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LES CITOYENS RECONNAISSANTS LE XXXI DECEMBRE MDCCCLXHL

Le \% décembre , le 31 décembre, deux dates qui sont rapprochées sur la pierre et sur le marbre, comme elles le sont dans tous les cœurs genevois t

LESCALADE

Pnissent-ellôs être à jamais pour Genève un appel, une leçon vivante I

Puissent-elles enseîper aux jeunes générations les périls du passé, les devoirs du présentj et leur inspirer confiance dans Tavenir î

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byGoOJ

Nobles victimes

(in memoriam)

\ leur sang n^avait pas eoiilé^ ' Que serais'tu, pauvre Genfeve ?

Un petit bourgj morne, isolé, Un piiare éteint, noir, sur ta grève.

Ils ont, lea braves de jadis, Afin que ta devinsses grande, Donné tout^ et mol je te dis Qne tu méritais cette offrande.

Quels beaux lutteurs dans les combats t les rudes coups de l'épée !

Vraiment, rame de ces soldats Etait, «omme elle, bien trempée,

Quand sous le dôme obscur des cieux^ Pour sauver la cité chérie, Ils mouraient j calmes et pieux, Saluant une autre patrie.

If 6 NOBLES VICTIMES

La marbre oii s'épeUeui bura noms De Dieu prodame la patssance, TouSf devant Lui, nous eotoonons Un hymne de reconnaissance.

Car le Seigneur fait les héros Digues d'une immortelle gloire.

Et sa maiu cliange les tombeaux Eq des mon a m en ts de vïctdre I

Aux sons du tocsin désolé, Tes hommes forts ont pris le glaive :

Si leur sang n'avait pas coulé.

Que sei'aJs-tUj pauyre Genève ?

At>rcs r€lscalade

Charles GoTa, pasteur

'est en effet one merveilleuse délivraDce que celle du 1S décembre 1602, et nous comprenons fort bien qu'un écrivain qui vient de publier un drame à ce sujets ait pu lui donner pour titre : (f Genève sauvée ï j&. Cependant, est-ce que tout est terminé? Le geste que la tradilion prête à TL de Bèze, symbolisera- t-il le point linal? L'ennemi héréditaire va-t-il désarmer du jour au lendemain? Nos ancêtres étaient si convaincus dn contraire, que lorsqu'au 31 décembre le lac gela vers la Tour-Maîtresse, ce fut une

iSO APHÈs l'escalade

appréhension nouvelle que les soldats dncaux ne Tinssent à s'introduire dans la ville. Et bien d'autres faits montrent que, réveillés désormais, les Genevois font bonne garde. Punir les envahis*

seurSj reconnaître la vaillance des héros de la défense, Blandano, La Bamée, Oidoin, Isaac Mer- €im\ soit par des récompenses, soit par l'admission à la bourgeoisie, faire monter vers Dieu des actions de grâce, c'était bienj mais il restait beaucoup à faire pour consolider la victoire, et c'est ce que nous allons raconter aussi brièvement que possible.

Le 44 juillet ^603, toutes les cloches de Genève sont mises en branle, des prières sont dites dans les temples, les écoliers en liesse se faufilent partout afin de se poster au passage d'un cortège à la fois solennel etjoyeujE,

Trompettes sonnantes et tambours battants, le secrétaire d'Etat Gauîim- entouré des auditem^s et du sautier, parcourt les rues et s'arrête à chaque carrefour pour la proclamation de la paix* Tous les coeurs sont vibrants et les Genevois ne sont pas seuls à se réjouir, car les paysans de Savoie, s'empressanl nombreux dans cette Genève qui était le

A14tÈS L*ESCALÂDË it\

grand marché pour leurs produits, témoigneDt de leur allégresse et sont accueiLUs en bons Toisins*

Ce fut une heureuse journée. Charles-Emmanuel avait fini par se résigner à traiter avec « ces mesureurs de velours^ ces courtauds de boutique » pour lesquels il professait tant de dédain. C*est non de son plein gré, mais de force^ qu'il y avait été conduit.

Le 15 décembre était arrivé un secours vaudois de 350 hommes.

Le ^5 décembre, 100 soldats du bailliage de Gex, sujets du Roy.

