‹ L'espadon satyrique. Première éd. critique, d'après l'éd. originale de 1619, avec une pref. une bibliographie, un glossaire, des variantes et des notesChapitre 49 sur 54 · CORNES · texte numérisé non relu

CORNES

Charle. — Voir Roy Charle.

Cheouin. — Sequin.

Cuevances. — Biens d'une personne.

Chevêche. — Chouette.

Chicque chacque. — Onomatopée de la langue erotique, analogue à cliquon-cliqiielte, pour désigner l'acte vénérien.

Chiragre. — Mot grec que l'on doit prononcer Kiragre, remarque Trévoux. Goutte des mains, qui en affectait la partie externe. On le disait surtout en langue de fauconnerie pour désigner une maladie des serres.

Ital. : Chiragra.

CuouÉ. — Chouette.

Clavicula. — C'est-à-dire petite clef. Mais ou ne l'emploie guère qu'au pluriel dans le sens qui nous occupe. Il s'agit des C/awiCu/es de Salomon, ouvrage que l'on attribue à ce prince, et qui contient des conjurations et des formules magiques, par lesquelles on peut acquérir, prétendaient les occulistes, une partie du pouvoir que Salomon avait sur les esprits.

Cler de gru. — Potage de gruau, c'est-à-dire de farine d'orge ou d'avoine.

Clunes. — Fesses (latinisme).

Ce mot savant a passe dans l'argot classique.

COCARDEAUX. Ou Cor/MOr-

deaiix, galants, mirliflores.

Coco d'Inde. — Dindon.

CoLEuvRE. — Couleuvre, serpent.

CoLLis. — Coulis, jus de viande.

CoLLisE (Porte). — Pris au

figuré. L'une des portes monumentales qui s'ouvrent sur le Colisce, soit l'Arc de Constantin, soit celui de Titus.

Commissaires (vieux). — Par analogie avec les grands Commissaires du Grand Conseil, qui étaient choisis parmi les plus anciens Conseillers de chaque Chambre, et qui, avec les deux Présidents, jugeaient souverainement des procès où il y avait plus de cinq chefs ou articles. Cf. Furetière.

Consumé. — Consommé {cni- ^ine).

CoROBORER. — Corroborer, dans le sens ancien d'ajouter à la force que tient de sa constitution le corps ou une partie du corps.

CoRRiVAL. — « Vieux mot qui signifioit originairement celui qui tiroit de l'eau d'une même source qu'un autre; qui la conduisoit parmi même canal pour la faire venir sur ses terres.

Depuis, on l'a dit de ceux qui étoient concurrens et compétiteurs ; qui avoient les mômes prétentions, soit de gloire, soit d'amour; qui couroient dans la même lice; qui aimoient une môme femme. Il est aboli : aujourd'hui', on dit seulement rival dans la même signification »

(Furetière.)

CosTiGUES. — Mot que nous n'avons pas rencontré dans les lexiques. Il semble venir, ce-

pendant, du provençal coiitiga, chatouillement, ou de coiistija, chatouiller. Ce serait alors une maladie de peau analogue à la grattelle.

Cosi cosi. — Italien : ainsi ainsi. L'auteur l'emploie, comme cliqaon-cliquette, dans un sens erotique. De cosi-cosi est venu couci-couci.

Coton (Père). — Le P. Pierre ('otton, surnomme VOraieur, Jésuite et prédicateur du roi.

né à Néronde, dans le Forez, en i56/'j, mort à Paris, le 19 mars 1626. Protégé par le maréchal de Lesdiguières, il réussit à s'attirer la confiance d'Henri IV et en devint le confesseur. Après le meurtre du roi, il essaya de défendre son ordre des accusations dont il était l'objet, en publiant : Lettre déclamatoire de la doctrine des pères Jésuites conforme aux doctrines du Concile de Constance, 1610, in-i.?, mais il s'attira des répliques; la plus connue est l'/l n//-Co//on, Paris, i6io,in-i2.

