‹ L'Érysipèle et les Maladies Streptococciques à Gap, en 1897Chapitre 16 sur 27 · ES · texte numérisé non relu

ES

(1) Juéry. Loc. cit.

(2) Widal. Thèse Paris 1888 et Traité de médecine ct thérapeutique.

(3) Bluysen. Thèse Paris 1901. Ætude clinique des streptococcies généralisées.

quefois l'infection est sanguine primitivement. Ce sont les capillaires ou vaisseaux de la porte d'entrée qui charrient le streptocoque dans le système vasculaire, et propagent l'infection à tout l'organisme. » Cependant nous ne pouvons passer sous silence

une explication assez séduisante que nous donne Achalme (1).

« Nous pensons qu'il faut parfois invoquer un autre mécanisme; nous voulons parler des modifications de virulence que subissent les micro-organismes de l'intestin pendant certaines maladies infectieuses. Dans la diarrhée, qui accompagne parfois l'érysipèle grave ou les accidents streptococciques mortels, deux ordres de faits doivent être invoqués. D'abord, la présence du streptocoque pas toujours constante, mais qui peut provoquer une entérite, ainsi que nous l'avons reproduit expérimentalement sur le lapin. En second lieu, nous devons signaler l’exaltation d’un microbe constant de l'intestin, et dont les variations de virulence ont donné lieu à des controverses : le bacillus coli communis. Dans tous les cas que nous avons étudiés de mort par streptocoque, ce bacille isolé du contenu intestinal de l’homme ou du lapin, s'est montré très virulent et a tué la souris en vingt-quatre heures. »

Sans repousser cette explication parfaitement soute-

nable, nous préférons nous rallier à la théorie de

(1) Achalme. Thèse Paris 1892. L'érysipèle, ses formes, ses

comphcations.

. Widal et admettre avec lui que les ulcérations intestinales de l'érysipèle paraissent dues à des embolies microbiennes, semblables à celles qu'il a observées dans les petits vaisseaux gastriques ou intestinaux des femmes atteintes d'infection puerpérale.

Seulement nous irons plus loin que lui, quand il dit que «ces exulcérations ne sont jamais profondes, aussi « ne déterminent-elles cliniquement que des douleurs « épigastriques, du ténesme, des épreintes, suivant « leur siège, et n'occasionnent-elles jamais de perto- « ration ou d'hémorrhagie mortelles ».

Car lobservation de notre malade n° IT nous a précisément offert cette complication exceptionnelle d'hémorrhagies considérables et répétées avec tous leurs signes ; notre malade ayant survécu heureusement nous n'avons pu, comme Juéry, constater, de visu, a l'autopsie l'existence et le siège d’une ulcération grave ; mais tous les signes cliniques observés dans le cours de la maladie nous font un devoir d'admettre la gravité de l'ulcération dans l'érysipèle, et d'offrir ainsi à l'étude de l'érysipèle intestinal un cas presque unique.

Nous nous sommes laissés entrainer dans cette discussion de l'érysipèle intestinal, mais nous allons en finir rapidement avec l'étude des autres complications notées dans notre épidémie gapençaise.

Broncho-pneumonie. — Un seul cas (obs. II) a présenté des complications pulmonaires sérieuses ; c'esta-dire une broncho-pneumonie de la partie moyenne

du poumon droit, caractérisée par du souffle, des crachats légèrement rouillés, et dont le début a été très insidieux et l'évolution rapide. La courbe thermique n'a pas paru modifiée par cette bronchopreumonie survenue dans le cours d'un érysipèle grave, à forme adynamique.

Autres complications. — Nous n'avons noté aucune complication sérieuse du côté du cœur ou des reins, mais il nous reste à parler d’une otite suppurée.

Oreille. — Cette otite (obs. XII) est apparue à la fin de la période d'état chez un malade atteint d'érysipèle avec gonflement énorme de la face.

M. Merz s'est démandé si l'oreille moyenne avait participé à l'inflammation ? Nous pensons comme lui sans pouvoir l'affirmer, car l'examen du tympan a été impossible, mais la persistance d'un certain Gegré de surdité, et une paralysie faciale, à peine atténuée au bout d’un mois de traitement font pencher en faveur de l'existence d'une inflammation profonde.

Ce cas de paralysie faciale, suite d'otite érysipélateuse, est, croyons-nous, excessivement rare, et il était bon de le souligner. Cette complication grave témoigne certainement de la virulence du streptocoque, et peut s'expliquer par le même mécanisme que l’otite moyenne aiguë dans la scarlatine, la suppuration pouvant atteindre le rocher, en déterminer la carie et entraîner ainsi la paralysie faciale.

ETIOLOGIE

La pénétration par la peau ou les muqueuses des streptocoques doués d’une virulence spéciale constituant la cause unique de l'érysipèle, nous devons examiner les diverses questions du problème étiologique :

1° Sous quelle influence, le microbe habituellement inoflensif, et qui habite normalement sur la peau et dans'les cavités buccale et nasale, voit-il sa virulence suffisamment relevée pour produire l'inflammation érysipélateuse ou autres ;

2° Quelles sont les conditions de propagation ?

3° Quel est le mode de pénétration du microbe ?

4 Influence du terrain offert par le malade.

Bien entendu, nous répondrons à ces questions d'après les observations fournies par l'épidémie qui nous occupe.

Virulence spéciale. — Laissons ici la parole à M. Merz :

« La coexistence chez un certain nombre de malades

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