L* AUTEUR DE L*ESCOUFLE XXXIX
plus réaliste dans la peinture des mœurs de la société de son temps que tel autre romancier, Chrétien de Troyes par exemple. Il aspirait à plaire au monde des cours seigneuriales. Il professe à l'endroit des serfs et des vilains le mépris le plus complet '. S'il mentionne en passant (v. i565) les communes, c'est pour dire que le comte Richard dédaignait leur concours, et ne se fiait qu'aux chevaliers de France. Ses héros de roman sont ceux qui avaient la vogue dans les hautes classes de la société, Tristan et Iseut, Gauvain, Pyrame et Thisbé, Apollonius de Tyr; une fois seulement il est question de Charlemagne et de Roncevaux *. Par contre, s'il n'a aucun goût pour les récits de batailles et de tournois qui étaient si fort en faveur de son temps et qui tiennent tant de place dans les romans de Chrétien de Troyes et de son école, et même dans des poèmes purement historiques tels que l'Histoire de Guillaume le Maréchal.^Lors des fêtes qui sont célébrées à Rome, à l'occasion du couronnement de Guillaume et d'Aelis, il décrit longuement la pompe qui est déployée par toute la ville et détaille avec complaisance la riche toilette d'Aelis, mais c'est à peine s'il fait une fugitive allusion au tournoi qui eut lieu à cette occasion ^.
Les mérites que nous reconnaissons à VEscoufle