‹ L'escarmoucheChapitre 66 sur 83 · COUPS DE PLUMES · texte numérisé non relu

COUPS DE PLUMES

Se M. Francis L,aur est incorrigible, Il vient d’annoncer à MM. Degouy et Delguey, les deux officiers français

détenus à la citadelle de Gïalz, que le

service de son journal : L'écot des mimes, leur serait fait gratuitement pendant six années,

On se demande, d’abord, en quoi des notions exactes sur ce que peuvent avoir à payer, pour exercer leur industrie, M. Laur et les polichinelles de sa bande, doit intéresser MM. Degouy et Delguey.

Et puis, existe-t-il un meilleur moyen de faire croire û l’Allemagne que personne, en France, ne compte sur l’élargissement anticipé de nos deux compatriotes?

C’est décidément Me Ajalbert qui doit défendre Vaillant devant la Cour d’Assises de la Seine.

Nous croyons devoir prévenir M' Ajalbert qu’un .traquenard^ est, d'ores et déjà, tendu û la défense. Les blessés, qui devraient être appelés comme témoins, ne seront pas appelés, parait-il; on entendra seulement le médecin-légiste.

Si le médecin-légiste en question est toujours celui qu’on avait l’intention, il y a seulement quelques jours, d’envoyer pérorer à la barre, nous prévenons M" Ajalbert que nous pourrons, en temps voulu, lui fournir d’utiles renseignements.

On annonce qu’un « Syndicat des Prêtres Indépendants » vient de de former. Ce n’est que le début d’une levée de goupillons que doit opérer, avant peu, la bohème ecclésiastique.

Nous publierons, ces jours-ci, des documents intéressants sur ce mouvement, beaucoup plus important qu’il n’en a l’air.

Une coquille regrettable défigure le dernier article du sympathique M. Henry Bauer. Il y parle, avec éloges, d’un « conjrère masqué qui inaugura, dans Y Écho de Paris, la chronique éminemment railleuse de Mastuvu. »

Les typographes se sont trompés. Ce n’est pas masqué qu’il faut lire. C’est .-marqué.

Le jeune et intelligent M. Edmond Deschaumes publie : Le pays des nègres blancs.

Un vrai Schœlcher, avant la lettre -- de faire part.

Plusieurs de nos confrères se sont plaints, dernièrement, à propos du lancement d’un nouveau navire, l’ Invincible, qu’on attribuât à nos vaisseaux des dénominations banales, au lieu de leur donner les noms de nos gloires maritimes.

La réclamation nous paraît des plus justifiées. Nous apprenons, justement, que l’aviso-transport la Rance entrera en armement définitif â Lorient, le io janvier prochain.

La Rance! Qu’est-ce que ça dit, la Rance? Pas grand’chose. Une méchante rivière...

Seràit-il bien difficile, pendant qu’il en est temps encore, de masculiniser le. nom de l’aviso-transport, et de l’appeler : le Ranci

Ce serait un hommage mérité rendu à l’un de nos marins — d’eau truuble — les plus distingués.

Les fêtes franco-russes d’octobre dernier ont laissé dans tous les cœurs et dans tous les esprits

■des traces trop profondes pour ne pas éveiller en même temps l’idée d’en conserver un souvenir durable. A cet effet, l’ouvrage de M. John Grand- Car teret : les Caricatures sur l'alliance francorusse, que son prix des plus abordables (i fr. 50) met à la portée de tous, donne, ?ous une forme excessivement amusante, vive et frappante, à l’aide d’une centaine de reproductions prises dans lesjournaux illustrés de tous les pays, un état exact de l’opinion publique, non seulement en France, mais dans toute l’Europe, particulièrement en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Suisse,-: album divertissant comme une « comédie aux cent actes divers », instructif comme un document d’histoire.

Puisque nous parlons de M. John Grand-Carteret, nous ne pouvons oublier de recommander, en cette fin d’année, le Livre et l'Image, la publication si intéressante qu’il dirige avec tant de goût.

Le numéro exceptionnel qui vient de paraître est, â tous les points de vue, une pure merveille.

Les peintres néo- impressionnistes : Charles Angrand, Henri-Edmond Cross, Maximilien I.uce, Hippolyte Petitjean, Lucien Pissaro, Antoine de La Rochefoucauld, Paul Signac, Théo van Rvsselberghe, ont organisé, 20, rue Laffitte, une exposition permanente de leurs œuvres.

Les œuvres exposées par le groupe seront renouvelées chaque mois.

A ces expositions collectives succéderont des expositions particulières de chacun des peintres de cette association.

