AU SATYRE SUR SON ESPADON
Satyre à la nouvelle escrime, De qui le nom dig^ne d'estime Ne verra jamais le trespas, Dis nous de quelle estrang-e sorte Est faict l'Espadon que tu porte, Qui pique, et si ne tranche pas? (8)
Il n'est personne qui n'admire De voir dans la main d'un satyre L'Espadon, comme je l'y voy; Et que l'antiquité le die S'il s'est veu, dedans l'Arcadie, Un satyre armé comme toy !
Mars ne fust pour tel dans la Thracc, Car tu sçais avec tant de g-race Joindre l'adresse à la fureur.
Qu'à chasque poiiicte que tu tire Tes amis se meurent de rire Et tes ennemis de douleur.
Henry Fagot.
(7) L'Espadon, Lyon, 1621 et suivantes.
(8) Correction. Les textes donnent:
Qui pique, et s'il ne tranciic pas?
Cf. Glossaire : Si.
DE
SONNET ACROSTICHE & ENCOMIASTIQUE
Charmant, joyeux poète, auteur de 1' <r Espadon », Les cuistres sont nombreux en notre temps moderne ! Aig^uise bien ton arme, et vise leur lanterne : Un ! Deux ! Fends-toi, mon brave, et frappe sans pardon !
De la sottise humaine éventre la citerne ! Enfume dans son nid cet arrog-ant bourdon ! Etrille-moi cet âne, ami du beau chardon! Sus à ces chats-huants hurlant dans leur caverne !
Tel se croit un phénix, qui n'est qu'un grand buzard, Et prend pour du g-énie un efTel du hasard : Rien ne jaillit de rien, pas même en rhétorique !
Noble et fier g-ouverneur de la cité d'Ornans,
Oh ! prends sans hésiter 1' « Espadon satyrique » :
D'une estocade abats tous ces affreux manants !
Si octobre igoy.
D^ A. F. C. d'Eternod.
•'•^Pl^»'^''
SATYRrQJ^R
; Par le fieur de Franchere,gencil-/ 'i homme Franc- comtois. j
, Dédié à monfiettr XttÂsn de Roche,
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Marchand Libraire.
M. \)Qr~XÎx,