Le 28, plusieurs compagnies bernoises. Puis le maréchal deBouiihn^ de Villars avec M, de Dissbach, de Berne, visitent les forlifîcatioiis qui, d'après leurs avis, furent consolidées; tous, hommes, femmes et enfants, se rendant à ce travail avec un entrain extraordinaire. Duplessis-Mornay envoie ses offres de service par son fils et obtient d'Henri IV la permission de lever un régiment pour venir au secours de ses cor religionn aires, A Berne, les députés Lect et Michel Roset réfutent sans peine les allégations de M, de Tourium, envoyé du duc, et ramènent avec eux deux compagnies de piquiers de Zurich et de Berne, Les villes de Bâie et de Schaff-^ house offrent de contribuer pour âOOO florins par mois.

Quant à Henri IV, il avait admirablement reçu M, de Chapeauroiige^ sinon qu'il eut Tair de ne pas

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comprendre lorsque l'ambassadeur de Genève parla argent ; pourtant il s'exécuta peu après.

C'était plas qu'une Triplice. Devant ce concert européen où font leur partie l'Angleterre, la Hollandej la Saxe, la Hesse, etc., voyant croître la mauvaise humeur du roi de France, Charles-Emmanuel Hait par se relâcher de quelques-unes de ses prétentions. Mais il en a encore de singulièrement osées* Il réclame « le château de l'Ile, son effigie sur les monnaies de la ville, un cheval blanc à la Suint-Maurice de chaque année, en signe de vasselage, a C'est pire que l'Escaladé! » répliquent les délégués de la ville qui, en véritables républicains, avaient fait quelques temps auparavant à semblables outrecuidances, cette déclaration aussi péremptoîre que fière : « Tout citoyen qui oserait entrer en pourparlers sur les prétentions de S. A., mettrait m pàil sa me et son honneur ».

Les conférences furent rompues et les Genevois, reprenant la campagne, s'en allèrent lever des contributions dans la vallée des Bornes et sur le Vuache. Ils tentèrent, mais sans succès, de prendre le château d'Etrembières avec les échelles mêmes qui avaient servi à TEscalade. Le 2 février, le Conseil avait décidé de « courir le long du lac avec (a frégate », et Baudiùhon de la Maisonneiive sema la terreur sur les rives au moyen de deux frégates montées par une centaine de soldats, Thonon et Evian, en particulier, acceptèrent de pajer une

Simon GOULART, Pasteur (1543-1628)

Auteur de : « Brief récit de ce qui avint d Genève U ûimanûke matin i2* jour de décembre Î602, pai' M, Qmilard^ Saint ■Ge>*i^aisan^ ministre du Saint Evangile, (du 14 déc, 1602), Voir aussi pages : 6g, 109.

L^EscAt^PK pur Hh DHiikiûger, A- GmUot, Ch» Goth \ Eggimann ëd, iSùi

APRÈS l'escalade 1^5

contribuiion de guerre, el Btiuilichon raiaena iiérement quatorze barques clédarées de bonne prise. On voit par ce Irait que Tamiral suisse û^îi pas toujours été lin personnage légemliiire. Peu après, le capitaine Baud va enlever près de Saint- Didier le bétail du bar&ïi d\AvuUy^ ennemi acharné de la ville.

« Les Genevois — dit M. H. Fa^y — s'étaient jetés dans la guerre avec un sombre et violent enthousiasme ; ils avaient puisé dans leurs convielions républicaines et dans leur foi religieuse l'énergie qui triomphe de tous les obstacles. »

C'était plus que de Ténergie, c'était une audace extrême que de s'en aller avec deux compagnies seulement, s'emparer de Saint-Genis-d'AosLe^ située à la limite de la Savoie et du Dauphiné^ comme le fit le colonel de Nesde. qui parvint à s'y maintenir jusqu'au 31 mars, époque ou il périt dans une embuscade avec son lieu tenant j M, de Bouchemllim^s^ et une vingtaine de soldats.