II devint directeur de conscience de Louis XIII, ce qui faisait dire : « Notre prince est bon, mais il a du coton dans les oreilles. » Cf. Le P. d'Orléans, Z,a Vie du P. Cotton, Paris, 1688.

CoRTAu. — Pour : courtaud. Nom burlesque du membre viril.

CoucHoux. — Coucous.

CouRDE. — Courge; du pro-

vençal coagourdo. Cf. Darmesleter : Courge et Gourde.

GouRTAUT. — Ou courtaud.

Ne pas confondre avec courtaud de boutique. Il s'agit ici du cheval ainsi nommé parce qu'il était écourlé de la queue et des oreilles. « Courtaut de cinq cents ric/ieiales. »

CouTRETs. — Cotrets.

Cygoignes. — Le poète satirique Charles Timoléou de Beauxoncles, sieur de Sigogne.

Voyez le recueil de ses Œuvres Satijriques complètes, avec notre Discours Préliminaire, Paris, L'Édition, 1920.

Crepide. — Sandale (latinisme).

Creuse. — Creuse épousa Jason, après qu'il eut répudié Médée. Celle-ci envoya à Creuse une petite boîte d'où sortit un feu qui embrasa le palais.

Creux-Manoir. — L'Enfer.

Cube. — Faire le cube, en astragalomancie, est opérer la divination par les dés. Le poète veut dire qu'on ayant recours à la Vieille qu'il vitupère, Pauline eût connu que son destin était de coucher avec Décius, et qu'elle se fût rendue aux raisons de l'entremetteuse, sans que Décius eût eu besoin de recourir au stratagème d'Anubis. Voir Anube.

Cymbales. — Clochettes. Du Cange cite des auteurs chrétiens de la basse latinité qui désignent

la cloche de l'église et celle du réfectoire par cymbalum.

Debifez. — Dérangés, désordonnés.

Decie. — Décius Mundus.

Voir Anube.

Dequoy (Le). — L'argent, ce qu'il faut. « Les courtisans, voyeut que rien ne rend les hommes sujets à la cruauté du tyran que les biens; qu'il n'y a aucun crime envers luy digne do mort que le de quoy. » La Boëtie, Servit, volont.

Despendre. — Dépenser.

DiAMERDis. — On ne sait où Cotgrave et Oudin ont pris que le diamerdis fût une confection de sauge sauvage. C'est un mot burlesque, formé comme diamargariion ou diamorum, de l'ancienne pharmacopée. Et ce n'est rien d'autre que de la plus Jine... Cf. Roger de Collerye, éd. i855, 199 :

Quelqu'un la cliquette pourvoit.

Autant les lundys que m;u\lys, De bran ou de diamerdys.

Draque (Le). — Sir Francis Drake, célèbre navigateur anglais, vo^\o-i'Mf). On sait que Drake fut un des jjlus terribles adversaires de l'Espagne dans les Indes Occidentales, où il fit un grand butin à différeutes reprises. Aucun des grands voyages entrepris depuis Magellan n'avait eu un succès comparable au sien.

Du Moulin (Pierre). — Ce ce-

lèbre Ihéolog-ien protestant, né le i8 octobre 1508 au château de Buliy, mort à Sedan, le lo mars i658. Il fut appelé à la Cour d'Ang-leterre en i6i5, etJacqucs 1er le chargea de rédiger une Confession propre à unifier le protestantisme, lletiré ensuite à Sedan, il y professa la théolog^ie. Il soutint d'ardenlos controverses contre Cayet, Du Perron et La Milletière, et laissa de nombreux ouvrages dont on trouvera la liste dans la France Protestante de Hnag.

DuKANDAL. — Epée de Roland.

Errené. — YYerrener ou esrener. P"ouler ou rompre les reins. C'est la même chose qu'éreinter.

Erroné. — Voir ci-dessus.

