‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 13 sur 40 · Constmitea ches sir W. Armstrong, en · texte numérisé non relu

Constmitea ches sir W. Armstrong, en

canots. Une épaisse fumée s'échappe de ses panneaux. Sur son pont, sur sa passerelle, partout des morts ou des mourants. Les chaudières crevées par nos boulets ont couvert les Chinois de vapeur, et d'horribles brûlures ont ajouté encore aux plaies et aux mutilations faites par nos armes. L'incendie gagne toujours. Impuissant à le maîtriser, M. de Lapeyrère a le regret d'abandonner sa prise. Il donne l'ordre de l'évacuer en emmenant prisonniers les rares survivants de l'équipage, et peu après l'aviso coule.

Il n'est pas tout à fait â heures, et il n'y a plus de bâtiments chinois à flot. U ne reste d'autres traces de ces vingt-deux navires ou jonques, que des carènes en flamme échouées sur la plage ou des mâtures qui pointent hors de l'eau.

A 4 heures, l'amiral signale de ne plus tirer que pour se défendre. Les batteries de terre, voyant notre feu se ralentir, reprennent confiance. Celle de la Pagode n'envoie que quelques obus. Elle craint la riposte de nos navires, qui ne sont qu'à 400 mètres d'elle. Mais tout autre est le tir des pièces qui dominent l'arsenal et qui se trouvent moins à portée de nos coups. Des trois canons Krupp un feu des plus nourris est dirigé sans discontinuité sur le Volta* Les obus pleuvent autour de lui. Il est manifeste que les Chinois font à l'amiral l'honneur de viser obstinément son navire. L'amiral se pique au jeu et

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il veut réduire au silence cette batterie chinoise. Toujours au pied du mât d'artimon, d'où il a mené tout le combat, il surveille le pointage, encourage les canonniers, les félicite de leurs coups heureux et les anime de sa grande et juvénile ardeur. Il faut plus d'une heure pour faire taire le feu de ces trois canons. Il en coûte au Volta plusieurs tués et de nombreux blessés, parmi lesquels le lieutenant de vaisseau Ravel, aide de camp de l'amiral.

A 4 h. 55, ordre est donné de prendre un mouillage pour la nuit, en dehors de la portée des forts. Peu après, les embarcations sont armées en guerre. Sous le commandement de M. le lieutenant de vaisseau Peyronnet, elles ont mission de poursuivre et de détruire les canots-torpille chinois qui, dès le début du combat, se sont réfugiés dans l'arroyo de la Douane. Trois canots sont trouvés échoués et abandonnés par leurs équipages. Il n'y a donc qu'à crever leurs chaudières et leurs coques à coi^ps de hotchkiss pour les mettre hors d'état de servir.

La nuit arrive et un nouveau danger nous menace. Les Chinois font dériver sur nous une série de brûlots de toutes les tailles et de toutes les dimensions. Dans l'obscurité, c'est un spectacle émouvant et grandiose que celui de ces jonques en feu, glissant lentement au fil de l'eau. Tous les navires passent leur temps à changer de mouillage pour ne pas se trouver sur la route d'un de ces

énormes brasiers flottants. « La nuit du 23 au 24, « dit l'amiral, fut un qui -vive continuel. La plupart «c des bâtiments durent appareiller trois et quatre « fois. Vers 9 heures, à la fin du jusant, le Tschen- « Hang, mis en feu par nos obus, était poussé vers « notre mouillage par deux grandes jonques que « montaient une trentaine de matelots ; quelques « coups de canon du d'Eataing, mouillé en vedette, « coulèrent les jonques et leurs équipages ; mais le « transport continua à dériver au courant et menaça « successivement plusieurs bâtiments. » D'autres moins grands lui succédant, il fallut les couler à coups d'obus pour s'en débarrasser.

Le soir du 23, l'amiral faisait parvenir aux navires l'ordre du jour suivant :

Il y a aujourd'hui deux mois, nos soldats étaient victimes

à Lang-Son d'une infâme trahison. Cet attentat est déjà

vengé par la bravoure de vos camarades de Kelung et par

la vôtre. Mais la France demande une réparation plus

éclatante encore. Avec de vaillants marins comme vous,

elle peut tout obtenir.

Signé : Courbet.

En même temps, il adressait au Gouvernement une dépêche commençant par ces quatre mots : « Bonne journée de début! » Cette journée avait vu se consommer pour les Chinois la perte de 22 navires ou jonques, et la mort de 5 commandants, de 39 officiers et de 2,000 soldats ou marins, tandis que nos pertes

étaient seulement de 6 tués , 27 blessés, sans une seule avarie grave à nos bâtiments. C'est là ce que le commandant en chef appelait simplement une banne journée. La modestie sied bien aux héros !

Le lendemain 24, les compagnies de débarquement se préparent^ dès le branle-bas, à aller à terre. Elles doivent protéger les torpilleurs qui vont faire sauter l'arsenal et tenter de le mettre en ruinesl Mais, au dernier moment, l'amiral se ravise. C'est là un des traits les plus remarquables de sa grande et incontestable supériorité. II sait peser les avantages et les sacrifices de toute opération, il ne tente que ce qu'il reconnaît indispensable et possible. Les marins qu'il peut débarquer ne sont pas plus de 600 : les Chinois ont des milliers de fantassins et peut-être, comme le bruit en a couru, ont-ils miné l'arsenal ? L'entreprise serait trop hasardeuse. Il y renonce et se contentera de bombarder les établissements chinois. Malheureusement les sondages les plus minutieux lui ont donné la fâcheuse certitude que ni le Duguay-Trouin avec ses canons de 19, ni la Triomphante avec ses canons de 24, ne pourront, en aucun moment de la marée, venir coopérer à ce bombardement. Le tirant d'eau du Viïlars et du d'Estaing ne permettra même pas à ces croiseurs d'aider à la destruction de l'arsenal , autrement qu'à mer haute. Seuls les petits navires seront en mesure de s'approcher suffisamment, et ils n'ont pour armement que

LE COMBAT l^ATAL DE FOE-CHÉOU. 139

du 14 OU da 10. Malgré cela, le 24^ rcrs 11 beoref, ceux-ci appareillent et remcniteiit le fleare. A 11 heares et demie, ila oarrent le feu. « Nos obnM « de 28 kilogrammes démolirent tout ce qai n'était « pas au-dessos de leurs forces ; le tir, dirigé mur les « ateliers et magasins on sar an croisenr en acbêre- « ment, y a produit de grands dégâtr, mais point <c autant que je l'aurais désiré. Arec du 14>4f <>n ne « pouvait obtenir davanlage... La fonderie, Tajus- « tage, l'atelier de dessin ont des avaries considéra* « blés, la coque du oioisenr est criblée de trous *. »

Pendant ce temps, les embarcations armées en guerre continuent la destruction des jonques et des sampans. Les unes, commandées par M. Peyronnet, vont dans l'arroyode la Douane; les autres, dirigées par M. de Lapeyrère, fouillent les coins de la rivière près de Tarsenal. Elles purgent le mouillage de tous les brûlots qui pourraient renouveler les dangers et ' les craintes de la dernière nuit. A 4 heures, les ca^ nots sont de retour et le VoUa, suivi des canon* nières, revient à son mouillage du matin*

La nuit est calme« La lumière électrique ne ee«se d'éclairer le fleuve et ses bords* Pourf ant, & 4 heures du matin, deux embarcations porte-torpilles ennemies reparaissent et menacent la Viphre, mouillée en tête de ligne. La première, aperçue de bonne heure, e«t

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