‹ L'escole des marisChapitre 17 sur 33 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

Cette lettre vous surprendra^ sans doute, et Von peut trouuer bien hardy pour moy, et le dessein de vous récrire^ et la manière de vous la faire tenir; mais ie me voy dans vn estât à ne plus garder de mesures ; la iuste horreur d^vn mariage, dont ie suis menacée dans six iours, méfait hasarder toutes choses, et dans la resolution de m'en affi^anchir par quelque voye que ce soit, Vay creu que ie deuois plustost vous choisir que le desespoir. Ne croye\ pas pourtant que vous soye!( redeuable de tout à ma mauuaise destinée, ce n'est pas la contrainte où ie me treuue qui a fait naistre les sentimens que Vay pour vous; mais c'est elle qui en précipite le témoi"

3o L'ESCOLE DES MARIS,

gnage^ et qui me fait passer sur des Jormalite\ ou la bien-seance du sexe oblige, H ne tiendra qu'à vous que te sois à vous bien^tost, et Vattens seulement que vous m^aye!( marqué les intentions de vostre amour ^ pour vous faire sçauoir la resolution que Pay prise ; mais sur toutsonge:^ que le temps presse, et que deux cœurs qui s'ayment doiuent s^entendre à demy mot,

ERGASTE

Hé bien, Monsiear, le tour est-il d'original, Pour vne ieune fille, elle n'en sçait pas mal. De ces ruses d*amour la croiroit-on capable.

VALERE

Ah! ie la trouue là tout à fait adorable, Ce trait de son esprit et de son amitié , Accroîst pour elle encor, mon amour de moitié, Et ioint aux sentimens que sa beauté m^nspire...

ERGASTE

La dupe vient, songez à ce qu'il vous faut dire.

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