Erte (à /'). — Orthographe primitive d'a/er/e. Le mot vient de l'italien /are all'erta, être au guet. Cf. Montaigne, Liv. I, 19 : « Se tenir à l'airte. »

EsBiÈRES. — Sbires.

Escarpe. — Chaussures. Italien : scarpa, dont le diminutif scarpino a donné escarpin. Le poète veut dire que l'on entend pas marcher cet a esprit».

EscoRNEs. — Affronts.

EscouPETTE. — Escopette.

Espadon. — Grande épée à deux mains.

Estame. — Etamine.

Estoc. — Epée, au propre, et.

dans le sens erotique, membre viril.

ESTRAINGUILLONS. — PoUr :

estranguillons. Maladie qui prend à la gorge, qui l'enfle et qui empoche la respiration. C'est un mal qui vient particulièrement aux chevaux. Ce mot vient de stranguillo, qu'on a dit dans la basse Latinité dans le môme sons. (Furetière.)

KxERCiTEs. — Armées.

Fagot (Henry). — Il n'existe rien sur ce poète.

Faret (Nicolas). — Né à Bourg-en-P.resse, vers 1600, mort à Paris, en lô/jr). Il vint jeune à Paris, avec des lettres de recommandation de Méziriac pour Vaugelas, Boisrobert et Coëffetcau, auquel il dédia une traduction d'Eutrope, en 1621. « Il languit longtemps à Paris, dit Pellisson, sans trouver aucun emploi. Enfin M. de Boisrobert et quelques autres de ses amis le donnèrent pour secrétaire à M. le Comte d'Harcourt. » Par l'intermédiaire de Boisrobert, il persuada à Richelieu qu'en s'attachant le comte d'Harcourt, .sans chercher à rallier ou sa mère ou le duc d'Elbcuf, son frère aîné, il diviserait la maison de Lorraine, et ainsi l'ahai.sserait facilement. Richelieu donna donc les premiers emplois à d'Harcourt et fit du même coup la fortune de Farot.

Celui-ci suivit son maître dans

l'espadon satyrioue

son expédition contre les îles Saint-Honorat et Sainte-Marguerite. On sait que le bon gros Saint-Amant était de la partie.

Le nom de Faret lui fournissant une rime à cabaret, il faillit laisser du pauvre homme un réputation de débauché fort injustifiée. Le principal ouvrage de Faret est V Honnête Homme, imité de Balthazar Castiglione.

Ce traité lui valut d'être présenté par Malleville dans le cercle de Conrart, qui devint peu après l'Académie. Ce fut lui que l'on chargea d'en dresser le projet. « 11 fut marié deux fois, dit Pellisson, fort richement, particulièrement la dernière.

On tient qu'il mourut fort accommodé, quoy que, par une reconnaissance loiiable, il se fût diverses fois engagé pour secourir Monsieur de Vaugelas en ses affaires, ce qui faillit à gâter les siennes propres... 11 a laissé un fils de son premier mariage, et d'autres enfans du second. Il étoit homme de bonne mine, un peu gros et replet, ctavoitdes cheveux châtains, et le visage haut en couleur... » Outre VHonnête Homme où l'Art de plaire à la Cour, Nicolas Faret a laissé les ouvrages suivants : Histoire chronologique des Ottomans, à la fin de V Histoire de Georges Castriot, recueillie par J.

deLavardin, Paris, 1621, in-40;

— Histoire romaine d'Eutropius, Paris, 1621, in-i8 et info!.; — Des Vertus nécessaires à un prince pour bien gouverner ses sujets, Paris, 1628, in-40 ; — Recueil de Lettres nouvelles (dont 10 des siennes), Paris, 1627, in-8; en plus de quelques autres ouvrages de mémoires, quelques poésies éparses dans les Recueils. (]f.

Fréd. Lachèvre, Bibl. des Rec.

Coll. de Poésies, 1901.

Farcineux. — Qui souffre de la maladie purulente propre aux chevaux, et nommée farci n.

