactement semblable. Ce sont, d’ailleurs, les conclusions auxquelles arrive M. le professeur RoGEr dans un mémoire publié eu juillet 1901 dansles Archives Générales de médecine. Par conséquent, cette évolution nous donve une certaine latitude pour le cadre de cette étude et nous permet d'appuyer nos recherches sur un nombre plus grand d'observations.

Toutefois, nous ajouterons que nos statistiques personnelles ne portent que sur des enfants âgés de moins d’un mois, car toutes concernent des enfants de la Maternité ou de la clinique Tarnier.

Pour donner plus d'importance à ce modeste travail, nous avons voulu connaître avec précision la place que tenait l’érysipèle dans les affections du nouveau-né; pour cela nous avons consulté les registres de la clinique Tarnier et ceux de la Maternité.

La statistique porte sur les 12 dernières années, de de 1901 à 1912. Elle montre, quoiqu'on en ait dit, que l'érysipèle n’est pas une affection à dédaigner encore

RCE

puisque nous en avons relevé 38 cas en 12 ans à la clinique Tarnier. |

De plus nous avons constaté, chemin faisant, combien sont fréquentes les infections ombilicales et nous en avons conclu à la nécessité d’instituer une prophylaxie toujours plus sévère de Ja plaie ombilicale.

Pour la Maternité, soit que les enfants aient été hospitalisés tout de suite au Pavillon des Débiles, soit que les registres soient plus favorables, nous ne relevons que 4 cas dans le même laps de temps.

Voici, d'autre part, la statistique de la clinique Tarnier.

Statistique des Erysipèles du nouveau-né. Clinique Tarnier 1901-1912.

Années Guéris

= Statistique = de M. Perret

Aucun cas, mais il nous a été donné de remarquer 1907 US dans ces 3 ans, comme 1908 d'ailleurs dans les autres, EAU NE FAT combien sont fréquentes CES EPA NE ETES les infections ombilicales qui n’aboutissent pas à l’érysipèle.

OLD NE AAA EPA pus DOTE TRE ANNE % 3 1 TOL2NT. eme ur =

Soit en 12 ans. 4 guéris

pe :

Les observatious n’existent pas pour les années 1901, 1902, 1903, 1904, 1905 ; nous ne pouvons que nous en tenir à la statistique que donne M. Perret, dans « l'Obstétrique ». L'année 1906 est marquée par la mort du professeur Budin ; il n’existe ni registre, ni observations entre janvier 1906 et novembre 1907.

Nous voyons donc en résumé que l’érysipile a la même évolution dans les deux premiers mois de la vie, que sa fréquence est encore appréciable, et que les praticiens ne doivent pas assister en simples spectateurs à la mort de leurs petits malades, mais qu’il convient de lutter et de chercher les moyens de défense contre une maladie aussi grave. |

On s’est demandé quelquefois s'il fallait établir une distinction entre l’érysipèle ombilical et l’érysipèle dit traumatique.

On disait, en effet, que l’érysipèle ombilical présentait un caractère spécial de gravité, surtout parce que cet érysipèle était un érysipèle puerpéral (Raynaup). Or, on sait aujourd’hui que la gravité de l’érysipèle dépend uniquement de la virulence du streptocoque ; cliniquement et bactériologiquement il n’y a aucune différence entre l’érysipèle ombilical et l’érysipèle facial. Nous indiquerons chemin faisant quelques modalités spéciales à l’évolution de l'érysipèle ombilical.

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