Nous reparlerons de cette exposition.

Indiscrétions artistiques.

Chéret met la dernièré main à deux alfiches.

L’une ('double colombier ) synthétise les Bals de l’Opéra pour 1894.

L’autre ( double colombier aussi), illustre Emilienne d'Alençon au Bal des Quat z'arts.

M. de Toulouse-Lautrec, le collaborateur assidu de Y Escarmouche met la dernière main â une affiche ( colombier ) représentant le chansonnier Bruant, et qui fera sensation.

Simple question :

Est-ce avec l’autorisation de M. Degas que son tableau : La répétition â l'Opéra a été reproduit dans la Revue encyclopédique?

THÉÂTRES

Eden-Théatre. — Les spectacles concerts : Rue Boudreau, inauguration du spectacle-concert-promenade au prix unique de deux francs à toutes places. Nous avons applaudi miss Oméga, Mlles Thilma et Violette, M. Raiter dans leur répertoire: miss Lalo (rien du compositeur) dans ses exercices de vélocipédie ; les jongleurs Anatis ; Quelgaro le Japonais; Rose Pompon, danseuse marseillaise excentrique: les gitanas de Grenade ; les frères Onzelia; et, par-dessus tout, un cochon, un cochon dressé par Rosco qui dit : « Papa, maman » comme les bébés aux approches du jour de l'an, avec des indexions de voix tout aussi caressantes.

Ne négligeons pas de dire aussi que la charmante Bob Walter exécute la danse serpentine dans la cage aux lions présentés par Georges Marck, le célébré dompteur

Folies-Duamatiques. — Cousin-Cousine, opérette en trois actes de MM. Ordonneau et H. Ivéroul, musique de M. Gaston Serpette '

Un franc succès que mérite à tout égard l'aimable directeur M. Vizentini.

On rit, on chante, on rit encore et cette gaieté endial^lge

qui prend ses ébats librement sur la scène, emporte le public dans un tourbillon de joie qu'accélère encore la musique folle du spirituel prix de Rome Serpette, qui ne croit pas déroger — ne pas confondre avec le Victor de ce nom — en se dédiant à l'opérétîe.

11 a certes bien raison et je désire que les conseils qu'il vient de donner à Madame le Diable, au Chatean de Tire-Larigot, à Mme Lambert-Adam et Eve ne soent que les premiers d'une longue lignée. Ce sera tout bénéfice pour nous autres, que le pessimisme ambiant exaspère à la fin.

Cousin-Cousine, a trouvé dans MM. Guv, Guvon fils, Mlles Debério, Vauthier, Tusini, Balthy; les interprètes qui lui convenaient.

Téatre-Libre. — M. Antonin n'a pas eu la main heureuse pour le choix de son spectacle.

L' Inquiétude de MM. Couturier et Perrin est une petite étude de médiocre intérêt qui nous fait assister aux souffrances d’un instituteur jaloux et de santé médiocre, qui se figure que sa femme le trompe avec un adjoint que l’administration lui a donné depuis peu.

La femme, qui ne songe guère à pécher, est poussée sur la voiejdc la faute par le jobard soupçonneux et il est probable qu'elle succombera aux attaques du soupirant, lorsque, phénomène discutable, l’attraction exercée sur elle par le coadjuteur de son mari perd toute puissance par suite de la mort de celui-ci.

MM. Antoine etGémier jouent du mieux qu'ils peuvent des personnages ébauchés à peine. Mme Savelli a de l'accent dramatique dans le rôle de la jeune femme : et Mme Barny dessine naturellement — le naturel des planches bien entendu — une silhouette de bonne mère.

Les amants éternels, pantomime qui venait ensuite, est une pantalonnade ridicule, tout à fait indigne du Théâtre- Libre.

M. Gèmier, pourtant a su nous amuser.

Opéra. — Gu’éndoline, opéra en trois actes de M. Catulle Mendès, musique de M. Emmanuel Chabrier.

Cette pièce refusée par tous les théâtres de Paris, jouée dans plusieurs villes de l'Etrangera triomphé hier sur !a scène de notre Académie nationale de musique.

Nous attendons une nouvelle représentation pour le juger en toute conscience.

Constatons pour l'instant, le succès obtenu par les interprètes

Mlle Berthet est une Gwendoline exquise.

M. Renaud a des accents d’une énergie peu commune sous le masque d’Harald.

M, Vague! n'a que quelques mesures à chanter.

L'orchestre a été comme toujours admirable.

Quant aux décors et costumes, la direction s’est imposé de lourds sacrifices. (Cliché).

