‹ L'escoufle: roman d'aventureChapitre 37 sur 63 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

L'auteur de VEscoufle n'est pas moins habile à peindre des scènes dont quelques-unes offrent pour rhistoire des mœurs et de la société un intérêt véritablement historique. Je signalerai particulièrement le tableau d'une réunion intime, le soir, chez le comte de Saint-Gilles, dans la chambre des dames. Dans ce dernier cas, ce n'est pas seulement l'habileté de la mise en scène qu'il faut considérer : la scène elle-même est des plus caractéristiques. La tenue plus que négligée du comte, qui nous est présenté littéralement en déshabillé, le laisseraller d'Aelis, qui pourtant est l'héroïne du poème, et dont l'auteur ne voudrait pas nous donner une mauvaise opinion; l'indifférence avec laquelle la comtesse souffre en sa présence des familiarités assez compromettantes, ce sont là des mœurs bien singulières, qui pourraient sembler imaginaires, si l'on ne trouvait ailleurs, par exemple dans Guillaume de Dole, des traits analogues. L'auteur de VEscoufle est cependant un poète courtois : il n'emploie aucun « vilain mot », il est seulement un peu

vendue récemment au Musée britannique. Mais bien peu nous ont été conservées. On envoyait à la fonte cette précieuse vaisselle quand on avait besoin d'argent. C'est surtout aux inventaires que nous possédons encore des grandes collections formées au xiv* siècle qu'il faut avoir recours pour trouver des termes de comparaison avec les descriptions données dans les œuvres de fiction. Voir notamment l'inventaire des joyaux de Louis duc d'Anjou, frère de Charles V,dans la Notice des émaux de Léon de Laborde. n*' 283 et suiv., comme aussi le supplément à cet inventaire publié en 1889 dans la Bibliothèque de VÉcole des Chartes (t. L) par M. Ledos, n** i85 et suiv.

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