M. de Viïlars accepta le commandement périlleux de cette place et fut remplacé lui-même a Genève par le héros du combat de Monthoux^ Ouil. de Clugny.^ barmi de Conforgien, que T historien Spon appelle « un brave et intrépide guerrier ». Quant à Saint-Genis-d'Aostej elle ne fut rendue au duc qu'aprés la conclusion de la paix, malgré des djfllcultés sans nombre. Pour citer encore M, H. Fazy dans sa magistrale étude : « c'est presque un miracle que la

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petite garnison campée en pays ennemi ait pu se maintenir pendant trois mois, exposée à de continuelles attat|ues et ne pouvant compter sur aucun secours immédiat )>•

Tant de vaillance et de persévérante énergie ne furent pas inutiles. Charles-Emmanuel, après avoir fait épuiser par le président de Rochette toutes les tergiversations, toutes les ressources d'un procédurier aussi cauteleux que malin, finit par où il aurait dil commenoer, et le traité de Saint-Julien fut couché sur parchemin, établissant la liberté de commerce entre la ville et la Savoie, restituant les dîmes et accordant aux Genevois le droit de séjourner quatre fois Tan dans leurs biens en Savoie, à mndUiwi de 7ie pas dogmatiser. Le duc s'engageait à n'élever aucun fort et à n'entretenir aucune garnison dans un rayon de quatre lieues des frontières. Il fut stipulé que Genève demeurerait comprise au traité de pair perpétiielle de Vervins.

Telles sont les lignes principales de ce fameux traité dont les effets bienfaisants se feront sentir à travers les siècles et subsistent encore aujourd'hui, puisque la ^ï zone franche » de la Savoie est la confirmation pure et simple de l'état des choses créé en ^ 603. Ce fut grâce aux efforts et à la sagesse des médiateurs suisses que la paix fut rétablie et la prospérité matérielle de nos contrées assurée ^

1 H. Fazf p E|ïoque de TEgcalade, p. 556.

APHÈS l'escalade \%1

ïî

ComraenL furent-elles observées par le duc, ces clauses du traité 7 Assez maL II ne contrevint pas trop effrontément à la lettre, mais il fut continuellement infidèle à l'esprit du traité et jusqu'à sa raorl survenue à Savillan, le 26 juillet 1630, il ne cessa de ressentir ce qu'un liistorien appelle plaisamment : « la faim de Grenoble et la soif de Genève ». L'insécurité demeura constante, chaque année amenait ladécouverted'un complot nouveau.

Placée a quelques minutes du territoire savoyard, puisqu'on pouvait dire avec raison que le son des cloches de la ville était entendu de plus de Savoyards que de Genevois, accessible par le lac et n'ayant pour défense que des remparts longtemps médiocresj Geuéves ainsi que bien des lilstoriens Tont remarqué, dut son salut à un continuel miracle.

Malgré Tinsatiable désir d'une éclatante vengeance qui jusqu*à sa mort animera le fils d'Eramanuel-Philibertj toutes les tentatives seront déjouées : les magistrats veillent et les citoyens ne dorment que d'uri œih La justice d'alors» odieuse dans ses procédés, informa continuellement.

Nous serons brefs au sujet de Philibert Blondet et de son procès, dont les péripéties seraient trop lon-

!^ APRÈS I/ESGALADE

gues à raconter* Disons seulement qu'incriminé

comme syndic de la garde, il fat a plusieurs reprises accusé d'avoir compromis le salut de Genève par une négligence voulue^ soumis à cinq sortes de tortures roué vif au Molardet ses membres dispersés. Fut-il vraiment coupable? Après l'attentive lecture des pièces du procès, c'est à la conclusion de M, H- Fazy (p, 469) que nous nous rattachons :

« Les Genevois se croyaient inattaquables derrière leurs remparts, et c'est leur confiance exagérée qui faillit les perdre, mais nous ne voyons aucun motif de supposer que Blondel ait manqué volontairement à ses devoirs. La trahison se prouve mais ne se présume pas, *

Le frère de Ph, Blondel, Joseph, ancien procureur général, fut également en butte à de terribles accusations; mais, sorti victorieux des épreuves de la torture, il fut reconnu innocent et rétabli dans sa charge de notaire.

IL n'en fut pas de même pour Piert^e Canal^ le fils de l'illustre syndic Jean, tué à la Tertasse, Accusé d'entretenir des accointances avec le duc, en écrivant à une dame de Cbambéry dans un style convenUj il avoua qu'il avertissait la cour de Savoie de ce qui se passait au Conseil dont il était le sautier, et fut brillé à petit feu le 2 février \ 6^ 0, après avoir été rompu vif.

