‹ L'escole des femmesChapitre 15 sur 49 · MADAME · texte numérisé non relu

MADAME

ADAME,

le suis le plus embarrassé homme du monde, lors qu'ail me faut dédier vn Liure, et ie me trouue si peu fait au style d'Epistre Dedicatoire, que ie ne sçay par oii sortir de celle-cy. Vn autre Autheur y quiseroit en ma place y trouueroit d'abord cent belles choses à

dire de Vostrk Altess e Royalle,

5«r /e///reûfeL'EsCOLEDESFEMMES,

et l'offre qù*il vous en feroit. Mais pour rnoy, Madame, ie vous auouë mon foible. le ne sçqy point cet' art de trouuer des rapports entre des choses si peu proportionnées; et quelque belles lumières, que mes Confrères les Aut heurs me donnent tous les iours sur de pareils sujets, ie ne voy point ce que Vostre Altesse Royalle pourvoit auoir à démesler aiiec la Comédie que ie luy présente. On nest pas en peine, sans doute^ comment il faut faire pour vous louer. La matière y Madame, ne saute que trop aux yeux, et de quelque costé qu'on vous regarde.^ on rencontre Gloire sur Gloire, et qualité i sur qualité^. Vous en aue{. Madame, du costé du rang, et de la naissance, qui vous font respecter de toute la terre . Vous en aue^ du costé des Grâces, et de F Esprit, et du Corps, qui vous font admirer de

toutes les personnes, qui vous poyent.

Vous en aue^ du costé de l'ame, qui, si Ion ose parler ainsi ^ vous font aymer de tous ceux qui ont l'honneur d'approcher de vous : le peux dire cette douceur pleine de Charmes, dont vous daigne^ tempérer la fierté des grands titres que vous porter ; cette bonté toute obligeante ; cette affabilité généreuse, que vous faites paroistre pour tout le monde : Et ce sont particulièrement ces dernières pour qui ie suis, et dont ie sens fort bien que ie ne me pourray taire quelque iour. Mais encore vnefois. Madame, ie ne sçay point le biais de faire entrer icy des veritei si éclatantes, et ce sont choses, à mon aduis, et d'vne trop vaste estendue, et d'vn mérite trop releué, pour les vouloir renfermer dans vne Epistre, et les mes 1er auec des bagatelles.

Tout bien considéré. Madame, ie ne voy rien à faire icy pour moy, que de vous Dédier simplement ma Comédie,

et de vous asseurer auec tout le respecty quil m'est possible, que ie suis (f^ Votre Altesse Royalle,

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