‹ L'escarmoucheChapitre 46 sur 83 · PETITS ^DOCUMENTS · texte numérisé non relu

PETITS ^DOCUMENTS

Idylle Royale

Hélas ! ce n’est pas seulement sur le trottoir que l'on peut entendre la douloureuse chanson :

J'ai perdu mon Gigolo...

Ce n’est pas seulement non plus sur les planches de l’ Ambigu... c’est sur les marches du trône!

La princesse Hélène n'épousera pas le Tzarewitch !

La plaie faite à son cœur par la mort du duc de Cla^ rcncc ne peut se fermer.

Elle l’aima trop pour en aimer un autre.

On sait jusqu’où alla cet amour, et comme l'infortunée princesse se rendit, seule, jusqu’aux pieds de notre Saint Père le Pape, mendier une dispense qui lui permit, en épousant Clarence, de combler les désirs les plus chers de sa famille, de son cœur — de la France ! — Mais non ceux de Dieu, mais non ceux de la reli»

^'cette dispense, qui aurait uni la descendante de tant de rois catholiques au descendant d’une race de schismatiques monarques, — cette dispense que Pierre l'infaillible eût, à de youtres barons sans crainte accordée, il la refusa ; il eût accueilli la main de Jacob, il écarta celle de Saint-Louis !

Qu’il est amer, le récit de cette entrevue, tel que le rapporte le Figaro ! Et quelle force, — quelle grâce divine, plutôt, il fallut au vieillard, pour résister à tant de larmes !

Mais il avait redouté d'être seul. Un reporter assistait A l’entretien. Laissons-le parler :

« Elle lui dépeignit l'état de son âme. Elle lui raconta c0n amour... Léon XIII demeura inflexible...

La jeune princesse, les yeux baignés de larmes, sentait jaillir sur ses lèvres une éloquence émouvante ... »

’ Le Pape : « Oui, je comprends vos angoisses, je les res'ans. Mais quand on a l’honneur et la gloire... la foi de Saint-Louis, etc., etc. Si vous l’aimez, c’est vous qui devez l’adjurer de consentir à accepter d’autres liens ! »

L’adjura-t-elle?... Hélas ! les autres liens qu’il accepta sont ceux de la mort!! — Mais reprenons le Figaro :

« Et sur ces paroles, le Saint Père, dont les forces étaient visiblement à bout, étendit ses mains sur le front de la jeune princesse agenouillée!!! »

Qand il étend scs mains dans ce sens-là, rien de

Ah! ma fille, veux-tu que jeté dise? tu n’as pas su l’y prendre!... ,

Mais à quoi bon, maintenant, puisqu il n est plus !...

Hélas ! Pauvre cœur désolé, qui te consolera?

Madame Séverine, ah! faites-vous, pour cette fois, agent matrimonial; tendez les mains, rapportez un prince dans votre sébille, qui, pour d’autres malheurs, se remplit de tant de gros sous, de vieux souliers, de bonnes couvertures... etc!... Allons! écrivez bien gros :

Princesse du sang à marier !

Après tout, si le cœur t’en dit, la belle Hélène, il y a encore des petits Carnot. C’est une dynastie assez chouette, et, vois-tu, une dynastie de tout repos.

A ta place...

P. S. — M. d'Haussonivlle vient d’adresser un démenti formel au rédacteur du Figaro.

Que penser d’un rédacteur qui signe : Amiens et traîne ainsi dans la boue une princesse déjà trop malheureuse !

Non, cc n’est pas vrai La princesse Hélène d’Orléans n’a eu aucune entrevue avec le Pape.

Morel.

BIBLIOGRAPHIE

Chez Plon, France noire. 1 volume de M. Marcel Monnier. L'auteur, qui a été attaché à la mission Binger dans son voyage de la Côte d’ivoire au pays de Kong, raconte cette expédition dans un récit plein d’observations et d’anecclotes pittoresques. Ce livre offre tout l’attrait d’un roman d’aventures, et une quarantaine de gravures faites d’après les photographies mêmes de 1 auteur, nous font voir, sous son vrai jour, ce pays inconnu.

Chez Ollendorf, Ce quelle voulait, un volume de M. Pierre Maél.

Un roman sentimental, assez émouvant et très honnête, dont nous recommandons la lecture un peu émolliente aux jeunes filles qui serrent trop leur corset.

<L‘ (Escarmouche, tendra compte chaque ôemainej?, de toute publication dont il lui àeta adteààé deux exemptai teajj.

THÉqAT%ES

Variétés. — Les Brigands, opéra-bouffe en trois actes, de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de J. Offenbach.