Un historien aussi attachant que patriote, M. le pasteur /. Péter, qui nous a été enlevé l'an dernierj

APjLÈs l'escâlade (29

a donné dans ses Petites Chnmiquts (p. 244 et suivO une fraîcheur nouvelle aux événeiuBnts relatés par Gautier, Spon. Tiiourel, Picot et d'autres chroniqueurs Jl décrit avec verve les procès de Jean Moliiès, pendu puis écartelé le 28 avril 1610; celui de L, Comhowmm' du TewaiL décapité en automne de la même année avec son écujer La Bastide ; celui de Monneret, puis atissi le capitaine La Rudesse, qui viola le traité de paix et avoua avoir été mesurer avec Bronaulieu la liauteurdes murailles en vue de TEscalade; celui du sergent La Rivière, de son vrai nom GinUaiime Remllet^ de Soral, décapité au Moîard pour avoir offert au marquis de Lans de faire entrer les troupes du duc par le bonlevard Saint-Antoine,

Parmi cette lugubre série, le jugement qui laissa les plus pénibles souvenirs fut celui de D.-4. CAenallat, d'une ancienne famille genevoisBj qui avait rendu au pays de grands services. Accusé de traliisoD parsonbeau-frère A^icoto Leferî, il fut arrêté, sa maison de ville et sa ferme de Satigny furent visitées, mais sans rien faire découvrir de compromettant, D'après son dénonciateur, La Taille, il aurait offert au marquis de Lans de faire entrer dans la ville un jour de marché, iOO soldats en habits de paysans; une maison louée au bastion du Pin^ aurait permis aux conjurés de prendre ce dernier. Mis à la torture, il avoua tout ce qu'on voulut, et se rétracta dès que le supplice eut cessé- Le 15 août 1618 il eut

<âO APRÈS i/eSCALADE

la t^le tranchée, mais quelques temps après La Taille fut désavoué par le marquis de Lans, Le Conseil s'élail trop hâté en condamnant un homme sur des dénonciations passionnées*

Tous ces supplices, ces jugements hâtifs, ces aveux obtenus par d'épouvantables lortureSj telles que la question, les aiïres, la corde, la beurrière, Testrapade; ces horribles procédures que nous pouvons bien qualifier de criminelles, c'est Charles- Emmanuel qui doit en porter la responsabilité. Aussi sa mort fut-elle saluée par un immense soupir de soulagement, et comme ses successeurs ne recueillirent pas dans son héritage son esprit haineux, Genève put dés lors respirer et surtout continuer, comme le dît Gaberelj jusqu'à la fin du XVIIP siècle sa double mission : la diiïusion des doctrines évangéliques et le refuge des proscrits réformés.

A partir de ce moment, du restej la cour de Turin absorbée par les affaires d'Italie et rebutée par les échecs réitérés de sa politique au-delà des Alpesj ne se prête plus aux trames ourdies contre Genève par d'autresj et des rapports d'amitié et d'excellent voisinage se renouent entre populations faites pour s'entr'aider.

kvuLs j/escai.ade fSi

Qu'on nous perraelle de ciler une appréciation très êtevée iJes conséquences <1« TEricalade. Urée des Petites Chroniques de noLi-e regretté ami, M. Péter (p. 235) :

« L'insuccès du coup de uifim, 1» victorieuse résistance des Genevois à l'entreprise de leur implacable ennemi, furent d'une grande importance au point de vue de l'histoire générale. Ce fait d'armes presque insigniliant quant au nombre des comiaattantsetdes morts, constitue un événement. La victoire du duc, en lui enlevant sa ville de refuge, eût été fatale au parti huguenot ; sa défaite le renforça. Elle mit en évidence la vie de cette nationalité genevoise, formée d'éléments si divers venus d*un peu partout et dont la religion était le lien. Elle exalta la foi religieuse du petit peuple qui luttait si vaillamment pour son indépendance. L'injuste agression dont Genève avait été Tobjet et la vaillante résistance qu'elle lui opposa, augmentèrent le nombre et l'atfection de ses amis. *

Les preuves de ce que dit M* i*éter abondent. C'est Henri IV faisant les frais d'une garnison de 300 hommes. Et vous savez si le brave Béarnais était dur à la détente. Il est vrai qu1l était engagé sur ce point par le traité de Soleure.

13)2 APHES l'escalade

C'est à !a mort de Th. de Bêze, survenue trois ans après l'EscaLcide^ les témoignages les plus précieux de sympathie arrivant en foule aux magistrats et aux pasteurs.