Farine (Jean). — Farceur du Théâtre du Marais et de l'Ilotel de Bourgogne, qui, secondé par Bruscambille, proposait au public des panacées burlesques.

Cf. J.-B. Gouriet, Personnages célèbres dans les rues de Paris, 181 1, t. 1, 1O4, sq.

Feu Sainct-Antoine. — Aussi nommé Mal Saint-Fiacre : hémorroïdes.

Fient. — Fiente.

Figue (faire la). — Mépriser quelqu'un, le braver, le défier, se moquer de lui. « Ce proverbe, dit Furetièi'e, vient aussi de l'italien, Far lajlca. 11 tire son origine, à ce que dit Munster et autres auteurs, de ce que les Milanois s'étant révoltés contre Frédéric, avoient chassé ignominieusement hors de leur ville l'Impératrice, sa femme,

sur une vieille mule nommée Tacor, ayant le derrière tourné vers la tête de la mule, et le visage vers la croupière. Frédéric les ayant subjuguez, fit mettre une/lffue aux parties honteuses de Tacor, et obligea les Milanois captifs d'arracher publiquement cette Jlque avec les dents, et de la remettre au même lieu sans l'aide de leurs mains, à peine d'être pendus et étranglez sur le champ, et ils étoient obligez de dire au Bourreau qui étoit présent ; Ecco la Jlca. C'est la plus grande injure qu'on puisse faire aux Milanoisquede leur faire Xiijlyue:

ce qu'on fait en leur montrant le bout du pouce serré entre les deux doigts voisins. De là ce proverbe est passé aux autres nations, et même aux Espagnols qui disent : Dur las higas. »

Flac. — « On dit aussi Jlac pour flasque. » (I-'urctière.)

Flamberge. — Epée de Renaud de Montauban. Epée dans l'acception courante.

Flus. — Jeu de cartes. « Au jeu d'Hombre, être à Jlus, c'est n'avoir que des triomphes et ne pouvoir lâcher. » (Furetière).

L'auteur équivoque sur cette expression.

FouRACHES. — Italien : Forragière, fourrageurs ou paysans.

Friper. — .Manger goulûment : « Les ris redoublés ne

purent s'achever plutôt que le chapon que Perot avoit fripé ».

(D'Aubigné, Fœneste, IV, 5).

L'idée de vol s'attache à ce proverbe, bien qu'il soit employé exactement dans l'un et l'autre sens, de môme que friponner signifie et bien manger et voler.

Le sens primitif paraît être : se dépêcher de manger ce que l'on a volé. Le texte admet les deux sens, et aussi leur confusion.

Galbanon. — Galbanum.

Galemelle. — Ce mot, deux fois employé, n'est pas dans les lexiques. Cependant, par son premier emploi dans le Cath.

Franc-ComL, on voit qu'il s'agit de Gargamelle, mère de Pantagruel, dont galemelle est la contraction avec mutation bourguignonne de Vr en /. La seconde fois, le poète emploie ce mot substantivement dans le sens de nature féminine. Le sens exact de gargamelle est gorge, d'après une citation de Godefroy, et Rabelais l'a employé dans le sens plus étendu de giron, scmble-t-il. Cf. Pantagr., xiv. Jany eût dit gido aille.

Galenus. — Galien.

Ca.mache. — Guêtre de toile.

Gascog.ne. — Craindre la Gascogne, en argot ancien, est craindre les voleurs. Cf. Oudin, iG4o : « Gascon, qui desrobe volontiers ». Procès des Coquillards, 1455 : « ung gascatre est

un apprentiz qui n'est pas encore bien subtil en la science de la coquille ».

Gasteau. — Farceur de l'Hôtel de Bourgogne.

Gaudemichis. — Cf. l'étude sur ce mot, à la suite des Priapées d'Alexandre de Vérineau, publiées par Helpey, 1920.

Gaudemisi. — Voir ci-dessus.

Gauderonnez. — C'est-à-dire, portant la fraise à grands plis, ou godrons.