Les Variétés viennent de reprendre les Brigands, qui sont peut-être l'œuvre la mieux écrite de Jacques Offenbach et, certainement, la plus complété. Cette opérette est, en son genre, un chef-d’œuvre. Depuis le 10 décembre i8ûq, date de la première représentation, elle n'a pas vieilli; elle a gardé le prestige et l'attrait qu’elle offrit il y a vingt-quatre ans. D'ailleurs est-ce que ça peut vieillir, l'ironie fine, la plaisanterie, caricaturale si l’on veut, mais toujours pittoresque, l’originalité dans ce qu’elle a de plus inattendu et de plus délicatement spirituel? Ces qualités, qui constituent la gaieté, cette ■’aieté franche et saine dont nous sommes si privés, à présent, compositeur et auteurs ont su en faire preuve d'un bout à l'autre des trois actes des Brigands.

Du reste, les recettes magnifiques qu’encaissent les Variétés suffisent à démontrer combien M. Samuel fut bien inspiré en reprenant le célèbre opéra-bouffe d'Offenbach.

La pièce, il faut le dire, est supérieurement montée. La décoration est des plus coquettes et les costumes d'une merveilleuse élégance. L'interprétation, naturellement, est excellente. Qui citer?

Dupuis, étonnant de joie et de verve? Baron, d'une bouffonnerie si originale dans ce rôle de chef des carabiniers qu'il créa? Cooper, Lassouche, Petit, Cobm, fantaisistes étourdissants? Mlle Marguerite Ugalde, qui porte si allègrement le travesti de l-'ragoletto? Mlle Mathilde Auguez. l'incomparable ingénue? Mademoiselle Lavallière, délicieuse sous le noir pourpoint d’Adolphe de Valladolid ?... , .

Mais nous n'en finirions pas. Et M.Fock, 1 habile chet d'orchestre des Variétés, ne verrait jamais venir son tou**

Gymnase. — La Servante, comédie en quatre actes, de M. Lafontaine. .

Pièce excellente. Nous espérons quelle tiendra l’affiche jusqu’au 15 janvier. En ce cas, les mamans soucieuses d’un amusement honnête et modéré pour leurs demoiselles, pourront inscrire un fauteuil pour la Servante sur la liste des étrennes utiles. Mme Marie Laurent et M Lafontaine ont tout cc qu'il faut pour inspirer aux jeunesses, tout en les intéressant, le respect qu'on doit au grand âge. Quant à Mlle Darlaud, on se demande ce qu'elle vient faire dans cette galere — ou dans .cette patache.

Nous apprenons, au dernier moment, que la Serrante est sur le point de rendre son tablier. Nous espérons que M. Coppée, académicien influent, lui lera obtenir le prix Montyon.

ï’êCçcaçmoucfj^

La première partie, la Montée, se compose de deux chants : i° le général; 2° le consul; la deuxième partie, I’Apogée, comprend : 3- l'Empereur ; 4- le Tyran; la troisième partie, la Chute, comprend : y la Folie ■ 6 • la Fatalité.

,A vrai d're, Napoléon n’a rien d’une pièce de théâtre. C est une succession de décors, de toiles de fond qui se déroulent. C est, dans un cadre immensément agrandi, l 'Epopée que tout Paris vit chez Salis. Le rAic des acteurs se trouve réduit à presque rien. Citons : Mlle Germaine Gallois, Mlles Lamart et Samuel, MM. Garnier, Gravier, Desjardins, Daltour et Péricaud.

M. Deremboorg, après l’échec de la combinaison Colonne, a demandé à la commission des auteurs de transformer VEden en café-concert.

11 eut mieux valu, sans doute, élaborer des programmes qui eussent attiré le public dans une salle d’où l’éloignaient l'exécution d'œuvres auxquelles la mort récente de leur auteur ne saurait donner une valeur qu’elles n ont point.

Pour entendre la Damnation de Faust, la foule a envahi VEden. M. Derembourg aurait dû comprendre.

Les représentations publiques du Théâtre-Libre continueront à l'Eden-Théâtre, malgré la cessation des concerts Colonne, les deux combinaisons étant indépendantes.

Le 1 héâtre-Libre joue à l’Eden tous les mercredis, vendredis et dimanches. M. Antoine a adopté pour ces représentations le tarif suivant :

Loges et baignoires, 5 francs; orchestre et balcon, 3 irancs ; second étage, 2 francs ; troisième étage, 1 franc. Location sans augmentation de prix.

Toutes nos félicitations à M. Antoine pour cette intelligente initiative — que le succès consacre.

Voici la distribution des principaux rôles du Ruban, la comédie de MM. G. Feydeau et M. Desvallières, qui vient d’entrer en répétitions à l’Odéon :

MM. Dailly, Paginet. — Cornaglia, Livergin. — Baron nls, Dardillon. — Clerget, Plumarel. — Mmes Raucourt, Paginet. — Syma, Simonne. — Roybet, Targinette.

L Olympia donnera désormais des matinées de jeudi.

Le spectacle, le même que le soir, comprendra toutes les attractions de ce splendide music-hall; Inaudi, le roi des calculateurs, Brighton, le ratissant ballet de L. \\ entzel, la danse serpentine au milieu des lions par Mlle de Sandowa, et le dompteur Max-Himm.

