‹ L'esclave blancChapitre 207 sur 207 · CHAPITRE LVU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVU

,i barbe grise, hommes aux cœurs flétris, à la foi absente, à l'espoir tari, à la fibre séchée, qui continuez à vous prosterner rlevanl le veau d'or, votre première passion!

Ce sonl vus \ ices, vos fautes, c'est votre faiblesse, c'est votre manque de foi, qui depuis quarante ;ms tiennent ce pays dans rabaissement et dans l'erreur. Politiques à vue myope, incapables de voir, «les yeux «le l'esprit, le règne <ln bieu qui s'approche; vous qui, au fond du cœur, regrettez les oignons d'Egypte et vous estimeriez heureux encore de faire' des briques pour le Pharaon; veus qui êtes esclaves pour le moins à l'égal de ceux ({ue vous opprimez ; âmes basses qu'effrayent des contes de grand'mère, c'est en vain qu'on essayerait de \ous guider dans la terre promise! Vous n'êtes que des poltrons faits pour vivre et mourir dans votre aveuglement final !

liais voici que déjà s'élève une jeune génération pour qui la justice sera autre chose qu'un vain mot. En vain vos politiques et vos prêtres travaillent à éteindre dans ces jeunes âmes le sentiment de l'équité. Lorsque , pour soutenir l'esclavage, il en faut venir à prêcher l'athéisme, on peut être certain que la chute de l'esclavage est proche. Il faut comparer cette situation à la nuit qui précède le lever du jour : se peut-il une nuit [dus noire et plus épaisse que celle où nous sommes plongés?

La question est posée et ne peut plus être ajournée. L'Amérique sera-t-elle ce que les pères et fondateurs de son indépendance ont voulu qu'elle fût, une libre démocratie fondée sur les droits humains'? Ou bien dégénérera-t-elle en une misérable république barbaresque, dominée par une petite autocratie de propriétaires d'esclaves, de justiciers à la Lynch, de mécréants sans foi ni loi, qui ne connaissent de règle que leur bon plaisir?

C'est là, mes jeunes amis, ce que vous trancherez. A vous appartient la solution de cette question que ne peuvent plus écarter les temporisations politiques. Oui veut être libre ne peut se faire le complice d'aucune oppression. Les morts et

les vivants ne peuvèïïî'fêire açcou^jés. Ces chaînes quevt)us^ avez aidé à river sur le corps et les liras d1 autrui, vous le voyez, les voilà qui imperceptiblement vous enlacent vousmêmes, et vous enlacent si serré, qâé c'est à peine si vos cœurs, ont gardé le pouvoir- do battre!

Prenez courage et faites ce qtre je fis": Brisez vos chaînes ! Vous n'en demeurerez pas là, d'autres encore attendent, leurdélivrance. L'entreprise semble- Jiasardcuse; mais le courage. la persévérance, par qui Tànie se met au-dessus des désappointements, de rimpaticiK'O,, l'espérance, la foi, enfin, vous feront triompher de tous les obstacles. Je suis trop vieux pour voir cela; mais mes cinq 'petit-fils, enfants, grâce à Dieu, de la libre Angleterre, le verront et en jouiront!

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