‹ L'escoufle: roman d'aventureChapitre 11 sur 63 · ANALYSE DE L*ESCOUFLE IX · texte numérisé non relu

ANALYSE DE L*ESCOUFLE IX

blonde^ il ressemblait à un petit ange. L'empereur l'envoya chercher pour le faire élever à la cour. Sa mère se sépara de lui avec regret. Il partit avec une suite de cinq damoiseaux, sans compter son maître '. Il fut reçu avec une grande joie par l'empereur et par l'impératrice ; son père lui-même ne put se tenir de le baiser. On le fit élever avec Aelis. On les habillait de même; ils étaient toujours ensemble, et bientôt ils s'aimèrent. La demoiselle appelait Guillaume « ami » ou a frère », mais « frère » servait à couvrir l'autre nom (v. 1989).

Le jeune Guillaume avait toutes les qualités. Jamais on ne l'entendit proférer un jurement ni dire du mal de personne ; et si un jour on lui faisait une robe, cinq jours après il l'avait donnée. Quant à belle Aelis, elle était accomplie de tous points : elle savait chanter des chansons et dire des contes d'aventure, et elle excellait à faire des ceintures et des aumônières qu'elle donnait à qui les demandait (v. 2067).

Un jour l'empereur proposa au comte de marier ensemble leurs deux enfants. Richard, tout en remerciant l'empereur d'un si grand honneur, refusa d'abord, représentant que ce mariage serait mal vu des hauts barons de l'empire. « Votre « fille, dit-il, épousera le roi de France, et vous y accroitrez « votre honneur et le nombre de vos amis. » Mais l'empereur insista. Il assemblerait ses barons et leur demanderait un don qui devrait leur coûter peu. Et, quand ils le lui auraient accordé, ils apprendraient qu'ils avaient, sans le savoir, consenti au mariage d'Aelis et de Guillaume. L'empereur fit comme il avait dit. Il réunit ses barons, se fit octroyer un don, et leur dit seulement après ce à quoi ils s'étaient engagés. Mais aussitôt les barons commencèrent à murmurer. Leur bonne foi, disaient-ils, avait été surprise. Toutefois, ils ne pouvaient plus s'en dédire, et, lorsque l'empereur eut fait venir les deux enfants, les barons jurèrent sur les reliques qu'après la mort de l'empereur la terre reviendrait à Guillaume (v. 2338).

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