• •'es intéressant début, l'autre i>oir, au Casino de Pari s, celui du sextuor toulousain; on a rarement entendu, a Pans, des chanteurs doués de voix aussi remarquables comme timbre et comme étendue. On les a rappelés quatre fois. Les «Hommes-Diamants » ont eu aussi leur triomphe accoutumé, ainsi que le charmant ballet Tentations dont tous les morceaux sont bissés chaque soir.

‘PROGRAMME DES THÉÂTRES

Opéra. — 7 h. 1/2. — Faust.

Français. - 7 h. 1/2.- Antigone.

Odeon. — 8 h. — Le Joueur. — Andromague.

Opera-Comique. — 7 h. 3/4. — L'Amour-médecin.— Le Pr aux Clercs.

Vaudeville. — 8 h. 1/2. — Madame Sans-GCne.

Gymnase. — 8 h. 1/4. — La Servante. - Un flagrant élit. Palais-Royal. — 8 h. 1/4. — Leurs Gigolettcs. Variétés. — 8 h. 1/4. — Modes â l’entresol.— Les Brigand1 Nouveautés. - 8 h. 3/4. - Mon Prince. b

Renaissance. - 8 h. 1/2. - Les Rois.

Bouffes-Parisiens. — 8 h. - Mam’xelle Carabin Porte-aint-Martin. — Napoléon.

^Uon’s — 8 h' I/,4‘ — Les Bicyclistes en voyage. — Le

rnii,®Si'I?ramualiqUef’ - 8 h- - Les Petits Mousquetaires Châtelet. - 8 h. - Le Chat du Diable.

Ambigu. — 8 h. — Gigolette.

Menus-Plaisirs. -8 h. »/„. - Un et un font trois. - Ui ba.scr en diligence. — Les Crises du Mariage.

Théâtre Cluny. — 8 h. 1/4. — irrésistible. — Ahl. h Pau... La Pau... La Pau...

Nouveau-Théâtre. - 8 h. 1/2. - La Prétentaine*

Dejazet. — 8 h. 1/2. — Lcs six femmes de Paul.

Théâtre de la Republique (Château-d’Eaul — 8 h -

LAssommoir.

gouffes-du-Nord.— 8 h.— Naux.

Théâtre Moncey. - 8 h. 1 4. - La Grâcr de Dien. Robert-Houdin. — Tous les soirs, â 8 h. 1/2. — Prestidicitation. — Le Charlatan. — La Source enchantée. — Le Daee^fûœs^àTh m,°2e°le' ~ Uatinées. les jeudis, dimanches Folies-Bergère. - Ia Loïe Fuller. - Baronne de Rahden — Les Craggs. — Les Hanlon. — L’Arc-cn-ciel. — France- Russie ballets.— Dimanches et fêtes, matinées °®8“° Pari8. -Les Ncwsky. Dalc et Rovston. - If in i f n ' Pan‘omime- - Le* mercredis et samedis te te de nuit. Dimanches, matinées 1 fr.

Olympia. — Inaudi, Naya, Brighton, ballet. — Serpentine au milieu des fauves par Mlle de Sandowa, dompteur Max Himm. — Dimanches et fêtes matinées réservées aux familles. Tous les jeudis, soirées de gala. Entrée : 2 fr. Eldorado. — Kam-Hill, Bonnaire. — On demande des Culottiùrcs, vaudeville en un acte. — Dimanches et fûtes, matinée â deux heures.

Scala. — Polin, Bourges. — L’Héritière des Carapatas, opérette-bouffe. — Dimanches et fûtes, matinée à 2 heures. Petit-Casino. — 8 h. 1/2. — La Vlakirit, opéra-bouffe en deux tableaux. Mmes Piccaluga, F.. Buffet; MM. Vaunel. Caudieux. — Dimanches â 2 h., matinée à prix réduits. Nouveau-Cirque. - Tous les soirs â 8 h. 1/2. Le Yacht, de M. Durand, pantomim» nautique. — Mercredis, jeudis, dimanches et fûtes, matinée â 2 h. 1/2.

Moulin-Rouge. - Tous les soirs û 8 h. 1/3. — Spectacle- Concert-Bal. — Dimanche matinée, mercredis et samedis â deux heures, grande fûte de nuit.

Pôle Nord, 18, rue de Clichy. — Toute la journée, Patinage sur vraie glace.

Concert-Européen (PL Clichy, 5, rue Blot). — Tous les soirs à 10 h. — Fragson dans son répertoire. G. Chalon, Sézanne. — Dimanches et fûtes, matinée â 2 heures.

Jardin Zoologique d’Acclimatation. — Concert dans le Palais d’hiver, tous les jours de 3 A 5 h.

Palais de l’Industrie. — Exposition du Progrès. Ouverture toute la journée. Concerts â trois heures. Orchestre L. Mayeur, de l'Opéra. Vendredi, festival, chœurs et solis.

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