‹ L'Érythème noueux tuberculeuxChapitre 7 sur 39 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'érythème noueux fut décrit pour la première fois par l'anglais Willan, qui lui donna le nom de « dérmatite nodulaire contusiforme ». Longtemps classé parmi les érythèmes polymorphes il en fut isolé par Hébra, Unna et Dühring qui lui donnèrent une place ‘à part dans la nosologie dermatologique.

En 1868, Trousseau en fait une description clinique complète et le considère comme une infection primitive. À sa suite Hardy, Talamon, Comby soutinrent la même thèse. L’argument direct le plus rapidement relevé en faveur de cette spécificité fut Ja notion de contagiosité et d’épidémicité.

Mais ultérieurement de nombreux auteurs rapportent des cas d’érythème noueux en apparence secondaire.

Uffelmann en Allemagne en 1872, mais surtout Pons en France dans sa thèse de 1905 soulève l’hypothèse de l’étiologie tuberculeuse de l’érythème noueux. Cette idée est à son tour soutenue deux ans plus tard par Landouzy. Chauftard voulant apporter une confirmation expérimentale à cette hypothèse reproduisit, avec son élève Troisier les nodules par injection intra-dermique de tuberculine (1909). Cet

Pediie

auteur insiste d’autre part sur les faits cliniques qui militent en faveur de cette origine tuberculeuse : la fréquence de l’érythème noueux chez les sujets plus particulièrement soumis à la contamination ou présentant. des antécédents bacillaires, héréditaires ou personnels. Ces constatations ont été confirmées ultérieurement par de nombreux auteurs.

Cependant des statistiques contradictoires sont successivement publiées et certaines mettent en évidence la rareté de tuberculose viscérale évolutive précédant ou accompagnant l’érythème noueux.

Par contre, se multiplient les observations relatant l’éclosion de manifestations tuberculeuses à la suite d’érythème noueux. M. Sézary rapporte plusieurs cas de méningites bacillaires succédant à des érythèmes noueux. M. Marfan en publie également un cas. MM. Paisseau, Oumansky et Ducas retrouvent cette évolution terminale chez un enfant de 3 ans dont les examens de sang au cours de la poussée d’érythème avait démontré l'existence de bacilles acido-résistants. Mais la majorité des cas rapportés ont trait à des tuberculoses atténuées qui semblent apparaître avec une fréquence presque banale à la suite d’érythème noueux, et tout particulièrement les pleurésies séro-fibrineuses.

Enfin, les observations récentes de MM. Léon Bernard et Paraf montrent que l’éclosion de l’érythème noueux coïncide fréquemment avec tous les signes d’une imprégnation bacillaire. L’érythème

noueux serait pour Dufourt une forme d’invasion

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