En 1606, c'est l'érection, dans le quartier de Rive, du bastion de Hesse ainsi nommé en reconnaissance d'un don de i 0,000 écus du landgrave de Hesse-Casselj avec celte inscription tirée du livre de Néhémie {ch, IV^ V- U) : tt Ne les craignez point, souvenezvous du Seigneur qui est grand et redoutable, et combattez pour vos frèreSj vos fils et vos filles, vos femmes et vos maisons ».

Puis, lorsqu'en 1610 le grand ami dfts Genevois tombe sous le couteau de Ramillac et que Tennemi héréditaire s'apprête à tenter un nouvel eiïort sur GenévO) c'est la ville se remplissant de soldats comme par enchantement : défenseurs et secours pécuniaires semblent sortir de terre- En 1613 c'estj comme pour Tb. de Bèze, un immense déploiement de sympalliie lors de la mort de Michel Roset, celui qui avait été quatorze fois syndic; qui, de l'alliance perpétuelle avec Berne jusqu'au traité de Saint-Julien j c'est-à*dire pendant près d'un demi-siècle, traita toutes les atfaires importantes de son pays; type du magistrat intègre et dévoué, qui vécut assez pour avoir vu refieurir cette Genève à laquelle il s'était donné corps et âme. On nous dira que cette sympathie était basée sur l'intérêt. C'est vrai en partie, soit pour Henri IV,

APIIES L*EÊCAI-ADE 133

soit pour les BenioU à {[iii la l't^iiie Elbabetli fait observer, dans une lettre célèbre , que Genève est la clef du pays de Vaud, C'est vrai pour tous ces peuples protestants auxquels racadémie de Genève fournissait des conducteurs spirituels- Mais il y a à cette sympathie un autre motîfj c'est, disons-le sans orgueils radmiralion suscitée par la vaillance de la petite République et la conviction que la Rome protestante était nécessaire, indispensable dans le plan diviUj comme contre-poids à l'influence encore écrasante des doctrines du moyen âge.

Noblesse oblige. Tant d'illustres amitiés, tant de soutiens précieux, tant de secours spirituels et matériels incrustèrent au cœur de nos ancêtres le sentiment indestructible d'une dignité sans égale. Et; dans le même temps, TËglise, afin d'empêcher Tesprit d'orgueil et d'infatualion, faisait retentir la parole apostolique : <^ Qu'as-tu que tu ne Taies reçu? Et si tu las reçu, pourquoi te glorifierais-tu ? lo

Indépendance politique, indépendance spirituelle, tels sont les fruits de la délivrance de i602; c'est ce que reconnaissent tous les historiens, parmi lesquels nous nous plaisons à citer un écrivain piémontais M. D. Carutti^ qui nous rend cet hommage :

(t Si la lutte des Pays-Bas contre l'Espagne fut longue et glorieuse, non moins longue et non moins admirable fut la résistance des Genevois qui, les premiers, donnèrent l'exemple de ce que peuvent l'amour de la liberté et la foi religieuse»»

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AIMIKS J. KSIlAr.VDE

Paisse iïuLéb jeunesse s'inspirer de. ces nobles paroles Je l'historien de Ifi maison de Savoie, et cultiver l'amour du pavs, la passion de la libertéj sous le regard de « Ce que l'aino » à l'exemple des Jean Canal, des Michel Koset et des Théodore de Bèzef

iV^li Bï^'^**^^^''^^^-^ /*'** *'î\ ^â-^î^î^^'t^^^ tCV^

Ce qu*é Taino

É que l'aino, h Maître des batailles, Qqi n'a pas peur et se rit des caitajlleSj A bien fait; voir, li nonvean, CéUe fois.

Qu'il entendait sauver les Genevois.

Décembre au douze, m uue nuit bien noire, Dont à jamais nous garderons mémoire, lia sont venus, Tan mil six cent et deux, Tout dou(;etnent jusqu'aux fossés boueux.

Elle grondait, soas nos murs, l'avalanche, D^s le malin d'un ghicial Dîmancfie ; Certainement nous tous, grands et petits, Sans le bon Dieu nous étions engloutis.

Oui^ dans son bras réside la victoire ; C'est â Lui seul qu'en revient toute gloire ! Que son saint nom soit a jamais béni I Amen, amen \ Il a tout bien fini 1

S)ocumeiits

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