DE LA COMPAGNIE DES PASTEURS
RECOEILLI^ PAR
J.-Eug, Chotsy.
Escalade.
Genèce gardée par la
misérimrde de Dieu-
Vendredi n décembre iêOS *
De la surprise de la yille et d^ m change d'lcëllë.
E dîmanché matin, \%'' de décembre t602, Tennemy pour rexécation de Tentreprise qu'il dressoit de longtemps contre la ville, et de laquelle on estoit bien adverti et de toutes pars j vint iivec environ uuze cens hommes tant infanterie préparée et armée de tout pour un tel
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effort, et de cavalerie (son Altesse estoit armé le soir de Turin aux Tramblières en poste) dedans le Plain Palais sans esLre descouvrer sur l'heure d'une heure après minuit. — Et dÈs lors eusl contimencéâ faire sa faction % n'eusL esté une espouvante que Dieu leur donna là sans siibjecl et qui les retint une heure, qu'on peutappeler notre sauveté.
A deux lieures descent dans le fossé prés la Courralière, deviint la mnison de sjre Peaget. à une sentinelle où il avoit remarqué qu'on ne mettoit personne, met quelques clayes et pose les escheles et monte jusques à trois heures et rael deux cens hommes dedans la ville sans estre ou peu découvret, surprend la prochaine sentinelle et la blesse, donne Tespouvanle au corps de garde de la porte neufve qui quitte la place^ prent la maison de Peaget. faisant rupture de la porte et de celle de voisins, prent la place de la porte de la Monnoye et crie : Ville prke ! Vim Es!pagne! Tue, lue, ih sont â nom!
Se trouva hien peu d'ordre el de provisions pour repoulser cest inconvénient, lequel on aUendoit d'heure à heure de longtemps et duquel on estoit averti le soir mesme par exprès* Se trouva tant et plus d'estonnement par faute du debvoir i\\i% avoit falu faire pour n'estre pas surpris. Dieu donna cœur â beaucoup de gens de bien d'accourir vers l'ennemi, dont les ungs y moururent en gens de
* Attaque.
Le soldat Isaac Mercier.., fit tomber la lourde herse... Page 81. L*£iCALADB, par H. Denkinger, A. Gaillot, Ch. Goth; Eggimann, édit. 1902.
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La meilleure des gravures de l'Escalade d'après un tableau conseï
(milieu du
L'EscAKADE par H. Denkinger, A. Guillot, Ch. Goth; Eggimann (dit. 1902.
^ à la Bibliothèque publique (Salle Lullin), attribuée à Fr. Diodati :VII« siècle)
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bien, les auitres cornbultans repotilsèrent l'ennemi de la place de la porte de la Monnoye et de rentrée de la ville qu'il prenoit par là. Lesaultres te repoutsèrent de chez le sire Peagel.
Les aultres le repoul surent de la porte Xeufve oti il applicoit le pétart pour donner ouverture à son gros qui estoil en Plain Palais el qui desja avoît chanté victoire avec ses trompettes et tambours. Donc conséquemment ilz le suivent et rangent dans le chemin de la Courratière et sur ce pavé à Tendroit du lieu par ou ils avoyent monté; où battu d'arquebusades qu'on luy Uroîtpar les fenestres des maisons qui regardent sur cette place et endroit de muraille, pressé d'aultre part et par devers la Monnoye, et devers la porte [Veufve et par ceux qui descendirent de la porte Tartasse, [l'ennemyj print l'effroy et commença les ungs à se précipiter par les eschelles que le canon qui joua du boulevart de rOye et de la Monnoye avoyent peu rompre si elles ne s'estoyent ja rompues souhs le fais; ou soit sauter la muraille comme ils peurent. — Les aullres demandèrent la vie, les aultres furent tuez sur la place, laquelle nous demeura par l'inlinie miséricorde de Dieu.
Cependant dès le premier commencement de leur succès, ilz avoyent dépesché homme au duc, que ses gens estoyent dedans, puis un auUre qti'ilz estoyent maistres de la ville. — Donc le duc aux Tramblières où il esloit lit sonner la joye avec trompettes et
tambours ; mais parce qu'il fut une heure sans avoir nouvelles, il commença à en rabattre, puis du. tout reçeut les mauvaises nouvelles que les siens avoient esté repoulsez et toute sa noblesse estoit perdue, — faut noter que durant sa courte joye son secrétaire Ronca alla où le soir où ils avoyent détenus prisonniers quelques citoyens et bourgeois de cesteville, de peur qu'ilz vinssent apporter des nouvelles en la ville, ou afin qu'ilz eussent des contregages si leurs affaires prenoyent mal, et leur disoit que la ville estoit prinse et qu'il falloit tuer et exterminer tout le reste des huguenots. C'estoit là leur bon dessein.
On se pourroit aussi esbahir que comme la raison de la guerre portoit ils ne donnèrent [l'assaut] en plusieurs lieux de la ville pour nous estonner et distraire? A quoy la responce est que leur conseil estoit bien tel et quelques gens estoyent assignez pour bailler à Saint-Antoine, mais quand il ouyrent sonner la joye au cartier de la Monnoye, devers la porte Neufve et [crier] : Ville gasgnée, ils quittèrent leur dessein pour plus commodément entrer avec les aultres par l'ouverture qu'ils pensoyent estrejafaitte, en quoy ils furent deceus, trouvans que le canon jouoit et que leurs gens estoyent repoulsez. Et fallut que tous pensassent à leur retraite avec le S' d'Albigny, lieutenant-général du duc, qui les avoit accouragez à monter tenant luy mesme le pied de Teschelle.
