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le diner, où l’on multiplie les ballades nocturnes à travers le labyrinthe des Halles, le front incliné, le regard nettoyant les cadres boueux du pavé et les tas d’épluchures que peuvent éparpiller les clebs sans rien perdre de leur dignité. Et la soupe à deux ronds et les appels des rôdeuses dont on serait volontiers le petit homme — si l'on était joli garçon! Hein?... Hein?...
t/ On n’a pas à y songer, à Anzin. à Lens, à Decazevi lie. On bouffe, là ; on boit beaucoup, là ; on couche dans les lits des meilleurs hôtels, là; et l'on peut se payer de l’amour quand les belles tilles socialistes font des magnes et ne réclament pas lafaveur d'une nuitée qui les rendra mères à ces ducs de Beaufort nouveau jeu, dont la populacière rovauté a pour marques distinctives un sceptre — qui est une queue de billard — et une couronne — qui est de Vénus.
Ces motifs peuvent suffire aux nécessiteux de la troupe; mais il en est, grâce au suffrage de ce bonhomme de peuple, qui jouissent d’une solde quotidienne de 25 francs pour manger régulièrement et acquitter la note de leur pharmacien. Cependant, ils opèrent avec les autres; ils conférenefent. iU dînent, ils foulent les lits de choix, et ne se révèlent continents qu’en ce qui concerne la tauris.ition, ces renards ayant perdu jadis beaucoup à la bataille et posant volontiers à la vieille barbe — ce qui parait contradictoire avec leur qualité incontestable de raseur.
De telles compensation ne suffisent plus, évidemment. à ces gentilshommes qui reçurent l’accolade du chevalier chez Kolbus et de qui le blason, uniformément, est de gueules à la plume en pal d'oie, au naturel (à enquerre).
Aussi, me demandais-je la signification de leurs croisades au pays noir, quand le hasard me fit rencontrer un Auvergnat de la salle des Ventes qui m’expliqua clairement ce que j’ignorais.
Les misérables l’avaient délégué, ainsi que certain de ses camarades, à la mission de racheter à vil prix les objets mobiliers que les mineurs grévistes congédiés par les compagnies mettent en vente, lorsque les dernières ressources, si largement entamées durant le chômage, arrivent à complet épuisement.
Ces masses humaines désertent la mine sur les incitations des prédicateurs marxistes; et cela, monsieur, pour que la disette leur fasse garnir les appartements vides de leurs élus de pauvres chaises, de tables et de buflets acquis si péniblement! Leurs lits remplacent les arches de ponts, domicile connu des débutants à l’éducation du prolétaire. Leurs assiettes s’empilent chez Guesde et leurs verres et bouteilles vides ornent les étagères de Baslv et de Lamendin, cabaretiers fameux!
N'est-ce pas épouvantable?
Songer que ces innocents montent le ménage d’un Lavy et subissent la suprême insulte de savoir que leurs casseroles servent à la cuisson du ragoût de Vaux!
Ah! mais. Ah! mais... Ça ne finerà-donc jamais?...
J’ose croire, monsieur le Directeur, que ces renseignementsdésillusionnerontles braves travailleurs qui vous lisent, et qu’ils sauront utiliser, comme il convient, les flacons, verres et.mançhes à balais que se partage Iç bande noire 'du socia’lisme.
Comptez sur mon'entier dévouement polir J’avenij: et agréez les assurantes 'de ma vive sympathie.
E. Chaudière, ;s
la souscription ouverte dans le Figaro en faveur des artistes Pelits-Russiens — qui ne seraient autres, paraît-il, que des mineurs renvovés à l'issue des grèves du Pas-de-Calais.
Leur chef. Derkatch, serait, tout bêtement, M. Charles Chincholle, le phalanstérien bien connu.
L ES XÉO-IMPRESSIOXXIS TES
N groupe de rares artistes assemblés par un sentiment de commune esthétique a réuni, au rez-de-chaussée du eul numéro 20 de la rue Laffitte, quelques toiles de haut intérêt pour quiconque méprise à bon escient les étalages officiels et fait d’audacieuses restrictions quand la souveraineté des protraictureurs de l’estimable M. Carnot est proclamée devant lui.
