D'ORLEANS
FRERE VNIQ.VE
DV Roy.
ONSEIGNEVR,
le fais voir icy à la France des choses bien peu proportionnées. Il
EPISTRE
nest rien de si grand ^ et de si superbey que le nom que ie mets à la teste de ce Liure; et rien de plus bas que ce quil contient. Tout le monde trouuera cet assemblage estrange; et quelques-vns pourront bien dire, pour en exprimer Vinégalitéj que c'est poser vne couronne de perles et de diamanSy sur vne statue de terre^ et faire entrer par des Portiques magnifiques, et des Arcs - triomphaux superbes dans vne meschante Cabane. Mais y MONSEIGNE VR, ce qui doit
EPISTRE
me seruir d'excuse^ cest quen cette auanture ie nay eu aucun choix à faire y et que V honneur que ïay d'estre à Vostre Altesse Royale, nia imposé vne nécessité absolue^ de luy dédier le premier Ouurage que ie mets de moymesme au iour. Ce nest pas vn présent que ie luy fais; cest vn deuoir dont ie m'acquitte; et les hommages ne sont iamais regarde^ par les choses quils portent. Vay donc osé, MONSEIGNE VR, dédier vné bagatelle à Vostre Al-
EPISTRE
TESSE Royale, parce que ie nay pu m en dispenser; et si ie me dispense icy de m' es tendre sur les belles et glorieuses vérité:!^ quon pourrait dire d'Elle^ cest par la iuste appréhension que ces grandes idées ne fissent éclater encor dauantage la bassesse de mon offrande, le me suis imposé silence, pour trouuer vn endroit plus propre à placer de si belles choses, et tout ce que lay prétendu dans cette Epistre, cest de iustifier mon action à toute la France, et d'auoir
EPISTRE
cette gloire de vous dire à vousmesme, MONSEIGNEVR, auec toute la soumission possible y queie suis,
De Vostre Altesse Royale,
Le treS'humble, trèsobeïssanty et trèsfidelle seruiteur,