‹ L'esbroufe; comédie en trois actesChapitre 14 sur 47 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes, M"^« RIGIITER, KASPAIi.

puis HANS, LILÏ

MADAME RICIITER, sur la terrasse.

Kaspar...

ANNA, bas à Joboliii.

^F"^ Richtcr.

MADAME RICIITER

Je pense que ces messieurs se seront fait servir â souper par la restauration du théâtre et qu'ils ne rentreront ici que pour prendre leur café. Servez-le dehors. Il fait si chaud !

Kilo disparait. Hans et Lili ont. eut en scène, se tenant par la main.

(l'holographie Nadnr).

Mon frère Hans...

.lOIîKLIN

Et M"*" Lili! Alors on va souper? (Anna rentre chez elle. Hans et Lili vont à la fontaine et s'assoient sur le bord du bassin.) — Ils n'ont pas l'air pressés.

Il allume une cigarette et s'assoit devant la maison Hirscli.

IIANS, à Lili.

Comment vous sentez-vous, chère Lili?

Mais très bien, cher Hans.

IIANS

N'êtes-vous pas encore un peu émuef

De quoi?

IIANS

p]h bien, de cette altercation (pie vous venez d'avoir avec M""" Alinari. Qu'est-ce qui lui a pris, à cette misérable Italienne?

Je n'en sais rien.

II AN s

Avez- vous remarqué comme j'étais sur le point de vous défendre, quand M. Richter s'en est chargé''^

Oui, Hans, je vous remercie.

IIANS

Ça ne lui a pas réussi, à ce pauvre M. Richter.

IILI, liant.

Il a reçu une gifle !

IIANS

J'aime mieux que ce soit lui que moi.

{Un silence. Reprenant, avec une extrême timidité.) D'ailleurs... aujourd'hui... personne ne se sent comme à son ordinaire.

Ail !... Pourquoi f

l'esbuoufe 59

Il ANS

Parce que c'est demain la Saint- Jean... Ainsi, moi-même... ce soir... il me semble que je vous aime plus... hardiment que de coutume... Et savez-vous â quoi je pense, Lili?. .. Nos chambres sont bien proches l'une de l'autre. Et si je me trompais de porte ce soir, ce serait un de ces hasards comme il en arrive dans la nuit de la Saint- Jean... {Elle ne répond pas. Il la presse tendrement.) Dites, Lili, voulez-vous?

Certainement ce serait avec le plus grand plaisir, car je ne saurais vous dire combien je vous trouve sympathique; malheureusement, c'est tout à fait impossible.

IIANS

Pourquoi 1

Parce que M. Richter m'a justement demandé la même chose pour ce soir. Et

vous comprenez, je n'ai pas pu refuser : peutêtre que ma carrière en dépend.

H ANS, consterné.

Oh !... Et moi qui disais tout à l'heure : « J'aime mieux que ce soit lui cjue moi ! » Ces paroles inconsidérées m'ont porté malheur... {Un temps.) Mais alors... vous allez le recevoir chez moi, sous mon toit ?

ULI

Je ne jDeux pas autrement, cher Hans, soyez juste.

IIANS

Je ne rentrerai pas à la maison !

Soyez donc raisonnable, cher Hans. Si vous saviez comme cela a peu d'importance et comme vous vous consolerez vite !

HANS

Jamais !

Lili rentre clans la maison Hiiscli.

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ANNA, clans la maison, à Lili.

Est-ce que vous ne prenez rien, ce soir, mademoiselle ?

Merci, j'ai ]:)ris au tliéâtre.

JOBELIN

Allons l)on ! (Une lumière parait à la feu être de Lili au premier). Mademoiselle Anna!... Et moi? (Anna parait). Moi, je n'ai pas « pris » au tliéâtre. Je meurs !... Je vous en prie, rappelez votre petit frère : j'ai horreur de manger seul.

ANNA, appelant.

Hans !... Viens donc, il est tard... et voici notre nouveau pensionnaire, M. Daniel Jobelin, qui t'attend pour se mettre à table.

HANS

Je ne me mettrai pas à table.

JOBELIN

Bien.

ANNA

Pourquoi ? Tu as mangé?

IIANS

Non, je n'ai pas mangé, mais je ne veuxpas manger. Je suis bien libre de ne pas manger s'il me plait.

ANNA

Qu'est-ce qu'il a? Rentre au moins.

IIANS, avec éclat,

Je ne rentrerai jamais dans cette maison !... Du moins pas ce soir.

ANNA

Bon Dieu ! Pourquoi?

HANS, l'ondant en larmes.

Parce que M. Ricliter va venir chez la petite Lili Blumenthal.

JOBELIN

Mais ce n'est pas une raison pour ne pas souper ! Au contraire ! Il faut toujours se lester dans ces cas-là .

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