‹ L'esbroufe; comédie en trois actesChapitre 24 sur 47 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

r.ELGRAXD, M"" RICHTER MADAME RICHTER, paraissant, très agitée.

C'est VOUS ! Qu'est-ce qui vient de se passer? J'ai entendu des cris comme si on égorgeait cjuelqu'un, et j'ai reconnu la voix de mon mari. Il ne lui est rien arrivé au moins?

I3ELGRAND

Si.

MADAME RICHTER

Il est mort !

BELGHAND

Oli ! vous avez T imagination prompte i quand on vous réveille en sursaut. Voyons,

l'esbroife ' 111

est-ce que je vous l'annoncerais sur ce tonlà?... Il vient d'être i)incé, tout bonnement.

Pincé ?

BELGRAND

En llagrant délit.

MADAME RR^llTER

Par qui ?

BELGRAND

Dame!... pas par vous... Alors... par sa maîtresse. Nous le croyions chez l'Alinari : il était chez cette petite Lili Blumenthal. Les cris do l'autre ont ameuté les voisins. On a beaucoup ri, beaucoup crié... On a même cassé la lanterne d'un coup de pierre... Enfin, je vous assure que votre polisson de mari a été reconduit comme il faut.

MADAME RICHTER

Et VOUS trouvez çâ drôle?

112 l'esdrolfe

BELGRAND

Plutôt...

MADAME RICHTER

Ah?... Je suis publiquement trompée, bafouée...

Je ne pouvais pas deviner que vous prendriez ça au tragique. Tout à l'heure...

MADAME RICHTER

Ah! tout à l'heure... Eh bien, maintenant, j'en ai assez. . . La coupe qui déborde? Le fil qui casse? Je ne sais pas, mais j'en ai assez, c'est fini. Je veux partir.

BELGRAND

Partir?

MADAME RICHTER

Oui... Je suis la risée de toute une ville : le prétexte est suffisant... J'ai dit qu'un jour je m'en irais ailleurs, loin, recommencer ma vie. C'est maintenant, je ne veux plus attendre... L'homme nouveau avec qui je veux renaître et grandir, c'est

l'esbkoufe 113

VOUS. Je ne vous laisserai pas partir seul. Emmenez-moi.

BELGRAND

Mais... je n'ai rien...

MADAME RICIITER

Je sais, vous n'avez rien , vous n'êtes rien. Eh bien, je peinerai, je vous aiderai, et je vous garantis que vous deviendrez quelque chose... Nous arriverons, nous arriverons, emmenez-moi... Aimons-nous, associons-nous, puisque c'était notre destin.. . Associons -nous pour la pauvreté, pour la lutte et pour le succès !

Lotte !

MADAME RICHTER

C'est dit?... Alors rentrez chez vous... et à demain.

BELGRAND, seul.

Ma vie est faite ! . . . Ma vie est faite ! . . .

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