LVIII INTRODUCTION
bre des manuscrits qui furent enlevés, en 1 746, de l'ancienne bibliothèque des ducs de Bourgogne, après la prise de Bruxelles par le maréchal de Saxe, et portés à Paris. En 1770, sur les réclamations du gouvernement des Pays-Bas, la plupart de ces manuscrits furent restitués. Celui de VEscoiifle ne fut pas du nombre. Il était entré, nous ne savons comment, dans la bibliothèque du duc de La Vallière, d'où il passa, par échange ou acquisition, dans celle du marquis de Paulmy.
Nous avons suivi l'histoire du manuscrit depuis l'inventaire de la librairie des ducs de Bourgogne rédigé à Bruges en 1467, après la mort de Philippe le Bon. A cette date, le manuscrit était, déjà depuis longtemps, dans cette célèbre collection. Il figure, en effet, dans l'inventaire dressé à Dijon, le 21 juillet 142 1, moins d'un an après l'avènement de Philippe le Bon au duché de Bourgogne. Il y est décrit en ces termes :
Item, ung autre livre nommé le livre Guillaume de Palerne couvert de cuir bien usé 2, commençant au second
entendu, tout à fait erronée. J'ai pourtant pris la peine, à tout hasard, de la vérifier à Bruxelles,, quoique sachant bien qu'en 1797 le manuscrit en question était déjà à l'Arsenal, et j'ai constaté qu'il n'y avait pas de n° 755 dans l'inventaire de Gérard.
i. Voy. Laserna Santander, Mémoire historique sur la Bibliothèque dite de Bourgogne (Bruxelles, 1809, p. 56 et suiv.); Marchai, Catalogue etc., p. cliv et suiv. ; Delisle, Le Cabinet des manuscrits, I, 418.
2. Ce cuir « bien usé » était sans doute le cuir rouge de l'inventaire de 1467, qui est remplacé, dans l'inventaire de 1487, par du cuir noir.
fueillet L'œil1 par son sens, et ou derrenier Nul^ ne l'en fist noise 2.
Mais, en 1420, il devait être entré depuis peu dans la librairie des ducs de Bourgogne, car il ne figure pas sur l'inventaire « des joyaux et autres biens meubles » de la grand'mère de Philippe le Bon, Marguerite de Flandres, épouse du duc de Bourgogne Philippe le Hardi, morte en 1406.