‹ L'Érythème noueux tuberculeuxChapitre 23 sur 39 · SANG · texte numérisé non relu

SANG

a) Technique : le sang doit être prélevé aseptiquement à la veine et recueilli dans une solution de citrate de soude à 10 %. Il doit être intensément centrifugé. Le plasma surnageant est éliminé ; le sédiment est additionné d’une solution à 3 % d'acide acétique qui lhémolyse. Après centrifugation et lavages à l’eau distillée, répétés jusqu’à ce

LS JATRUES

que l’eau de lavage ne soit plus teintée d’hémoglobine, on ensemence à la pipette.

Ces manipulations doivent demeurer stériles. Au cas où l'on suspecte le sang d’être souillé, on traite une partie du sédiment par deux fois son volume de la solution sulfurique à 15 4.

Il est très important que le sang ne coagule pas, car il estimpossible avec cette méthode de travailler sur un caillot. |

On remarquera qu’on élimine soigneusement l’hémoglobine. Elle aurait, d’après Lüwenstein, le même inconvénient que le peptone : amoindrir la vitalité du bacille de Kock.

b) Résultats : nous avons fait de la sorte 3 hémocultures sur milieu de Lüwenstein. Ces cultures ont été apportées et examinées à l’Institut Pasteur par M. Saenz. Sur les trois, nous n'avons eu qu’un

résultat positif.

40 T... Jeannine, 6 ans 1/2. (obs. I),

Chez cette même malade l’inoculation des crachats avait déterminé une tuberculose ganglionnaire atypique, richement bacillaire, évoluant vers la guérison spontanée en 3 passages, sans qu'on obtienne jamais une tuberculose typique.

Il y a ainsi discordance entre l'hémoculture qui à montré des bacilles typiques et l’inoculation du sang qui a mis en évidence de l’ultra-virus. Cette discordance peut être imputable au petit nombre de bacilles circulant dans le sang ; le prélèvement du

sang ayant été effectué le même jour pour les deux recherches.

LARÉR AE 20 M... Roger, 7 ans (obs. V). ?

La culture sur milieu de Lowenstein est restée négative tandis que l'inoculation du sang au cobaye donnait des résultats

non concluants.

30 G... Pierre, 5 ans 1/2 (obs, I).

La culture a été faite le 3 décembre 1930. Elle est restée négative, Nous n’avons pas pratiqué parallèlement d'inocula-

tions au cobaye.

Nous voyons donc que, jusqu'à présent, nous n'avons obtenu qu’un seul résultat positif par culture sur milieu de Lôwenstein de sang ou de crachats provenant de nos malades atteints d'érythème noueux,

V. — Les caractères histo bactériologiques du nodule d’érythème noueux.

Les lésions de l’érythème noueux furent décrites par Cornil et Ranvier. Elles consistent essentiellement en lésions inflammatoires banales d’érythème avec infiltration séreuse de toutes les couches du derme et du tissu cellulaire sous-cutané. Les lésions frappent le derme, l'hypoderme, les corps papillaires (Unna) et sont maxima dans les couches superficielles de l’hypoderme pour Pons.

L’histologie n'apporte ainsi aucun élément en faveur de l’étiologie tuberculeuse de la lésion. On ne peut tirer aueun argument de l'existence d’amas lymphocytaires et même de cellules géantes dans l’hypoderme, comme dans le cas de Dor, rapporté par Pons dans sa thèse ; il s’agit là de réactions inflammatoires banales saes aucune spécificité étiologique.

La constatation de follicules tuberculeux avec sa couronne de cellules épithélioïdes aurait par contre une réelle valeur. Mais l’observation récente de Croizat et Delore reste à ce point de vue unique.

A la suite de Poncet, l’école Lyonnaise établit un parallélisme entre ces lésions inflammatoires de l’érythème noueux et celle du rhumatisme tuhercu-

DU

leux : il s'agirait d’une tuberculose inflammatoire simple, sans follicules.

Les travaux de Foutès et Vaudremer sur leslésions non folliculaires produites par l’ultra-virus tuberculeux apporteraient une confirmation aux idées de Poncet et des Lyonnais.

Signalons enfin les deux cas isolés de MM. Landouzy et Ch. Richet fils en 1913 d’une part, de M. Gutmann en 1917 d’autre part, où ces auteurs constaterent un bacille acido-résistant sur une coupe histologique d’un nodule d’érythème noueux, dans un vaisseau enflammé.

En résumé, jusqu'à ce que de nouvelles preuves soient apportées, on ne peut tirer aucun argument utilisable de l'étude anatomo-pathologique des no-

dules d'érythème noueux.

DÉDUCTIONS PATHOGÉNIQUES

Quelles déductions pathogéniques pouvons-nous tirer des faits que nous rapportons et qui concordent pour la plupart avec les observations antérieures ?

Résumons tout d’abord ces faits, en les montrant sous l’angle où ils peuvent éclairer la pathogénie de

l’érythème noueux.

1. — Dans les 17 cas que nous avons examinés, nous trouvons des éléments en faveur d’une tuberculisation du malade ; en particulier la cuti-réaction a été, sauf dans un cas, toujours positive et le plus souvent intense, avec lésion nécrotique, phlyc-

ténulaire ou fortement papuleuse.

II. — Les antécédents personnels ne permettent dans aucun cas de soupçonner une infection tuberculeuse ancienne. Dans l'observation Ill, la connaissance d’une cuti-réaction négative dans les mois qui ont précédé l'apparition de l’érythème noueux permet d'affirmer ee fait. De nombreux auteurs ont rapporté des cas aussi démonstratifs

où la cuti-réaction négative (lans les mois ou les

Page 1