‹ L'escoufle: roman d'aventureChapitre 10 sur 63 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

en son pays. Il prit congé du roi, du patriarche, des Templiers, et s'embarqua, regretté de tous et comblé de présents. Arrivé à Brindes, il se mit en route, à petites journées, pour Rome. Lorsqu'il fut à Bénévent, il se trouva que l'empereur était venu depuis peu en cette ville pour y faire un séjour. Apprenant l'arrivée du comte, il le reçut, lui et sa suite, à sa cour, et lui donna une riche hospitalité. Il ne tarde pas à se prendre d'amitié pour lui et à lui faire ses confidences. Il lui avoue qu'il n'est plus le maître dans son empire. Il n'ose aller d'une ville à l'autre sans escorte. Il a eu le tort de se confier à ses serfs et de les faire monter en dignité ; maintenant ce sont eux qui tiennent ses châteaux, ses cités, ses forêts. Finalement, il supplie son hôte de lui venir en aide, lui offrant de lui confier le gouvernement de sa terre. Le comte accepte. Devenu connétable de l'empereur, il envoie quérir en France les meilleurs chevaliers, car il ne veut pas du concours des vilains ou des communes, et se concilie les hauts hommes du pays. Au bout d'un an et demi il eut débarrassé la terre de tous les vilains qui occupaient les châteaux. Heureux ceux qui échappèrent la vie sauve! (v. 1601).

Le comte Richard pensa alors à s'en aller dans sa contrée. Mais l'empereur le retint, et, pour l'attacher définitivement à son service, le maria à la dame de Gênes. Les noces furent brillantes. Onques, même lorsque le roi Marc épousa Iseut, il n'y eut d'aussi grandes réjouissances qu'à l'occasion du comte Richard. La nuit qui suivit, le comte engendra un fils qui fut plus tard empereur. Il reçut, au baptême, le nom de Guillaume. Le jour où il naquit, l'impératrice mit au monde une fille qui fut appelée Aelis (v. 1766).

La comtesse était allée faire ses couches en un château situé près de Venise. Elle y resta après la naissance de son fils. Celui-ci avait trois nourrices : l'une pour l'allaiter, la seconde pour lui faire son berceau, la troisième pour le porter, le baigner et le coucher. Lorsqu'il eut trois ans, il charmait tout le monde par sa gentillesse, et, avec sa tête

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