DOCUMENTS DES ÉDITIONS
Epitre dkdicatoire DES « Désirs Amoureux »
A Madame.
Madame, Tout ce que mon Prince révère, je l'adore, et comme je sçay qu'il est en perpétuelles contemplations, extases et ravissements, sur le bel astre de vostre beauté, dont les Emperieres perfections exercent une puissante Monarchie, non seulement sur mon Ame, mais sur toutes celles de vos vassaulx et subjects : Je me hasarde au jour pour en retracer l'histoire au soleil rayonnant de vos yeux, mesprisant toutes sortes de blasons, et hypothèques de la mesdisance à dents vipérines et crénelées, si ce petit Discours vous agrée; car la moindre œillade que vous luy donnerez me rendra impénétrable, comme le bouclier d'Ajax, invulnérable comme Achille : Et en ceste dévotion, je demeure inviolablement, Madame,
Vostre tres-humble serviteur.
Cl. Desternod.
bibliographie la'ii
Épitre Dédicatoire du Catholique Franc-Comtois
A Tresl/histre et Religieux Seigneur
CLAUDE D'ACHEY
Abbé, et Seigneur de Baume, S. Lotain, etc. au Comté de Bourg-og-ne : Salut.
Monseigneur,
Qu'en direz-vous de ce maliieureux Cicophante, qui ayant sacrileg-e et impie prophané les clioses sainctes, a creu le serpent, et digéré la pomme contag-ieuse du Calvinisme ? Oui le croiroit, que Bourgongne, le piédestal, et le plus ferme arc-boutant de la Clirestienté, ayt élevé ce vipereau, qui a pensé crevanler sa mère, et comme le chien d'Acteon, dévorer son maistre? Que Bourgongne, qui n'a jamais allaicté Huguenot, comme l'Angleterre ne nourrit point de loups, et comme les mouches ne pouvoyent entrer dans le temple d'Hercule appelle Sigaros : Qui le croiroit, que ce fier dragon en soit issu, et que cette chelive Agrip{)ine ait nourry ce Néron? Mais la mythologie en est réelle, la fable est une vérité : et d'asseurance Leandre a faict naufrage, et les flots du lac Léman l'ont enveloppé, pour le donner en proye à l'insatiable cupidité des poissons de l'Enfer : dès lequel lieu, comme un Oresle furieux, avant le dernier hocquet il escume en Bacchanle, vomit anallieme qu'il est, mille injures contre l'Eglise, veut acculer, et reculer, sabouler, et fouler l'honneur du sainct Père : et fait gloire, comme Psaphon, d'estre loué des bestes. Demeurer sur tant d'injures sans repartie,
LVITI L ESPADON SATYRIQUE
ce seroit esire comme la statue d'Esciilape, laquelle estant inanimée, enduroit que Denys de Syracuse luy arrachast la barbe. Mais mon couraîre incompatible avec tant de blasphèmes, ne permettra à ce Cerbère vomir son aconit avec impunité contre l'Eg-lise, comme il l'adore avec impieté. Me voicy donc à l'apres de mettre le caveçon à ce cheval eschappé qui trotte sur le pavé de sa ruine. Vous, Monsei- GN^EUR, qui vivez avec tant de sincérité, sous la reg"ence et discipline de la vertu, prestez (s'il vous plait) l'oreille à la Trag-edie de cet Apostat, sur qui je fay esclater l'arrest espouventable de la mort : et vous obligerez,
Monseigneur,
Vostre tres-humble serviteur, Claude d'Esternod.
Approbation du Catholique Franc-Comtois