‘PROGRAMME DES THÉÂTRES

Opéra. — 7 h. 1/2. — Gwendoline.

Français. — 7 h. 1/2.— Antigone Odéon. — 8 h. — I.c Fils Naturel.

Opéra-Comique. — 7 h. 3/4. — Le Pré aux Clercs. — Les

Folies Amoureuses.

Vaudeville. — 8 h. 1 ». — Madame Sans-Gêne.

Variétés. — 8 h. — Les Brigands.

Gymnase. — 8 h. 1 '4. — La Duchesse de Montélimar Palais-Royal. — 8 h. 1/4. — Leurs Gigolettes. Nouveautés. — 8 li. 3/4. — Mon Prince.

Renaissance. — 8 h. 1, 2. — La Dame aux Camélias. — Phèdre.

Bouffes-Parisiens. — 8 h. — Mam'zelle Carabin. Porte-"aint-Martin. — Napoléon.

dLaité. — 8 h. 1/4. — Surcouf.

Folies-Dramatiques. — 8 h. — Cousin-Cousine.

Châtelet. — 8 h. — Le Chat du Diable.

Ambigu. - 8 h. — Gigolclte.

Menus-Plaisirs. — 8 h. >• -, — Relâche.

Théâtre Cluny — 8 h. 1,4. — irrésistible. — Ah !... la Pau... La Pau... La Pau...

Nouveau-Théâtre. — 8 h. 1 '2. - Miss Dollar.

Déjazet. — 8 h. 1 2. Les six femmes de Paul.

Théâtre de la République (Château-d’Eau). — 8 h. — L’Assommoir.

Théâtre Moncey. — 8 h. 1 '4. — Rogcr-la-Honte. Robert-Houdin. Tous les soirs, à 8 h. 1/2. — Prestidigitation. — Le Charlatan. — La Source enchantée. — Le Dai- Kang, énigme mongole. - Matinées, les jeudis, dimanches, et fûtes, â 2 h. 1/2.

Folies-Bergère. — La Loïc Fullcr. — Emilicnnc d'Alençon.

— Baronne de Rahdcn.— Esthcr Lckain. — Emilienne aux Quat’z’Arts. — Ballets. — Dimanches et fêtes, matinées.

Casino de Paris.— Tous les |ours, spectacle, concert, bal.

— Les mercredis et samedis, fête de nuit. — Dimanches, matinées à 3 fr.. — Brouiller et Uitcr, vélocipédistcs. — i pressa ré. : et ses ours mervcillcnx. — Les Newsky. — Dalc et Royston. — Tentations, pantomime. — Les mercredis et samedis fête de nuit. Dimanches, matinées 1 fr.

Olympia. — Inaudi, Naya, Brighton, ballet. — Serpentine au milieu des fauves par Mlle de Sandowa, dompteur Max Himm. — Dimanches et fêtes matinées réservées aux familles. Tous les jeudis, soirées de gala. Entrée : 2 fr. Eldorado.— A la Papa, revue en 2 actes.— Dimanches et fêtes, matinée â deux heures.

Scala. — Polin, Bourges. — Paris qui rit. — Dimanches et fêtes, matinée â 2 heures.

Petit-Casino. —8 h. 1/2. — Paris slave, revue en 2 actes et 4 tableaux. MM. Désiré. Vaunel, Yalah-Duck. — Dimanches â 2 h. .matinée â prix réduits,

Nouveau-Cirque. — Tous les soirs à 8 h. 1,2. — Expressrevue.— Le Yacht, de M. Durand, pantomime nautique. — Mercredis, jeudis, dimanches et fêtes, matinée â 2 h. 1/2.

Moulin-Rouge. Tous les soirs à 8 h. 1/2. — Spcctaclc- Concert-Bal. — Dimanche matinée, mercredis et samedis à deux heures, grande fête de nuit.

Pôle Nord, 18, rue de Clichy. — Toute la journée. Patinage sur vraie glace.

Concert-Européen (PI. Clichy, 5, rue Biot). — Tous les soirs â 10 h. — Vive la Ru’ Biot, revue. — Fragsondans son répertoire. G. Chalon.Sézanne. — Dimanches et l'êtes, matinée â 2 h.

Jardin Zoologique d’Acclimatation. — Concert dans le Palais d’hiver, tous les jours de 3 à 3 h.

Palais de l’Industrie. — Exposition du Progrès. Ouverture toute la journée. Concerts à trois heures. Orchestre L. Mayeur, de l'Opéra. Vendredi, festival, chœurs et solis.

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