‹ L'escroc du grand mondeChapitre 1 sur 27 · D'OLBAN · texte numérisé non relu

D'OLBAN

D'ARMINCOURT.

M"' DE FERRIERES

ÉMELINE , jeune orpheline coofîée à ses soins. Wilmen.

MARIE , fille de Dubourg. Tbenàrd.

Un DOMESTIQUE.

DANSEURS, INVITÉS, etc.

( Adrien.

Emile Taickt Lepeintre J'.

Hyppolite.

Debouvbee.

Bàlary.

M"" Guillemain.

La scène se passe d Paris, dans l'hôtel de M. de Ferrières,

Nota. Les personnages sont placés en tête de chaque scène comme ils doivent l'être au théâtre; le premier occupe la droite de l'acteur.

Impr. de Ghassaigrun, rue Gît-Je-Cœur, 7.

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Le Théâtre représente un Salon dajis l'hôtel habité par M. de Ferriéres. Au lerer du rideau , madame de Ferrières est assise sur un fauteuil d gauche du spectateur ; elle s'occupe d'une broderie. Emeline , très-élégamment vêtue, est debout auprès d'elle, et s'appuie sur le dossier du fauteuil; M. de Saint- Surin est à côté d' Emeline. Marie est assise sur une chaise de l'autre côté de madame de Ferrie? es; elle est très-simple , et elle fait une bourse. M. de Ferrières est assis prés d'une table , à droite du spectateur; il tient des journaux qu'il semble parcourir avec indifférence. Il y a une boîte i^écarté sur la table où sont placés les journaux.

SCEIVE PREMIERE.

MARIE, M AD. DE FERRIÈRES, EMELINE, St.-SURIN, M. DE FERRIERES, puis IN DOiVlESTIQUE.

ÉMELIKE.

Ah, Madame, je vous en prie, ne refusez pas de me conduire demain au bal!. . . Ma toilette est toute prête et si jolie!..

SAINT-StBIN.

Vous refuser!. . cela est-il possible? Et d'ailleurs, Madame ne doit-elle pas aimer le bal pour son propre compte?

MAD. DE FERRIÈRES

M. de Saint-Surin oublie que j'ai passé dix ans dans la retraite ; que j'y ai perdu le goût des flaileries, et que la mèrn d'un jeune homme de vingt ans peut conduire au bal une jolie personne confiée à ses soins, mais qu'elle n'y trouve plus aucun plaisir pour elle. Et puis, nous y étions "hier, et c'est bien souvent, ma chère Emeline.

UN DOMESTIQUE, entrant, et s' adressant à M. de Ferrières.

Monsieur, c'est le domestique de M. Dalbreuse.

M. DE FERRIÈRES, Sortant de sa rêvey'ie , et w levant.

Ah!. . je sais. . . Donnez.

LE DOMESTIQUE , d dcmi-voix.

Trois cents louis que M. Dalbreuse doit à Monsieur, d'hier au soir.

M. DE FERRIÈRES

C'est bien.

Il prc Dcl un rouleau des mains du domestique, qtii

MABiE , à part , les yeux fixés sur M. de Ferrièrts. Encore!.. Ah, je ne me trompe pas!

M. DE FER&iÈRES, mettant le rouleau dans sa poche , et se mêlant à la conversation.

Vous aimez le bal, Emeline?

ÉMELINE.

J'ai encore sur mon agenda onze contredanses promises.

SAINT-SDRIN.

Et le galop avec moi.

MA.D. DE FERBiÈRES, regardant sort mari, gui est retombé dans sa

rêverie.

Nous verrons. ''^

EMELINE.

Oh, TOUS consentirez!

MAD. DE FERRIÈRES

Et cette chère Marie , restera-t-elle encore seule ?

ÉMEtIXE.

Mais aussi, conçoit-on qu'elle soit si insouciante? Je suis 8<ïre, Marie, que si vous toiirmenliez un peu voire père, il vous laisserait venir : un riche manufacturier !. . . Est-ce qu'il veut vous faire vivre comme une religieuse?

MARIE

J'ai été élevée à la campagne, vous avez fait votre éducation à Paris, ne vous étonnez donc pas de la différence de nos goûts. Savez-vous qu'il y a dix-huit mois, lorsque Monsieur et Madame de Ferrières quittèrent leur maison de campagne, située près de celle de mon père, pour se fixer à Paris, moi, je n'y étais jamais venue?

SAINT-SURIN

Pauvre enfant!.. . Mais comprend-on qu'il y ait des gens qui habitent la province? Et ils croient qu'ils vivent !

MARIE

Mais oui. Monsieur. Je vous assure que lorsque Monsieur et Madame de Ferrières y vivaient avec leur fils Geor. . . . M. Georges, qui voyage depuis deux ans, on s'y amusait bienî. . . Mais quand ils l'eurent quillée pour venir habiter ce bel hôtel, alors. . . oh ! alors le pays me parut si triste que je n'eus pas de repos que mon père n'eût loué aussi un appartement à Paris, tout près d'ici!... Et pourvu que ma bonne amie me- permette de venir tous les jours passer quelques heures avec elle, je suis contente !. . Je n'ai besoin ni de bals, ni de fêtes ; je m'y ennuie.

ÉMELINE.

S'ennuyer au l)al!. . l\larie, vous n'êtes pas raisonnable, {à madame de Fcrricres.) Ainsi, nou*; y allons demain soir?

M. DE FERRIÈRE9 , Sortant de sa rêverie. Demain soir!, . Mais cela oe se peut pas : j'attends ici nombreuse compagnie.

MAD. DE FERRiiiUES.

Ah!...

ÉMEIINE.

Et dansera-t-on ?

^ M. DE FERRIÈrES.

Sans doute, (à sa femme.) Est-ce que je ne vous l'avais pas déjà dit, chère amie?

MAD. DE FERRIÈRES

Non.

M. DE FERRllJRES. ^

Pardonnez! je suis quelquefois distrait.

MAD. DE FERRIÈRES

Il est vrai; mais cet oubli est réparable : les fêtes, les dîners, les soirées se succèdent chez vous de manière à ce que nos gens soient habitués à ces apprêts,

SAlNT-SURlN.

Aussi votre maison est une de celles où l'on reçoit le mieux. C'est à qui obtiendra l'honneur de se faire présenter chez vous!... La haute considération dont vous jouissez dans le monde. . .

M. DE FERRiÈhES.

Sa figure s'épanouit.

On parle de moi, M. de Saint-Surin?

SAINT-SURIN

Avec les plus grands éloges ! ainsi que de Madame.

M. DE FERRIÈRES

Ah!., jamais on ne dira assez de bien de cette bonne et généreuse amie !.. Si vous saviez ce qu'elle fut pour moi dans mes malheurs ?. . Mais vous disiez. . .

SAINT-STJRIN.

L'estime qui s'attache à Votre noiu a fait souhaiter à un de mes amis. . .

MARIE, à part.

Encore un !. .

M. DE FERRIÈRES

Amenez, amenez, M. de Saint-Surin!. . Je n'ai qu'à me louer de toutes les personnes que vous m'avez présentées, et, je l'avoue, cette foule qui se presse dans mes salons, me fuit plaisir à voir.

Mad. de Fcrricres le legaide tristemen.t. SAINT-STJRÎN.

Oui, les bals, l'opéra, le bois de Uoulog.ie, de jolie? femmes et des chbvaux anglais, voilà toute la yic

vv DOMESTIQUE, annonçant.

M. Dubourg.

M. DE FERRIÈBES , rt part.

Ab, quel ennui!

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