‹ L'esclavage dans l'antiquité et son abolition par le christianisme [microforme]Chapitre 2 sur 4 · RE ONCE EEE EN EE RER · texte numérisé non relu

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ou cassez une dent à votre esclave vous lui donnere: la liberté en dédommagement de sa perte: et, si un maître frapne soh serviteur ou sa servante avec une verge et qu’ils meurent sous ses coups, il sera puni de crime ; mais s’ils survivent un jour ou deux, il ne sera pas soumis à la peine, car il les a achetés de son argent !” Cette loi, outre qu’elle fait preuve de la dureté des juifs envers leurs esclaves, semble portée exprès pour nous faire apercevoir combien supérieure est la législation Hébraïque sur ce point au droit paien, qui considérait l’esclave tellement comme une chose que le maître pouvait le tuer de la même manière qu’il eut égorgé un animal domestique ; et aussi, combien inférieur est l'Esprit des Ordonnances de Moïse à l'esprit de la législation du Sauveur, qui enseigne que tous les hommes sont frères ; que l’esclave est racheté du même sang qui à racheté l’homme libre, enfin que devant Dieu, il n’y a ni maitre ni esclave.

La servitnde des étrangers chez les Hébreux était très-sévère, étant à la fois réelle et personnelle, c’est-à-dire qu’étant attachés à la glèbe, ils étaient encore soumis aux travaux domestiques, et qu’obligés de parfaire un labeur forcé, sous un soleil brûlant, il leur fallait encore s’assujétir à la dureté et aux caprices de leurs maitres.

Telle était aussi la nature de l’Esclavage chez les Lacédémoniens, qui furent les premiers à introduire ce fléau dans la Grèce. Il n’est guère besoin de rappeler la servitude des Hélotes, qui ayant osé lutter avec Lacédémone, furent deux fois vaincus; et la seconde fois, Hélos fut détruit, et ses défenseurs emmenés en esclavage. Le nom de ces infortunés s’étendit dans la suite à tous les esclaves des Spartiates ; nulle part l’esclavage ne fût plus pesant que chez ce peuple guerrier. Les esclaves, outre leur maître particulier, avaient encore un maitre impitoyable à servir; ils étaient esclaves du public. On pouvait les maltraiter, et même les mettre à mort, sans crainte d’être châtié. IL était défendu de les affranchir, et on ne pouvait non-plus les vendre hors du pays. C’est ainsi qu’on en agissait chez les payens envers les peuples vaincus. Supposez un instant que le christianisme n’eût pas encore paru, lors de la conquête du Canada par l'Angleterre, que serions-

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