CHAPITRE VII
l'Étoile de Satory, et le priait de recueillir les papiers du défunt et de mettre ordre à ses affaires, le frère de M. de Pardaillan, alors en voyage, n'ayant laissé à personne le secret de la route tenue par lui.
Dans le secrétaire du capitaine, M. Dampierre trouva un testament olographe remontant à un mois de date et par lequel celui-ci laissait une part de ses biens à Charles Doisy.
Maintenant , revenons à la montagne Saint- Adrien, au moment où un cri lamentable parti d'entre les ruines de la chapelle vint interrompre Charles et Martine au milieu de leurs embrassements.
La fille Brulard s'était épouvantée d'abord. Rendue à son sang-froid habituel, elle se hâta d'éteindre la lanterne dont la clarté pouvait la trahir, et de retenir d'une main vigoureuse le jeune militaire dont le premier mouvement avait été de s'élancer vers l'endroit d'où ce cri s'était fait entendre.
Après avoir habitué leurs yeux à l'obscurité presque totale qui les entourait, ils crurent voir un homme chargé d'un fardeau s'éloigner à grands pas à travers les sentiers , creusés en ravins, qui conduisaient vers Béthizy. Peut-être ne l'eussent-ils pas reconnu, malgré sa confor-
iuation singulière et ses dandinements de tête en façon de battant d'horloge, si le chien de la ferme, venu à la suite de Martine, ne s'était mis à le suivre en sautant et gambadant autour de lui.
— Voilà mes deux compagnons de route, l'homme et le chien, qui me faussent compagnie, dit Martine. Oui, c'est le père Hubert... bien sûr... qui se sauve en traînant je ne sais quoi. C'est lui sans doute qui vient de pousser ce cri de Mélusine qui m'a tant fait peur. Je ne sais vraiment de quelle mouche le vieux sorcier a été piqué aujourd'hui, mais il a d'abord semblé faire les plus grandes difficultés pour me laisser venir ici cette nuit avec lui; puis, à mi-route, il a disparu tout à coup, et je ne l'ai plus revu. Sans autre protecteur que Pyrame, il m'a fallu arriver jusqu'à toi, mon Chariot, et non sans peine et non sans peur, je t'assure ; mais j'y tenais, je me l'étais mis en tête. Je voulais t'annoncer moi-même notre grande victoire. Oui, mon officier, j'ai tout dit ce matin à mon père, en lui cachant, bien entendu, ce qu'il fallait lui cacher ; mais je lui ai dit que tu m'aimes et que tu ne désires rien tant que de m'épouser. Ai-je menti, hein? Il m'a d'abord jeté au nez des si, des mais, disant que tu n'as