IU^TE%VIEW
Toutes les interviews publiées par nous sont de fantaisie.
Vu l'échange continuel des convictions et des caractères, nous ne garantissons pas plus la capacité des colonnes que celle des interviewés.
CHEZ M. MUSSLECK
Monsieur, nous venons vous demander ce que vous pensez de la décision prise par la commission des théâtres, qui veut s'occuper, cet hiver, des dangers d’incendie que peuvent offrir les salles de cafés-concerts.
— Ça m’est bien égal, monsieur, les dangers d'incendie ! Je suis assuré !
— Mais le public ? Si l’incendie se déclare lorsque votre salle est, comme toujours, absolument remplie ?
— Oh ! en ce cas, monsieur, répond le directeur avec un sourire, il n’y a aucun danger pour les spectateurs. Mon concert a deux dégagements très larges dans lesquels une personne de moyenne corporence peut très bien passer, de front. Il y en a même un autre où, en cas d’incendie, on pourrait faire partir les enfants au-dessous de dix ans. De plus, les murs de mon établissement étant très minces, le feu ouvrirait rapidement des brèches par lesquelles s’en irait tranquillement le public.
Ainsi, vous voyez que je n'ai rien à craindre de la visite de la commission. Après les débuts difficiles que j’ai eus...
— Ah oui ! interrompons-nous, vous avez eu des débuts assez... ? Vous avez, parait-il, été plongeur, rue du Chabanais?
— Non, monsieur, je n’ai pas été plongeur, au contraire !
J'essuyais la vaisselle !
Je fis un mariage heureux, puis, grâce à ma conduite et mes bons antécédents, je pus ouvrir un petit concert à Grenelle et ensuite l'établissement que je tiens maintenant. Vous connaissez, monsieur, tous les efforts que j'ai faits pour relever le niveau du café-concert; on a chanté chez moi des morceaux d’opéra : la Favorite, la Juive, Miss Hélyett, etc. Et tenez, on vient justement de créer un monologue qui fera, pour sûr, le tour des salons : « On peut scier dans les coins... »
— Votre concert a succédé à une ancienne écurie. n’est-ce pas? Des gens mal intentionnés prétendent même que, chez vous, ça sent toujours le vieux cheval ?
— Monsieur, c’est infâme! On a dit aussi qu’on pouvait, l’écurie n’avant jamais été désinfectée, attraper le choléra où la morve. Comme si deux ou trois heures passées dans un endroit pouvaient suffire pour gagner cette terrible maladie !... Monsieur, je méprise ces attaques inspirées par l’envie qu’excite la prospérité de mon établissement. Car je n'ai pas les frais des autres maisons, ma publicité étant faite presque gratuitement, ce qui m’a permis d’engager Fragson. qui va incessamment faire ses débuts ici.
— Mais permettez! Le directeur du Concert Européen prétend que cet artiste reste chez lui.
— Pas du tout. Je lui fais un pont d’or et il viendra chez moi, comme y sont venues presque toutes les célébrités du concert.
— Yvette Guilbert?
— Oui, Yvette Guilbei t. — Et, quoiqu’on en dise, nous avons gardé un excellent souvenir l’un de l’autre.
— Ensuite. Irma Perrot?
— Oui, Irma Perrot. Seulement, cette artiste.
qui a, certes, un talent neuf et original aurait voulu faire autour de son nom une colossale publicité et inonder Paris de ses affiches...
— Mais je ne vois pas...
— Oui, mais moi, je voyais. Savez-vous qui aurait payé ces affiches?... Moi, monsieur, oui. moi! Et I avais déjà fait les plus grands sacrifices pour lui donner l’autorisation de s'adresser à un artiste célèbre!... D’ailleurs, je ne suis pas du tout partisan de ces réclames forcenées qui n'en imposent plus au public. Ne vaut-il pas mieux dépenser son temps et son argent à composer d’intéressants spectacles? C’est là le seul moyen d’attirer les foules, et j’en sais quelque chose : Crovez-vous que ce soit pour rien qu’il passe tant de" monde tous les jours Faubourg Saint-Denis, devant la porte de mon établissement? J’arrive à avoir ainsi le public intelligent. En ce moment, au concert, la mode est aux vieilles gloires. Je ne vous citerai pas tel ou tel établissement dans lesquels des artistes, dont les crinolines connurent jadis la gloire au théâtre, tiennent à recueillir des derniers lauriers qui ont. pour ainsi dire, quelque chose de posthume... pardon, je voulais dire de postiche Mais chez moi.
ici, est-ce que vous n’en trouvez pas. des célébrités qui datent? Est-ce que je ne me mets pas en quatre pour découvrir, dans des provinces éloignées, de fidèles gardiennes des anciennes traditions qui ont fait la joie de garnisons successives?
Et c'est à l'heure ou je m’impose tous ces sacrifices qu'une commission quelconque viendrait chez moi m’imposer des changements ou des réparations? Les réparations à faire sont toutes morales, monsieur. Et. un gouvernement habile ne doit pas loucher au Café-Concert, expression de I’intellectuahté de la grande ville! Au Café-Concert, nous travaillons pour l’avenir — et moi. pour ma part, j’en suis fier! Comme me le disait l'autre jour un député socialiste qui fréquente mon établissement : « La révolution nécessaire est une révolution philosophique — et le Concert la commencera, cel'e révolution, en faisant l’éducation des masses ». El tou'es les éducations se payent!!!
Et d’ailleurs, reprit M. Mussleck. chez moi. di les-le bien, il n'v a aucun danger d’incendie. Dans les autres concerts, comme en mon établissement. on fume — mais au Parisien, monsieur, on crache ! ....
