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tuberculeuse, au même titre que la typho-bacillose à laquelle il peut être associé. Cette conception explique la rareté relative de l’érythème noueux chez des tuberculeux avérés, révélée par des statistiques de prime abord contradictoires.
Parallèlement à ces constatations cliniques, les examens radiologiques apportaient des éléments du plus haut intérêt. L'infiltration périhilaire, observée d’abord par Kobert, fut retrouvée par Ernberg, par Carlbourg et surtout par Walloren qui insista sur sa fréquence et son intérêt au cours de l'érythème noueux.
Les réactions biologiques largement étudiées et les résultats à peu près constamment positifs de la cuti-réaction à la tuberculine (statistiques de Pollack, Blu, Bezançon, Comby, etc.) apparurent comme. des arguments de valeur. L’intra-dermoréaction et l’ophtalmo-réaction (Calmette, Aubert, Lévy-Franckel) donnèrent des résultats confrmatifs. Le séro-diagnostic d'Arloing et Courmont a mis en évidence la présence d'anticorps tuberculeux dans le sang de certains sujets atteints d'érythème noueux (thèses de Crozat et de Mermillod).
Mais si des faits cliniques, radiologiques et biologiques étaient rapportés en faveur de l'origine tuberculeuse de lérythème noueux, par contre les constatations histologiques et bactériologiques étaient beaucoup moins probantes. À part l’'observation récente de Croizat et Delore, les coupes his-
tologiques ne montraient aucune formation fol-
liculaire et seulement des lésions inflammatoires banales. Il est vrai que la connaissance de tuberculoses non folliculaires dont l'étude a été reprise à la suite des travaux de Foutès et Vaudremer sur l’ultravirus tuberculeux aurait pu permettre de ranger l'érythème noueux dans ces tuberculoses inflammatoires simples.
Les recherches bactériologiques n'avaient pas été plus fructueuses, l'observation de Landouzy et Ch. Richet fils (1913) qui avaient constaté un bacille de Koch dans un vaisseau inclus dans un nodule res. tait unique, Jusqu'à la constatation identique de M. Gutmano (1917). Les inoculations au cobaye de sang ou de la sérosité des nouures ne donnèrent de résultats positifs qu'à Hildebrant et à MM. Lœderich et Ch. Richet fils, Toutes les autres tentatives aboutirent à des échecs.
[La connaissance des formes atypiques de tuberculose expérimentale du cobaye a permis d'obtenir des résultats positifs qui s'avèrent tous les jours de plus en plus nombreux. L'étude de l’ultra-virus tuberculeux entreprise par Calmette et son école à la suite des travaux de Foutès et Vaudremer, devait conduire MM. Calmette et Valtis à la découverte d'une forme atypique de tuberculose expérimentale du:cobaye, caractérisée par des lésions strictement ganglionnaires, paucibacillaires et réinoculables en série en gardant pendant plusieurs passages cette localisation au systéme lymphatique.
Notre maitre M, Paisseau par l'inoculation sans
as ne
filtration de produits pathologiques humains présumés tuberculeux, réalisa avec son élève Oumansky et avec MM. Valtis et Saenz, une tuberculose ganglionnaire pluri-bacillaire qui malgré la présence de nombreux bacilles, ne détermine pas d’ailleurs un retour plus rapide à la tuberculose typique.
La tuberculose du cobaye peut en outre réaliser une forme typique, mais à evolution prolongée. Les animaux inoculés et conservés pendant plusieurs mois peuvent présenter après ce délai une tuberculose généralisée typique. Ces tuberculoses semblent résulter de l’inoculation de produits pauvres en bacilles de virulence normale. Ces tuberculoses dites « paucibacillaires » auraient échappé aux recherches faites dans les délais classiques utilisés pour la tuberculose type « Villemin ». D’autre part, le procédé des réinoculations en série permet de raccourcir l’éclosion de cette tuberculose typique : la réinoculation des ganglions hypertrophiés de ces animaux sacrifiés dans les délais habituels de 6 semaines à 2 mois, et en apparence indemnes, déterminent des tuberculoses expérimentales typiques.
La connaissance de ces formes nouvelles de tuberculose expérimentale appliquée à l’étude de l’érythème noueux permit à MM. Arloing et Dufour d'obtenir une tuberculose ganglionnaire par l’inoculation de sang filtré, à M. Ramel une tuberculose du cobaye par l’inoculation de la sérosité des nouures ; à MM. Paisseau, Oumansky et Ducas avec
du sang non filtré, une tuberculose ganglionnaire
Us
à un deuxième passage. Tout récemment MM, Saenz, Chevallier, Lévy-Bruhl et Costil obtenaient par l’inoculation de sang non filtré une tuberculose ganglion. naire riche en bacilles qui au deuxième passage détermina une tuberculose généralisée dans les délais normaux. Ces mêmes auteurs ne déterminaient par l’inoculation d’un nodule de la même malade qu’une tuberculose ganglionnaire d’un cobaye sur 4 inoculés, tuberculose ganglionnaire très pauvre en bacilles, et ne déterminant à un deuxième passage qu’une tuberculose du système lymphatique.
Poursuivant ces recherches sous la direction de notre maître M. Paisseau, nous apportons dans ce travail des résultats positifs de tuberculisation du cobaye obtenus par l’inoculation de crachats et de sang d'enfants atteints d’érythème noueux,pratiquée corrélativement avec la culture de ces produits sur
milieux de Lôwenstein.