‹ L'esclave blancChapitre 200 sur 207 · CHAPITRE LV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LV

pour lui arracher, de gré ou dé force, Éliza. Pour le calmer un peu. il fallu! I assurance <| ne Colter avait des gens à lui aux alentours de la maison de l'homme d'affaires, en sorte* <|uc. si Éliza eu était enlevée, il saurait aussitôt le lieu de sa nouvelle retraite. Montgomen omis dit qu'il connaissait à fond tous les êtres de la maison, ainsi que tout le personnel, pour avoir été, dans son enfance, le Benjamin de la ménagère noire de M. Gilmore. Il trouverait moyen, ajouta-t-il, de s'introduire dans la maison dès ta nuit suivante et de sauver Éliza.

Par l'examen des pièces importantes dont Montgomery était nanti, la coquinerie do Grip Curtis et de son auxiliaire Gilmore nous apparut alors dans son plus beau jour. Lorsque mon lils avait < j li 1 1 1 < * . un an auparavant, la Nouvelle-Orléans pour aller s'établir à New-York, feu M. James Curtis lui avait remis un paquet cacheté, avec une instruction écrite portant qu'il eût à l'ouvrir, après l'ouverture et l'homologation du testamenl dudit M. Curtis, ou dans les trente jours après le déeès constaté, si le testament n'était pas produit en justice. 11 ne [tarait pus que M. .lames Curtis eût alors soupçon de la mauvaise foi possible de son frère et de M. Gilmore, ni d'une trame ijue pourraient ourdir ces deux drôles pour détruire l'effet de su volonté dernière et mésuser de son bien. C'était simplement par mesure de prudence et dans l'appréhension de quelque accident possible, qu'il avait pris cette précaution.

Mon lils nous représenta le paquet cacheté, que nous ouvrîmes, et où nous trouvâmes un double du testament en bonne forme de M. Curtis, acte par lequel il léguait à Eliza, Comme à sa fille naturelle. très-e\pressément reconnue par cet acte même, un quart de tous ses biens, consistant principalement en maisons sises a la Nouvelle-Orléans et évaluées par le testateur à une somme totale de deux cent mille dollars. Ce quart étant, aux termes des lois de Louisiane, la portion disponible qu'il pouvait léguer à un enfant naturel les trois autres appartenaient de plein droit à son frère, M. Grip Curtis, que le défunt nommait, avec M. Gilmore, exécuteur

testamentaire. Non content de ce riche héritage, ce frère dénaturé et indigne avait, de connivence avec Gilmore, prémédité de dépouiller la fille orpheline du défunt, et, qui plus 'ist. pour étouffer ses réclamations et ses plaintes, de la réduire en esclavage, et d'en faire la concubine de Gilmore, qui avait stipulé dans son lot cette portion du butin.

Après avoir établi que M. Curtis avait plusieurs fois essa\<; vainement de faire consentir le juge de la paroisse et les trois quarts des membres du conseil municipal à l'affranchissement d'Éliza, ainsi que la loi l'exigeait pour la libération des esclaves au-dessous de trente ans (ce respectable corps n'ayant pas jugé que la qualité d'enfant unique fût un titre suffisant à l'émancipation), le testament déclarait que le défunt avait envoyé sa fille dans une maison d'éducation de Boston, avec l'intention, le désir et l'espoir, de la faire ainsi libre. Prévoyant toutefois le cas où la loi serait un invincible obstacle a ce que sa iille unique et chérie fût libre avant l'âge de trente ans, M. Curtis entendait que le soin et les services d'É- Jiza fussent, jusqu'à cet âge, dévolus et attribués à Cassy, qualifiée par lui de femme libre, affranchie dès longtemps, et qui, il en avait la confiance, disait-il, ayant toujours été une mère pour Éliza. continuerait à la traiter de même quand il ne serait plus.

Cette mention faite de Cassy était la seule que contint le testament; Montgomery non plus n'y était pas nommé autrement que dans une déclaration d'aftranchissement qui lui était relative; mais, d'un papier joint au testament, il résultait que M. Curtis avait déposé, chez un banquier de Londres, une somme de vingt mille dollars, payable, au cas de son décès, à Montgomery, et devant profiter tant à ce dernier qu'à sa mère. Cet expédient avait été évidemment imaginé par le défunt pour éluder les lois restrictives de la Louisiane, en ce qui touche le droit de tester des personnes qui laissent {\e> frères ou ascendants.

U- même pli contenait enfin une ampliation de l'acte

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