Nous prenons congé.
En sortant nous constatons la justesse des dires, de M. Mussleck : les dégagements sont très suiïis.ints : nous avons pu passer par les corridors.
L’Interviewer.
THÈzlT%ES
Variétés. — Le succès de Madame Satan s'accentue de jour en jour. Brasseur et Mlle Lender, surtout... Mais à quoi bon un panégyrique — après le dessin de Toulouse-Lautrec?
.lia pau.... la pan.... la pau..., revue de grand spectacle, en trois actes et n ta- Milher et Gandillot.
ae revue, mais avec les hommes d'esprit Gandillot, cher à M. Sarcey, et Milher, ; du Palais-Royal, on pouvait s'atten-
De jeunes et jolies filles, court-vêtues, viennent, tour à tour, déclarer qu'elles sont : l’Alliance franco-russe, le Port de Toulon, la nouvelle Chambre, une branche de l’arbre des Rougon-Macquart, etc. Elles chantent avec une gentille petite voix des couplets lestement troussés ; . le compère ou la commère dit un mot drôle, et ça continue comme ça pendant onze tableaux. Aussi, le public, un peu désarçonné d’abord, a-t-il fait fête à cette manière toute nouvelle de comprendre la revue.
A citer surtout une scène inattendue et qui a eu un
Dans un tableau d’une très belle mise en scène, représentant le vestibule de l'Opéra, le soir du gala, avec les drapeaux des deux grandes nations amies manant leurs couleurs, le compère et la commère attendent les
I (sCscarmoucfjë
invités. Une fanfare, tout à coup, joue la Marseillaise • « Ah: voilà des Français! » dit la commère. — Tu as raison, répond son pr.Magoniste.ee sont des Russes! »...
Les costumes et les décors sont tout neufs. Les mots aussi.
La revue est menée rondement par M. Véret et Mlle Verly, autour desquels gravite un essaim de charmantes femmes.
(’.AITÉ. — Débuts de Mme Bob Walter, dans les B i cyclistes en voyage. Grand succès.
Palais-Royal. — Leurs Gigoleltes, comédie en quatre actes de MM. Meilhac et Saint-Albin.
Des quiproquos, des placards, des fenêtres par lesquelles on se sauve, des vasistas qu'on défonce; et au dénouement, un gant et un mouchoir retrouvés, qui arrangent tout. Une grosse pelote de ficelles !
Mais 1 esprit de Saint-Albin et le parisianisme quintessencié de Meilhac, donnent une saveur délicieuse à ce vaudeville qui serait, ou quelconque, ou désastreux traité par d'autres.
Le troisième acte, surtout, a été un succès'de fou rire. Je le recommande aux hypocondriaques
L'excellente troupe du Palais-Royal a très bien enlevé cette comédie, qui s’annonce comme un grand succès. Citons, tout' particulièrement, Saint-Germain Millier et Calvin, et Mlle Cerny — d'une agilité vraiment merveilleuse.
Bouffes du Nord. — L'Ennemi du Peuple, de H. Ibsen. (Représentation donnée par l’Œuvre.)
La pièce est si belle quelle a résisté victorieusement à l'interprétation deM. Lugné-Poë.
Nous avons écouté avec plaisir la conférence du poète Laurent Tailhade, qui présidait la réprésentation. Il est des vérités qui, si elles ne sont pas toujours bonnes à dire, sont toujours bonnes à entendre.
Théâtre des Poètes. — L 'Empereur, drame en cinq actes, en vers, de M. Grandmougin.
Encore un Empereur ! Encore un drame en cinq actes ! Encore des vers! Encore M. Grandmougin.
P. -S'. — M. Sarcey, dans son dernier feuilleton, rend compte de la Faillite, jouée au Théâtre-Libre. Il n'a pas compris la pièce, cela va sans dire, et l'avoue— naturellement.
Rien que d’ordinaire, jusqu'ici. Mais où M. Sarcev dépasse les bornes permises — même à lui — c'est lorsqu'il attribue à un monsieur qui figura dans la pièce, les éloges que mérita l'artiste qui s'appelle Gémier.
Ce n'est pas tout d'être influent : il faudrait encore être honnête.
Nous sommes convaincus que M. Francis (nous supprimons la conjonction ; à son âge!) nous sommes convaincus que M. Francis Sarcey, s'il s'agissait de découvrir ’e nom d'une cabotine dont l’allure crapuleuse aurait excité ses nerfs — les nerfs de Sarcev ! — n'hésiterait jamais à se mettre martel en tête.
Hryus de ïa Presse
‘Pour être sûr Je ne pas laisser échapper un journal qui l'aurait nommé, il était abonné à /'Argus de'la Presse. « qui lit. découpe et traduit tous les journaux du monde, et en fournit les extraits sur n'importe quel sujet. »
L' -drgus de la Tresse fournit aux artistes, littérateurs, savants, hommes politiques, tout ce qui paraît sur leur compte dans les journaux et revues du monde entier.
L ifrgus de la Tresse est le collaborateur indiqué detous ceux qui préparent un ouvrage, étudient une question, s’occupent de statistique, etc., etc.
S'adresser aux bureaux de / Argus, i55, rue Montmartre, Taris. — Téléphone.
L'Argus lit 5.000 journaux par jour.
ROBES ET MANTEAUX
mme Quentin
S j, cRiie Labruyere , 3f , TARIS
1 B^qa^mouqf)^
JOURNAL HEBDOMADAIRE
Tenait le ‘ Dimanche. .p
ï^édacïion ef Jldminisïraïion
TOUS LES JOURS
De 5 h. à 7 heures
Hnnuaii^ Xlnive^el