Ils laissèrent ^3 prisonniers dorU y avoit de genlilsliommes le baron de Sonas^ le sîenr de Chafardon et M, d'Ati^nac, des plus grands, vaillans et favoris du duc; un aultre gentilhomme de Daupbiné et quelqu'aulre ou deux jeunes et de belle marque apar tenants â d'Albigny^ qui tous treze furent condamnez à eslre pendus et estrangléz et furent exécutés incontinent au dit Loulevart de rOye.
Des mors en demeura sur la place des leurs de 60 ou 70, Ils en ont ramenés que mors que blessez six ou sept vingts, mais qui nous coustent sèze des nostres qui demeurèrent mors et plusieurs aaltres tocs gens de marque et de valeur dont j'espère que les noms seront marqués ailleurs et que Genève se souviendra [ à ] jamais de la grande miséricorde de Dieu qui Ta Urée d'un si grand danger et ruine tolalle par sa seule main, pour luy en rendre grâces et s'amender, qui est le seul moyen d'espérer en la protection de Dieu pour après si avec vrayes prières nous la recliercbons.
(Jiegiitres de la V. Compagnie^ voL C, f ' 75 d^ et ês.)
Lejmne, Vendredi. 47 décembre ^602.
A esté advîsé de la célébration du jusne pour rendre grâces à Dieu de son secours à nostre délivrance et pour le prier ^qu'll nous délivre de noz ennemis
qai se roi dissent et semblent se disposer avec toutes Leurs forces h nous assaillir de plus près et à toute ouUrance La chose proposée a Messieurs : ilz ont trouvé bon qu'on le célébrast mardi prochain. Ce qui a esté faitte avec grande attention et dévotion de tous comme il a semblé. Dieu vuelte nous supporter et couvrant nos faultes et péchez accepter nos infirmes prières et sacrifices pour nous couvrir de sa sainte main paternelle contre noz ennemis blasphémateurs de son saint nom dont nous avec tous les siens le puissions louer et lu y estre un peuple pour le servir,..
Que le temple de Saint-Germain du quel on s'est servi depuis quelque temps àroccasion du froiJ se trouvoit du tout Incommode et en oultre que les assemblées qui sont aujourdhuy plus grandes et fréquentes ny pouvant estre commodément , que Messieurs donc seront advertis de remettre Texervice des sermons à S* Pierre. Messieurs estoyent ]a en ceste délibération voyans bien les incommoditez. Et ont ordonné que dimanche et delà en avant on presclieroit au temple de S^Pierre.
(R. V,C.,ml Cyf^7ôt^^et77),
Ré^imition de prières extraordinaires.
A esté conféré en la Compagnie sur le désir de plusieurs gens de bien de la ville sil seroit possible
Jacob ANJORRANT, Premier syndic (15664648)
Auï temps leiï pluts s ombrer d& la République Genevoiiie, ADJorraot fut envojù en Alleiaagne et en Hollande eollecter en faveur de Genève» 11 fit aussi panie de la d*;rnifere déput&tion envoyée en lt>01 k Turin auprès du duc. Voir page 63.
L'£ecali[>b parH.Dfinkîiigerf a. Goillut, Ct^ Cloth^ Eçgimann éd. îlKfS
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d'adjouster des prières extraordinaires à celles qui se prattiquent mamtenant en ceste Eglise. Mais il n'a semblé possible. Suffiront d'animer celles qui se font et les eschauffer par bonnes exhortations qui respondent à la circonstance du temps.
(iî, F. G., wL G. f 77)
Pasteurs assignés en Ve^idredi Î4 décembre. 1608 diverses placts de la mile et boulemrU pour k^ pri&res et accourafjement des soldats.
Par ce que nous craignons ancores des assauts de noire ennemi selon que tous les jours nous auons diverses alarmes et nouvelles menaces la Compagnie a trouvé bon qu'en ce cas chascun se trouvast en une certaine place ou beulevart pour estant ainsi dispersés parmi les soldatz servir par tout par bonnes exhortations à ce que tous en la vertu de Dieu sacqui tient vertueusement de leur debvoir.
D'un tableau sur les Vendredi 7 janvie?^ iûOS.
tusM pour la patrîs.
A esté aduisé qull n'est pas bon de mettre sur la cimetière le tableau qu'on a ordonné pour ceux qui sont mors pour défendre leur patrie. Et qu'il seroît plus séant de le mettre snrle lieu du conflit ou bien où il plairoit à Messieurs. Et de ceci les raisons ont esté rendues amplement.
Etablissement d'un ducaton dtestrène à Mercier qui abaissa la coulisse.
Qu'on fera présent d'an ducaton de l'argent de la Compagnie à un povre garçon blessé au jour de noslre danger et qui avoit fait ce bon service à la ville que d^abattre la coulice.