Au reste, le talent des peintres qui m'occupent a su s'affirmer en dépit des gouailleries d’agrément médiocre que leurs œuvres inspiraient jadis à la critique des gens de goût; et il me semble inutile de rompre des lances dans une lice conquise de. haute lutte par ces vaillants
Je citerai simplement leurs nouvelles productions et dirai l’impression qui se dégagea pour moi de chacune d’elles.
Entre toutes se détache un Soleil couchant a Ilerblay , de Maximilien Luce : Une rivière semble suer de l’or et de la pourpre entre une bordure d’arbres noyés dans la vapeur du soir et une route escarpée d’où montent de lumineuses touffes d’herbe, d’un vert splendide. Un ciel sans nuages» • aux bleus disparus sous le rayonnement de l'astre-roi, s’enfonce derrière une ligne violette a pâlie, éclaboussée de sang et d'or.
Une chaleur communicative et en même temps une reposante mélancolie vous prennent à la contemplation de ce vigoureux pavsage.
Une étude de Charing-Cross dans .la note violette familière à cet artiste, des pastels, une boîte à gants, des coflrels et une suite de lithographies de belle venue complètent l’envoi de Maximilien Luce,
M. Hippolyle Petitjean expose Le Jardin et Baigneuses. deux fort jolies choses de consciencieuse ligne et de séduisante couleur.
Je préfère les brumeux dessins Sous la Lampe et à F Usine de M. Angrand à sa peinture, JJes Meules que je crois avoir vue déjà rue Le Pelletier.'
V Automne et la Matinée cl'Automne à E’Rping, permettent d’apprécier le réel color.ste. qu'est M. Lucien Pissaro.
Son frère Georges a donné de remarquables gravures sur bois, entre lesquelles mon choix désignerait l 'Abbé Jules et un Saint-Julien l'Hospitalier.
M. Félix Pissaro nous jnontre des eaux-fortes solides et une gravure sur bois : La Jolie et son étalon.
J’aime moins La Pointe de la Galère de M. Henri Cross que sa Plag.e de la Vig nasse .et surtout. sa Ferme au iflatin, peinture harmonieuse et d’émotion . exquise; ;
-Je. nié demande si c’est sa trop constante 'imitation du regretté Seurat qui m’empèehe d’admirep les œuvres de M. Paul Signac; mais, quelle que puisse être la raison de mon indifférence devant elles, je trouve excessive la prétention de
certains écrivains à le désigner comme chef incontestable de l’école.
Ni ses marines, ni son portrait ne justifient cette assertion.
Il me faut citer deux toiles de feu Seurat : Honjleur et Port en Bessin, ainsi qu’un beau dessin ; Au Café-Concert.
M. Antoine de la Rochefoucauld a des Peupliers à Menilles.
Enfin, M. Théo Van Rysselberghe vient avec trois toiles. D'abord une jolie Jeune Jille en vert, d’un dessin élégant et d'une savante couleur; puis, des paysages : Un Hoir et Les Barques , prouvent la vigueur de l’artiste et la sûreté de son pinceau.
En résumé, beaucoup d’originalité dans celle exposition, qui présente un grand intérêt pour le visiteur épris de nouveau et répugnant à la banalité.
(LE PROCES 1) ’e II G UES-mOR TES
|j quels mobiles ont obéi les jurés d’Angôulême en acquittant tous les SçVbhI accusés de l’affaire d'Aigues-Mortes?
Ont-ils voulu, comme les journaux italiens Font prétendu, se montrer désagréables à une nation provisoirement alliée à l’Allemagne et, par cela, justifier les attentats dont peuvent être victimes, en France, les ouvriers d’Italie que les besoins de l’existence forcent de s'expatrier?
Non.
Les jurés eurent trop à .cœur de conserver à notre pavs son juste renom de terre hospitalière pour se laisser guider, en cette circonstance, par un sentiment aussi mesquin. Ils savaient que les hommes employés aux salins d'Aigues-Mortes gardaient, comme eux, le souci de nos généreuses traditions et que, s’ils se sont livrés à des actes de violences, c’est aux terribles difficultés qu’ils rencontrent aujourd'hui pour gagner leur pain, malgré leurvolonté au travail et leur vigueur, qu’est imputable, immédiatement, l’accès de brutalité furieuse qui les entraîna.
