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Celui-ci demanda et obtint le privilège en question et le céda à Charles de Scrcy, qui fît participer aux bénéfices de la vente ses confrères accoutumés : Guillaume de Luyne, Jean Guignard, Claude Barbin et Gabriel Qui net.
Pour ajouter à Tattrait du volume, on Forna d'une gravure représentant la scène capitale de la comédie, où figure Tauieur sous les traits de Sganarelle. Cette vignette et les circonstances de la publication de VEscole des Maris^ racontées comme nous venons de le dire, dans le privilège et la dédicace, donnent un intérêt particulier à rédition princeps reproduite ci-dessous.
L'attention accordée par Tauteur à son ouvrage témoigne de l^mportance qu'il y attachait. Son génie venait de révolutionner Tart dramatique en substituant à la comédie d'intrigue la comédie de caractère. Molière appréciait la valeur du chef-d'œuvre qu'il avait donné pour modèle à ce nouveau genre.
L'histoire littéraire de VEscole des Maris ne s'est pas enrichie du plus petit détail, depuis que la critique des contemporains a parlé de cette ingénieuse création. Molière s'est inspiré des Adelphes de Téreilce et d'un conte de Boccace, déjà traduit pour la scène française par un rimeur ridicule aux gages de la troupe de Mademoiselle de Montpensier.
VEscole des Maris fut représentée pour la première fois à Paris, au Palais - Royal . le
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24 juin 1661. On sait que la jouissance de cette salle avait été accordée depuis peu à Molière par le frère du souverain, Monsieur, protecteur de sa troupe. Il s'empressa d'exprimer sa reconnaissance dans la dédicace dont nous avons parlé.
Tout ce que les envieux trouvèrent de plus mordant contre VEscole des Maris est résumé en trois lignes que voici : « Je ne vois pas où est le mérite de l'avoir fait : ce sont les Adelphes de Térence; il est aisé de travailler en y mettant si peu du sien, et c'est se donner delà réputation à peu de frais. » Le public ne partageait pas cette mauvaise humeur; il se pressait aux portes du Palais-Royal, où tous les acteurs luttaient de talent. L'£py, l'un des moins connus, se faisait surtout remarquer dans le rôle difficile d'Ariste, où Molière philosophe et penseur semblait s'être personnifié.
Une circonstance fortuite contribua d'abord à ce grand succès. Le surintendant Fouquet, à l'apogée de sa fortune, voulant célébrer dignement la présence de la reine d'Angleterre au château de Vaux^ manda Molière qui joua sa comédie. Puis ce fut le tour du roi. On se contentait alors à la cour des reliefs de Fouquet. La troupe se rendit donc à Fontainebleau. Le surintendant y retrouva l'auteur de VEscole des Maris et le mit dans le secret de fêtes nouvelles qu'il méditait et où devaient se surpasser les
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artistes appelés à y concourir. Ministre généreux il lui accorda deux semaines pour composer et apprendre une nouvelle pièce. Telle fut Torigine des Fascheux,
Il existait dans l'appartement de Molière, à répoque de sa mort, un tableau sans doute inspiré, comme la vignette de VEscole des Maris, par la principale scène de cette comédie. Cette toile, conservée longtemps par la fille de Poquelin, est perdue aujourd'hui. « Si l'on a jamais le bonheur de la découvrir, fait remarquer fort bien M.Eudore Soulié, on possédera le véritable portrait de Molière, représenté sur la scène à l'âge de trente-neuf ans *. »
Le même érudit a découvert quel était le costume porté par Sganarelle-Molière dans VEscole des Maris. Il consistait en « haut^de -chausses, pourpoint, manteau, col, escarcelle et ceinture, le tout de satin couleur de musc. »
Le titre de VEscole des Maris renferme un mot qui a joui depuis d'une bien grande vogue. On s'en empara immédiatement VEscole des Cocus est de i66x, et elle ouvre cette longue liste à'écoleSy soit dit sans plaisanterie, qui occupe tant de place dans l'histoire de notre théâtre.
Il y a dans l'édition originale de VEscole des Maris un certain nombre de fautes typogra-
I. Souiié, Recherches sur Molière et sur sa famille. Paris, Hachette i863. In-8«, p. 90.