XXX INTRODUCTION
Le Busard est une œuvre médiocre, dépourvue d'imagination, et on y chercherait vainement les fines analyses psychologiques dans lesquelles se complaît le poète français. On ne peut supposer que l'auteur allemand ait gâté à plaisir son modèle. Tout porte à croire qu'il n'a pas connu notre roman français. C'est précisément ce qui donne de la valeur à son poème, que nous pouvons avec vraii^emblance considérer comme la reproduction plus bu moins exacte du conte auquel fait allusion l'auteur de YEscouJle ^ Ici encore on peut se demander 6i Ce conte, qui devait être français, était écrit, ou si l'auteur allemand ne l'a connu que par tradition orale. Mais le poème allemand, non plus que le poème français, ne fournit pas d'indice qui perinette de résoudre la question*
L'enlèvement d'un anneau par un oiseau de proie, ayant pour conséquence la séparation de deux amants qui finissent par se retrouver après les aveiîtures les plus variées, était un procédé d'une application trop facile pour qu'on lé laissât tomber promptement en désuétude. Il a été introduit dans V Histoire de Pierre de Provence et de la belle Maguelone, fille du roi de NapleSy roman en prose qui ne paraît pas, en la fonrie que nous connaissons, plus ancien que le milieu du xv« siècle. Dans ce récit, les anneaux (car il y en a trois) sont retrouvés dans le ventre d''un brochet. Un
I . Je suis en désaccord sur ce point avec M. d'Ancona qui, dans ses Poemetti populari italiani, p. 43 1 (voir la note suivante), exprime l'opinion que le Busard dérive de VEscoufle.