Restent à examiner maintenant les causes de ces difficultés; et le jiirv de la Charente a dû surtout se laisser influencer par elles pour agir, avec cette clémence que d’aucuns qualifient de coupable.
Il a. sagement compris, tout d’abord, que les fortunes scandaleuses qui s’édifient chaque jour, au détriment des petites bourses laborieusement gonflées, ne .sont pas un mince objet d’étonnement, puis de rage pour des malheureux à qui un labeur acharné m'accorde même point la possibilité du nécessaire.
Il a vu. que -ces pauvres êtres, dont la gène lamentable croit incessamment, ne se rendant pas un compte, exact de la situation, ne voulant ou plutôt m'osant pas s’adresser aux seuls réels artisansade leur misère, excités par les multiples privations qu’ils -endurent, se sont rués sur des travailleurs mommernux. dans l’exclusion desquels iLs y espéraient trouver un palliatif à leurs souffrances.
Il a vu, les encourageant au meurtre, attisant les colères, prêtant leur appui moral à ces révoltés,' des gens qui devinaient en cette explosion des haines, en cette manifestation vengeresse un dérivatif à la haine et à l’idée de vengeance que ces
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ouvriers entretenaient contre leurs personnalités abjectes.
On ne l’a pas dit, mais c’est exact : M. Garnier, l'homme qui ferma sa grille devant les Italiens traqués, est un électeur opportuniste des plus influents.
On a livré aux férocités des énervements populaires, et de parti pris, ces victimes expiatoires : des travailleurs comme eux. des compagnons d’infortune!
Là preuve, c’est que les demandes de troupes adressées par la municipalité au préfet du Gard furent jetées au panier par ce fonctionnaire et que cette inqualifiable abstention amena les événements graves que l’on sait. Il est évident que deux compagnies d’infanterie eussent prévenu tout accident mortel. Ce préfet républicain ne pouvait ignorer que les forces de gendarmerie et de douanes dont pouvait disposer le maire d’ Aigues- Mortes étaient d’une insuffisance absolue pour résister à toute une population déchaînée.
Le jury a compris que c'est à ces défenseurs sans scrupules des maltôtiers et des prévaricateurs, dont l’espèce pullule à notre triste époque, qu’incombe la responsabilité des faits.
Eux seuls ont armé les bras, eux seuls sont atteints par le verdict. L’acquittement des ouvriers est la condamnation des délégués du gouvernement à l’administration du Gard.
Le jury a-t-il donc voulu protester contre un régime qui, non content de réduire le pays à la détresse par ses exactions, de l’avoir mis hors d’état de lutter contre la concurrence étrangère par les tarifs de douanes, qu’il a promulgués, menace maintenant sa tranquillité par une politique intérieure où les seuls appétits des misérables qui le servent trouvent leur satislaction?
Le jury était composé de citoyens honnêtes, de gens de cœur, sur qui les souffrances du peuple provoquent une douloureuse commotion. Il entre de l’indignation et de la pitié dans ce verdict- De la pitié pour une classe dont des membres si nombreux meurent de faim chaque jour; de l’indignation pour les bandits — nos maîtres! — qui froidement laissent derrière eux s’amonceler les cadavres de ces naïfs qui les ont faits ce qu’ils sont!
Le jury a voulu laisser la liberté à ces égarés d’un instant et s’il n’a pas formulé d’une manière précise — la loi ne l’y autorisait pas — la philosophie du procès, il a fait tacitement comprendre à ceux qu’il renvoyait indemnes que leurs ennemis n’étaient point parmi ceux qu’ils frappèrent.
Les ouvriers acquittés ont. nous en sommes convaincus, saisi l’intention des jurés. Et, grâce au retentissement que ce procès et son issue logique ont eus dans toute la nation, l’heure n'est pas lointaine qui sonnera le réveil de tous ceux qui sont lésés par le régime actuel dans leurs droits à la vie et leur rappellera qu’un pays, pour prospérer, a besoin d’être gouverné par des hommes honnêtes et à conceptions larges, au lieu de subir la domination de pirates à idées étroites qui ne portent dans les cellules de leur cerveau que le mobilier d'une cellule de Mazas.
