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cale des hôpitaux au sujet de l'erysipèle, M. Raynaud a insisté sur le rôle protecteur des ganglions dans. la propagation de l'érysipèle. Les glandes lymphatiques constitueraient, d’après lui, des barrières momentanées, qui, retardant Ja marche des matières septiques résorbées, permettraient à l'affection de se localiser. Ce que l’on saït du rôle des ganglions dans la généralisation des tumeurs, par exemple n’est nullement défavorable a cette vue ingénieuse”.
à IL. — Des rapports de l’œdème avec les lymphangites: — Lymphangite profonde en plaques. À
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Le rôle des lymphatiques dans la production et l’évolution des œdèmes a encore été peu étudié jusqu’à présent. Bichat disait seulement, à propos du mécanisme des hydropisies et après en avoir énuméré les causes : « Dans tous ces cas, on trouve les absorbants très-dilatés sur le cadavre : ils sont même pleins de fluides 2. »
La dilatation constante des capillaires lymphatiques dans la peau œdémateuse, les modifications des troncs et des ganglions dans les hydropisies anciennes des membres font prévoir quelle est la part que prennent les lymphatiques à ces états morbides. J’essayerai dans ce dernier chapitre d'étudier quelques points de la question des rapports de l'&œdème avec la lymphangite, qui ne paraît pas avoir été traitée jusqu’à présent d'une manière spéciale par les auteurs classiques.
La production de l'œdème d’un membre par suite d'une inflammation aiguë des lymphatiques de la région a été signalée surtout dans la phlegmatia alba dolens % des femmes en couches, affection qui répond très-probablement du reste à des lésions anatomiques multiples et souvent très-différentes. L'œdème blanc douloureux consécutif à la lymphangite n'en est pas moins une exception, et l’on n’en possède que peu d'observations bien complètes.
Je dois à l’obligeance de mon maître et ami M. V. Cornil, d'avoir pu étudier cette sorle d’œdème, qui s’est produit à
!{ Voy. la discussion in G. R, de la Soc. méd. des hôp. et l'Union, 1878. ? X. Bichat, Anatomie gén., édition Maingault, 1818, t. II, p. 101. 1 Grisolle, Trait. de pathol. int. p. 736.
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la fois à l’état aigu dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans la peau, sur une malade de la salle Saint-Vincent à la Charité. Dans ce cas, l’infiltration séreuse était consécutive à une suppuration de tous les ganglions lymphatiques et des ganglions inguinaux du membre inférieur, développée elle-même à la suite d’une inflammation suraiguë de la trompe utérine droite !.
OBSERvATION. XVII. — Grossesse, — Diarrhée et tuméfaction de la rate. — Anémie. — Acouchement avant terme d’un enfant mort-né. Œdème douloureux de la grande lèvre et de la cuisse du côté droit.
— Mort. — Autopsie. — Inflammation purulente des vaisseaux lymphatiques de la région crurale et des ganglions. (CG. par M. V. Cornil.)
La nommée M... (Marie), âgée de 36 ans, ménagère, entre le 3 juin 1878 à l'hôpital de la Charité, salle Saint-Vincent, n° 25, Elle est atteinte depuis trois semaines d’une diarrhée très-intense qui l’a affaiblie et qui l’a obligée à entrer à l'hôpital. Cette femme est enceinte depuis sept mois et demi; elle a toujours été souffrante depuis sa grossesse, elle est faible et amaigrie ; son teint est de couleur jaune paille, bien qu'il n'y ait pas d’ictère ; elle est dans un état de cachexie anémique trèsprenoncée. — Bruit de souffle à la base du cœur, au premier temps.
5 juin. Accouchement d’un enfant mort-né, ne présentant pas de traces de syphilis.
6. — La fréquence du pouls et la chaleur exagérée qui ont succédé à l'accouchement persistent, bien qu'il n’y ait pas eu de montée du lait. (T. 40°6 dans l’aisselle, — P. 120.) — Pas de vomissements, pas d'écoulement sanguin par le vagin.
La palpation de l’abdomen n’est pas douloureuse, l'utérus revient sur lui-même. — Par la palpation, on constate l'existence d’une tumeur volumineuse siégeant dans l'hypochondre gauche et descendant verticalement dans la fosse iliaque. Cette tumeur est dure, boaselée, mate ; elle présente à sa face antérieure et interne des bosselures séparées par des sillons transversaux. Bien que la diarrhée ait continué, on se demande si cette tumeur résulte d’une accumulation de matières fécales dures, et on prescrit une purgation.
7. — La tumeur observéela veille persiste, en sorte qu’on abandonne la prémière hypothèse faite sur sa nature. Au point de vue du
1 L'observation [suivante a été lue par M. Cornil à la Société anatomique. Voy. Bullet., juillet 1873.
diagnostic de cette tumeur, on hésite entre une dégénérescence carcinomateuse du gros intestin (colon descendant), ou une hypertrophie de la rate. La malade, toutefois, n’a jamais eu de fièvre intermittentes. L'utérus revient sur lui-même ; la fièvre continue. La grande lèvre du côté droit et la région voisine de la cuisse sont tuméfiées et présentent un œdème douloureux avec coloration rosée de la peau. L'œdème s'étend sur la cuisse dans une longueur de 12 centimètres environ. — La miction est difficile, et les draps sont mouillés par l’urine.
10 juin. L'état général est des plus graves, la fièvre est intense, —T. 42,5 dans l’aisselle. — P. 120. — T’œdème, douloureux, s’étend jusqu'au milieu de la cuisse et remonte jusqu’à la région inguinale. — La tumeur de l’hypochondre gauche reste la même, et comme il parait certain qu'il s’agit là d’une tuméfaction de la rate, on se demande si la malade n'est pas leucocythémique. Le sang,examiné au microscope, suivant celte indication, est pâle, peu riche en globules rouges, mais il ne contient pas de globules blancs en excès.
11. — La malade meurt sans agonie dans le mouvement qu’elle fait pour prendre son crachoir.
Autopsie faite le 12 juin.
À l'ouverture de l'abdomen, on voit le foie très-gros, de couleur jaunâtre ; il occupe l’hypochondre droit, la région épigastrique, l’hy-
pochondre gauche et déborde le rebord des fausses côtes. La rate este
énorme et descend jusque dans la fosse iliaque : son bord antérieur libre présente les saillies et les dépressions que l’on avait senties à la palpation pendant la vie. L'utérus est revenu sur lui-même et n’est pas plus gros que les deux poings. Il n’y a pas d’adhérences intestinales.
Le foie est gras : le centre de ses lobules paraît jaune, tandis que leur périphérie est rosée.
La rate est considérablement tuméfiée. Sa forme est celle d'un gros haricot. Son bord antérieur présente une légère courbure à concavité antérieure et interne, et il offre à considérer trois dépressions transversales, profondes, séparées par des éminences. La longueur de la rate est de 20 centimètres; son diamètre transversal de 17 à 18 centimètres; elle est épaisse. Sa surface offre des saillies villeuses et un épaississement fibreux de la capsule splénique. Sa surface de section est rosée; son parenchyme est peu résistant : en l'écrasant entre les doigts on obtient une petite quantité de boue splénique, de couleur rosée. La couleur de la section de la rate est uniforme; les glomérules de Malpighi ne sont pas visibles.
L'estomac est normal. — Les ganglions mésentériques sont assez gros, mais leur couleur est normale. L'intestin grêle contient des ma-