‹ L'escole des femmesChapitre 9 sur 49 · XVJ NOTICE · texte numérisé non relu

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la sorte faute de pouvoir rire. Quelques dames lui reprochant de manquer de gaieté»

Jl leur dit : Moi f en vis tout autant que je puis.

Cancans de coulisses. Molière ne pouvait que hausser les épaules à ces plates épigrammes.

En les répandant , ses détracteurs donnaient la mesure de leur goût et de leur esprit.

Les auteurs dramatiques du XVII" siècle, puisant à peu près tous aux mêmes sources, c'està-dire dans les maîtres conteurs du XVI" siècle et les portes comiques d'Espagne et d'Italie, la critique avait bientôt disséqué l'œuvre de chaque jour et fait la part de l'imitation. Molière plus que personne était exposé à ce travail d'analyse. Dès le lendemain de la première représentation de VÉcole des Femmes, les récriminations surgissaient de tous côtés, et le sieur de La Croix s'en faisait l'interprète dans une diatribe que voici :

(( Il lit (Molière désigné sous le nom d'Alcidor) tous les livres sa lyriques, il pille dans l'italien, il pille dans l'espagnol, il n'y a point de bouquin qui se sauve de ses mains. Il prend dans Boccace, dans Douville, et son Escale des Femmes n'est qu'un pot pourry de la Précaution inutile et d'une histoire de Straparole. )i

De Visé* avait développé les mêmes critiques,

I. Nouvelles nouvelles. Paris, Quinet, i663, in-i2^. p. 217 et suiv.

NOTICE. XYlj

citant les emprunts faits à Boccace, Douville, Scarron, Straparole, emprunts rappelés depuis à satiété par tous les annotateurs de Molière.

Nous avons déjà parlé du soin avec lequel Molière s'était appliqué à monter sa nouvelle comédie. Les rôles en étaient partagés de la manière suivante :

L'auteur jouait Arnolphe, et La Grange,

Dans le personnage d'Agnès, M"" de Brie se montrait inimitable. Ce fut son rôle par excellence, celui où le public se plaisait à la voir' et où il ne lui souffrit jamais de rivale. « Quelques années avant sa retraite (à Tâge de soixante ans), disent les frères Parfait d'après un contemporain, ses camarades l'engagèrent à céder son rôle d'Agnès à M"* du Croisy; et cette dernière s'étant présentée pour le jouer, tout le parterre demanda si hautement M"" de Brie, qu'on fut forcé de l'aller chercher chez elle, et on l'obligea de jouer dans son habit de ville. On peut juger des acclamations qu'elle reçut; et ainsi elle garda le rôle d'Agnès jusqu'à ce qu'elle quittât le théâtre. »

Brécourt répondit à la confiance de Molière.

Il composa un admirable Alain, une tête de paysan qu'on n'oublia plus. C'est lui qui faisait

I . d Les applaudissements ne tarissoient pas », dit un critique.

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éire au roi-^soleil , enchanté de ce comique fin et naturel : a Cet homme là feroit rire des pierres! »

Marotte Beaupré , la jolie comédienne que Robinet nous a vantée pour d'autres mérites, et qui passe^ grande médisance peut-être, pour s*être battue en duel avec Catherine des Urlis sur la scène de la Comédie du Marais, créa le rôle de Georgette. Contre l'ordinaire, Marotte était payée par représentation et on lui fournissait le costume, comme nous l'apprend le re* gistre de La Thorillière : « 29 juin 166 3, une chemise jaune de Thabit de Georgette, 7 liy.; i«' juillet, pour l'habit nouveau de Georgette, 9 liv.; 6 juillet, pour un reste de l'habit de Georgette, i liv. 5 s. »

De Brie parut sous les traits du notaire, l'un des meilleurs rôles que Molière ait confiés à ce comédien. Il le remplissait avec feu et s'y montrait fort plaisant, malgré sa chienne de/ace qui faisait fuir Arnoiphe. ,

L'Épy, dans Chrysalde, vint faire ses adieux au public parisien. À Pfiques i663, cet acteur se / retira chez lui, près d'Angers. Sa dernière créa- / tion fut remarquée. I

M^^ Poisson* nous a appris que Molière excel* / lait dans le rôle d'Arnolphe : « C'est alors que^ / par la vérité des sentiments, par l'intelligence f

ï. Mercure de France, mai 1740.

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