THÉÂTRES
Comédie-Parisienne, — M. Victor Koning vient d'ouvrir sa coquette salle avec la Veuve , comédie en trois actes de MM.Meilhac et Halévv, représentée pour la première fois au Gymnase en 1874.
L'intrigue est mincei II faut le talent spécial des auteurs précités pour accommoder avec des rien de dialogue, des rien d'esprit, des pièces comme celles qu'ils perpétrèrent pendant la première moitié du xix° siècle et qu'ils réservent pour le commencement du xxe, ces incorrigibles immortels!
Mme Raphaële Sisos a du charme et une élégance native qui l'autorise à vivre sur la scène les femmes de race issues de l'armorial Meilhac-Halévy.
Mme Desclauzas est toujours amusante.
M. Nertann ne perd aucune de ses qualités dans cette pièce peu stimulante.
Enfin MM. Camis et Paul Plan sont fort bien dans leurs rôles respectifs.
Menus-Plaisirs. — Si MM. Blondeau, Monréal et Delilia ont voulu nous rendre service en nous obligeant à combattre l’onglée de ces jours par les battements de mains, ils y ont entièrement réussi. Leur revue est joyeuse, bien conduite et pas ennuyeuse une seconde, ce qui est rare dans ce genre de spectacles.
Vous l'expliquer par le menu est tâche trop malaisée pour que j'essaye 'de l'entreprendre. Sachez que le sel gaulois —qui vaut mieux à mon humble avis, que celui destiné à faire fondre la neige prochaine — y est semé abondamment; que les plus jolies femmes de Paris défilent sur la scène, avec l'adorable Cassive comme colonel, ou garnissent la salle, sous la présidence d'Emilienne, la triomphatrice des Folies-Bergère.
Allez-vous rincer l'oeil, chers lecteurs. Cela vous sera plus profitable que de vous rincer le goût avec ['.Antigone du purgatif rappelaisien...
Les Revues. — Un de nos confrères a eu l’idée de poser à nos revuistes la question suivante :
«Comment avez-vous traduit dans votre revue l'arrivée des Russes â Paris?
» Quel fut votre sentiment sur la façon dont des événements patriotiques d'un ordre aussi délicat peuvent être exposés sur la scène ?
Parmi les réponses, il en est qui méritent une situation : La maison Blumétochè a trouvé que les Nouveautés
— titre oblige — méritaient une formule nouvelle et elle a donné un cachet boulevardier (?) à la chosette russe.
M. Gandillot a plus de sentiment : Dans la revue qu'il donna à Clunv, de complicité avec M. Milher, on voit un invalide français et un vétéran russe, manchots des deux bras, qui s’embrassent avec une émotion que soulignent l'orchestre et les applaudissements du public.
— M. Gandillot a l’avantage de ne pas chercher du nouveau; mais le boulevard Saint-Germain n’est pas l'autre, chacun sait ça.
MM. Delilia, Monréal et Blondeau ont eu le bon goût de ne pas mettre de russe dans leur pièce et c’est bien,
M. Numès avait intitulé sa revue Vive la Russie!... monsieur ! allusion délicate à un honnête homme frappé par le malheur. La censure qui n'engage jamais l’avenir et qui a vu des chapeaux de tant de formes se succéder, depuis celui de l'ancien jusqu'à celui de Faberot, en passant par ceux des divers Robert-Macaire du régime présent, refusa d'autoriser cette suprême injure. M. Numès l'en félicite aujourd'hui. C'est encore bien.
MM. Lebreton et Moreau nous présentent à la Scala le Myosotis velu de Mme Juliette Lamberadam sous les apparences de la grassouillette Valti. HumlCette discrétion nous semble plutôt indiscrète.
M. Mi Ilot philosophe sur le cas de deux marins russes authentiques — qu'en sait-il?.— qui traversaient le boulevard Montmartre au milieu de l'indifférence générale. Il déplore l'emballement des Français. — J'irai à l'Eden- Concert où sa mélancolie s'exerce.
