‹ L'esclave du pacha;Chapitre 119 sur 124 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

moi, camarade ; vous n'y serez relancé que par mes créanciers.

Il fît monter dans le fiacre le malheureux vainqueur , qui semblait n'avoir plus la conscience de lui-même.

Écrasé parles événements de ce jour,Doisy, en rentrant dans le logement de d'Annezay , tomba sur une chaise , tandis que celui-ci criait à travers les escaliers :

— Garçon ! un second bol de punch ; c'est le camarade qui paye!

L'asile offert par d'Annezay au malheureux meurtrier ne pouvait le protéger longtemps. Non-seulement on y avait à craindre la visite des créanciers, mais encore celle de tous les mauvais sujets de la ville, qui, trois fois par semaine, le transformaient en un tripot de jeu.

Charles Doisy, réfléchissant bientôt sur le danger de sa situation , s'était à son tour prudemment éloigné de Versailles, pour se rendre à daignes auprès de son ami le meunier. Ne voulant pas l'abandonner avant de l'avoir

installé lui-même dans sa nouvelle retraite, le chevalier lui fit escorte pendant la route, et jusqu'à la ferme des Brulard, où il ne dédaigna pas de séjourner vingt-quatre heures.

C'est par lui, par lui seul, que Martine avait été si bien mise au courant des prétendues aventures de mademoiselle Dampierre à Versailles. Le chevalier lui avait même appris le terrible noël, témoignage rimé du déshonneur de la pauvre Adèle, et que celle-ci avait entendu sortir avec un si grand ravissement de la bouche de sa rivale.

Après le départ de d'Annezay, Brulard , ne croyant pas Charles Doisy assez en sûreté dans sa ferme , lui ouvrait un refuge plus impénétrable dans les caveaux Saint-Adrien , où le père Hubert , qu'on s'était vu forcé de mettre dans la confidence, lui portait ses provisions chaque nuit.

Les choses en étaient là, et Charles n'avait plus d'autre habitation que les souterrains de la vieille tour, et chacun faisait du mystère à la ferme de Glaignes , lorsque la lettre au cachet noir arriva au château de la Douye.

Par cette lettre, M. de Blangy, l'ami et le témoin du capitaine de Pardaillan, instruisait M. Dampierre de l'issue fatale du duel de

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