‹ L'escadre de l'amiral Courbet;Chapitre 38 sur 40 · LE TRAITÉ DE PAIX · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DE PAIX

cette plage, fut fialaé de 21 coups de canons, au moment où il cessa d'y flotter. Comme à ^elung, nos morts seuls restèrent pour rappeler notre passage.

Le cimetière qui, par une étrange ironie du sort, devait demeurer là-bas comme le seul vestige de notre conquête, avait été pieusement soigné. Le détachement du génie avait entouré d*un mur Templa* cernent des tombes, à la pointe Dutch où étaient enterrés les marins et aussi à Makung où Ton avait mis les soldats. Des deux côtés, au milieu des petits tertres surmontés d'une croix noire, on avait élevé un monument funéraire, sorte de colonne pyramidale ; en outre, à Makung, un cénotaphe était édifié « à la mémoire de l'amiral Courbet et des braves « morts pour la France »

Qu'ils reposent en paix ceux qui, après avoir donné leut" vie à la patrie, ont maintenant le suprême honneur de rappeler à Fennemi d'hier, à l'étranger d'aujourd'hui, les victoires trop désintéressées de la France ! Les Chinois se sont engagés à respecter les restes de ces victimes de leur devoir. Dieu veuille que cette promesse soit tenue !

Les stipulations du traité du 9 juin se trouvaient donc ainsi exécutées : Tîle de Formose et les îles Pescadores étaient entièrement évacuées.

« Rome, a dit Montesquieu, s'enrichissait toujours ^ « chaque guerre la mettait en état d'en entreprendre « une autre. » Kous ne sommes pas comme les Romai ns.

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354 l'escadre de l'am[bal courbet.

On, du moins^ si tïou» cherchons à nons enrichir cominr le prouve notre rêve d'empire colonial, nous somblons ne pas songer k ce qu'une guerre nous mette en état d'en entreprendre une autre. Un heu reux coup de main nous arait donné ces Pescadores, merveilleusement situées pour la sauvegarde de nos intérêts et de nos droits en Indo-Chine, et pour leur défense au jour, prochain peut-être, où ils seront méconnus. Et cependant nous avons abandonné ces îles, persistant à acquérir sur le continent des territoires dont la charge nous paraît déjà lourde. Kous avons fait bon marché de cette possession, prouvant que notre insouciance de l'avenir n'avait d'égale que notre indifférence du passé. Nous avons rendu ce port de Makung où nos flottes, en sûreté, protégées par d'inexpugnables défenses, seraient restées comme

une éternelle menace pour nos adversaires Et

ceci s'accomplissait au moment où sans guerre, sans victoires, sans traité de paix, une nation rivale acquérait dans cet Extrême-Orient, témoin de nos succès, la possession de Port-Hamilton. Qui donc serait assez aveugle pour ne pas voir la cruelle leçon qui se cache sous ce simple rapprochement ?

Le 27 juillet, le Journal officiel contenait l'avis suivant: « Par suite de la reprise des relations paci- « fiques avec la Chine, le Gouvernement a décidé la « dissolution de l'escadre de l'Extrême-Orient à la « date du 25 juillet et la reconstitution à cette même

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