‹ L'escole des femmesChapitre 8 sur 49 · NOTICE. XV · texte numérisé non relu

NOTICE. XV

mée. Lekain voyait dans la jalousie d'Arnolphe une brutalité qui lui avait fait désirer de iouer ce personnage, et sans nul doute il en eût fait un des rôles les plus étonnants de son répertoire tragique. VÉcole des Femmes et les sentiments d*Arnolphe n*ont pas vieilli : il se peut qu'un jour ou Fauire un nouveau Lekain s'éprenne de ce rôle admirable. 11 nous conviendrait de voir rompre un instant avec la tradition et donner aux traits d'Arnolphe quelquesunes des teintes sombres du masque d'Othello. Qui sait? Molière, tragédien à ses heures, avait peut-être ainsi compris le type d'Arnolphe.

Boursault s'approchait de la vérité lorsque, dans sa parodie du Portrait du peintre, il essayait de démontrer que VÉcole des Femmes n*était pas une comédie, mais une tragédie. Il est vrai que la raison qu'il en donnait n'avait rien d'héroïque, toute sa dissertation se basant sur la mort du petit chat. Ce trait plaisait fort à Molière. Il aimait à écouter les sottises de ses rivaux et à se mêler au public qui les applaudissait. Dans cette circonstance,

Quelqu^tin lui demanda : a Molière , qu^en dis~tu? — * Admirable, morbleu, du dernier admirable! »

Question et réponse sont rapportées par Chevalier dans sa pièce Les Amours de Calotin. Il a bien soin d'ajouter que Molière s'exclamait de

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