Enfin, M. Maxime Guy, toujours abondant quand il communique sa prose à la presse, nous initie à sa géniale façon de comprendre l'alliance. — Je vous certifie que l'imagination de l'auteur de la revue du Concert Européen n'est pas à mettre dans une clarinette. On voit làdedans tous les vins de France escortant Marianne — suivez-moi bien. Cette vieille personne, émaillée
comme notre auguste souveraine, offre aux matelots le piot — rien de la rue — cher au curé de Meudon. — Un matelot — c'est rigolo — ingurgite et caresse le menton de la personne non sans l'engager à l'accompagner dans son pays. Marianne n'y voit aucun inconvénient — c’est flatteur pour nous! — et consent à distraire le marin, à la condition expresse qu'il ne lui fera pas de queues, expression presque technique et admise au beuglant.
C'est tout simplement adorable.
Heureusement, M. Maxime Guy a une excuse : c’est de n'avoir pas couvé cet œuf; car il est de notoriété publique aujourd'hui que cet auteur, à présent évadé des gras-doubles,
Travaillait autrefois à la mode de Caen ;
Mais qu'il a su, depuis, sur de malheureux types Prendre l,autorité d'un mossieu conséquent Et laver leurs navets comme il lavait ses tripes.
Le Divan Japonais, considérablement agrandi et luxueusement aménagé, vient de faire sa réouverture, si impatiemment attendue, sous l'habile direction de M. Fournier.
La troupe chargée de l'exécution de la partie plus spécialement café-concert, est des plus intelligemment composée. Citons : Mlle Louise Willy, Marcelle, Violettina, Valnay, Lise Perette, Nelzv, MM. Lèvent, Strack, Bresol, Hervé, Bellot, Delphin.
Mais nous ne saurions trop féliciter, surtout, M. Fournier d'avoir engagé des artistes tels que: Mme France et Eugénie Buffet, MM. Charton, Teulet, Marcel Lefèvre et Paul Delmet.
La soirée d’ouverture — dont le programme d’ouverture, habilement rédigé, se trouva corsé d'une ovation méritée ménagée par l'enthousiasme des spectateurs au sympathique M. Sarcey — fut un véritable triomphe.
Le Divan Japonais annonce, pour ces jours-ci, une revue des plus attractives : Les Records de l’année.
Ajoutons que le Divan Japonais a eu le bon goût de confier l’exécution de son affiche à M. de Toulouse- Lautrec qui sut, à son habitude, en faire une merveille.
Bals de I'Opûra. — Le premier bal de la saison, à l'Opéra, promet d'Ctre des plus brillants. La direction a reçu des quantités de demandes d'inscriptions pour le concours de beauté; l'étranger et la province même tiennent, parait-il, à exposer les plus jolis miuois.
A l'heure où nous mettons sous presse, nous ne pouvons que prédire le succès de la fête — dont nous répond le talent d'organisateur de M. Victor Roger, le distingué musicien à qui nous devons tant d'œuvres exquises.
La première représentation d 'Jzeyl, le drame indien de MM. Silvestre et Morand, aura lieu à la Renaissance le 12 courant.
A l'Opéra :
On reprendra prochainement Aida avec Mlle Bréval.
M. Gailhard, qui part pour le Midi, doit se rendre auprès de Verdi pour conférer avec le maitre au sujet des représentations, à Paris, d "Otello.
A l'Opéra-Comique :
Mlle Grandjean, qui a obtenu un vif succès pour ses premiers débuts, étudie en ce moment la Flûte enchantée.
Pour terminer la saison, après le Flibustier, M. Carvalho montera le Falstaff de Verdi.
Le théâtre du Palais-Royal annonce les cinq dernières de Leurs Gigoletles, et fixe à mardi prochain 9 janvier, irrévocablement, la première représentation de Un Fil à la Patte, la nouvel >e pièce en trois actes de M. Georges Feydeau.
La direction du théâtre des Menus-Plaisirs a dû, par suite de l'exécution stricte des traités passés avec la Société des auteurs, opérer quelques changements dans les feuilles des première et seconde représentations. Elle prie donc les titulaires de prendre note des modifications survenues dans le service habituel.
