LANGUE ET VERSIFICATION XLV
de loer), 3957. Mais il y a des exemples contraires où i'on voit ces mêmes imparfaits prendre la terminaison plus spécialement française oie, oit, pour rimer avec des imparfaits d'autres conjugaisons ou avec le subjonctif présent du verbe estre: alaitoit rime avecestoit (imparf. d'estre), i8o5, pensoit avec soit, 21 13, gardoient avec desdisoient, 23o2, amoie avec avoie, 2438. — Cette même hésitation s'observe en d'autres poèmes, et particulièrement dans le Laide l'ombre, où amot rime avec mot, v. 883-4, tandis qu'ailleurs, le même imparfait, écrit amoit, rime avec voit, 1 35-6. Le poète fait rimer ensemble oi venant du lat. au suivi d'un i avec oi venant de ïé fermé du latin vulgaire (lat. ê, ï) : joie rime avec voie (lat. videam), 1862, avec voie (latin via), 3527, 3545 ; oie (lat. audiat) avec moie (fém. de mien), 1670; noise rime avec acoise, 4103. Des rimes de ce genre se rencontrent dans le Lai de l'ombre : chois-Perthois l, 57-8, voie-monjoie, 223-4.
Anguisse (écrit angoisse), rime avec puisse, 1999, comme dans le Lai de l'ombre, 774, le même mot rime avec cuisse.
Le copiste a réduit à ie la finale iée; il écrit emploie, lie, maisnie et non emploiée, liée, maisniée. Mais le poète distinguait ordinairement ces finales de celles qui sont proprement en ie [amie, finie, etc.). Voyez pour iée, iées (dans le ms. ie, tes) les paires de vers 1023-4, H11-2? ^89-90, 1867-8, pour ie, ies, d'origine, 1673-4. Cependant il y a quelques
t. M. Bédier lit Perchois.