Grand succès, durant ces jours de fête, à l'Eden- Théâtre, dont le spectacle, composé de nombreuses et originales attractions, est bien fait pour piquer la curiosité de tous, grands et petits.
La danse serpentine au milieu des lions attire toujours le public en foule à l'Olympia.
Parmi les numéros à sensation de cet élégant rendezvous parisien, la famille French, les vélocipédistes renommés; Techow et ses chats savants; Rosie Rendel, une charmante danseuse excentrique ; enfin, Reschal, le comique populaire, et la ravissante Naya.
r€Cs.carmouc(^
Le Nouveau Cirque vient de donner la première de Boiile-de-Siam, dont nous reparlerons dans notre prochain numéro.
Très spirituelle et très amusante Y Attaque duMoulin... Ro uge, la nouvelle scène-parodie intercalée dans -4 la Papa, la joyeuse revue de l'Eldorado. L'annonce du commencement des travaux ciu nouvel Opéra-Comique a fourni aux auteurs un thème excellent dont ils ont habilement tiré parti.
M. la Papa se complète d'une attrayante partie de concert dans laquelle Bonnaire, Clovis, Sulbac, Aimée Eymaru et Diamantine se font chaleureusement applaudir.
Malgré les dimensions colossales du Palais de Glace cLs Champs-Elysées, l'affluence est telle, qu'à partir de dix heures et demie on doit refuser l'entrée à la foule qui se presse aux portes.
Samedi prochain, 6 janvier, le Moulin-Rouge donnera sa première grande redoute parée et masquée.
La salle, merveilleusement décorée, aura des loges fleuries et sera splendidement illuminée: des feux de bengale éclaireront le jardin.
A onze heures, un grand cortège composé de cent cinquante personnages défilera dans les salles e commencera la bataille des fleurs.
Trois orchestres dirigeront ce bal, auquel voudra assister toute la jeunesse qui s'amuse.
Courrier théâtral de Monte-Carlo :
Deux étoiles d’opérette et un premier ténor d'opéra comique, voilà les éléments avec lesquels l'imprésario Raoul (iunsbourg a monté le chef-d'œuvre de Lecocq, la Pille de Madame Angot. Mme Grisier-Montbazon et Gilberte ont remporté le plus vif succès comme chanteuses et comédiennes; elles ont été rappelées et beaucoup applaudies, ainsi que leurs partenaires Mme Vicouroux et MM. Bert, Buisiay et Emmanuel, parfaits dans leurs rides respectifs.
‘PROGRAMME DES THÉÂTRES
Pôle Nord. 1 8, rue de Clichy. — Toute la journée, Patinage sur vraie glace.
Concert-Européen (PI. Clichy, 5, rue Bint). — Tous les soirs à 10 h. — Vive la Ru' Biot, revue. — Fragsondans son répertoire. G. Chalon.Sézanne. — Dimanches et l'êtes, matinée à 2 h.
Jardin Zoologique d’Acclimatation. — Concert dans le Palais d'hiver, tous les jours de 3 à 5 h.
Palais de l’Industrie. — Exposition du Progrès. Ouverture toute la journée. Concerts à trois heures. Orchestre L. Mayeur, de l'Opéra. Vendredi, festival, chœurs et solis.
Hrgus de ïa Presse
Tour être sur de ne pas laisser échapper un journal qui l'aurait nommé, il était abonné a I Argus de la Presse. « qui lit. découpe et traduit tous les journaux du monde , et en fournit les extraits sur n'importe quel sujet. »
L’edrgus de la Tresse fournit aux artistes, littérateurs, savants, hommes politiques, tout ce qui parait sur leur compte dans les journaux et revues du monde entier.
L'adrgus de la Tresse est le collaborateur indiqué de tous ceux qui préparent un ouvrage, étudient une question, s'occupent de statistique, etc., etc.
S’adresser aux bureaux de l Argus, i55, rue Montmartre, Taris. — Téléphone.
L'Argus lit 5.000 journaux par jour.
ROBES ET MANTEAUX
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