Gaufridi. — Ou plutôt Louis Gofridi, ou encore Goffridy, ecclésiastique né à Beauveset, et brûlé à Aix, le 3o avril 161 1.

Curé de la paroisse des Accoules, à Marseille, il s'occupait de magie et d'occultisme et crut tenir du génie du mal le don de séduire les femmes sur lesquelles il soufflerait. Il souffla sur Maleine de La Palud, si bien que les parents de cette fille la firent enfermer au couvent des Ursulines d'Aix, d'où Gofridi la fit sortir. Reprise par sa famille la jeune fille avoua qu'elle était ensorcelée. Le Parlement d'Aix se saisit de l'affaire, et Gofridi fut condamné au feu comme sorcier. Cf. Le P.

Michaélis, Histoire de la possession d'une pénitente séduite par un magicien, Paris et Douay, i6i3, in-8. — De Rosset, Hist. tragiques. — Michelet, Hist. de France.

Gautier-Garguille. — Hu-

gues Guéru, dit Gaultier-Garguille, naquit à Sées vers iSyS, de Loys Guéi-ii, ou Quéru, sieur de Fléchelles, et de Catherine du Frische. Il rencontre à Forges François Vaultret qui dirige un théâtre, etquil'enrôledans sa troupe, en compagnie de Robert Guérin, dit La Fleur, ou Gros- Guillaume, et de Henri Legrand, sieur de Belleville, dit Turlupin. La légende veut qu'après une tournée infructueuse à Toulouse, les trois comédiens, qui devaient rester intimement liés jusqu'à leur mort, fussent devenus boulangers, et qu'ils auraient débuté à Paris dans un Jeu de Paume de la rue Saint- Jacques. Cependant. Gaultier- Garguille appartint dès i6i5, d'une façon définitive à l'Hôtel de Bourgogne, après avoir tenu des rôles comiques et tragiques sur le Théâtre du .Marais. Il assuma plus tard la direction de l'Hôtel de Bourgogne, et devint assez riche pour acheter une petite maison près de la Porte-Montmartre et collectionner des monnaies. Il est vrai qu'il avait épousé, en 1620, Léonor Solomon, fille d'un artisan aisé de Normandie, plus exactement d'un maître-ceinturier. 11 mourut à Paris, vers 1637. Sa veuve épousa un gentilhomme normand. On accusa Molière de lui avoir acheté les manuscrits de Gaultier-Gar-

guille pour en tirer parti. Les contemporains du comédien disent que sou aspect était irrésistible, et qu'il était à la fois burlesque et naturel. Il est l'auteur de quelques farces et passe pour l'être de ses Chansons, mais il est permis d'en douter, du moins pour quelques-unes d'entre elles. On n'a pas assez remarqué que le nom de Gaultier-Garguillc. avait déjà été porté par un farceur : oq le retrouve dans la Nouvelle I de Bonav. Des Périers, t. II de l'éd.

Jannet, p. 9. On consultera avec profit la savante biographie de M. Emile Magne, suivie des Chansons, dont quelques-unes sont notées. .M. Emile Alagne y détruit quelques légendes et inexactitudes que ses devanciers avaient répétées sans contrôle.

Gay (Vert). — On appelle verd naissant cette couleur vive qui paroît aux feuilles des arbres au printemps. On l'appelle aussi verd (jay et verd d'émeraade. (Furotière.)

Genêt. — Cheval d'Espagne, de petite taille.

Gillette (Reine). — « Ou appelle Ironiquement une Reine Gillede, dit Furelière, une femme altière qui veut prendre avantage sur celles de son rang. » C'est pourquoi le satirique, dans un cas qui lui semble extraordinaire, dit que

la Reine Gillette en aurait prié d'amour un méprisable bouffon. Cependant, l'origine de cette expression proverbiale est la Nouvelle IX de Boccace, où la fille d'un médecin de Narbonne, nommée Gillette, s'éprend du Comte Bertrand de Roussillon, refuse tous les partis et repousse les hommages des galants, dans le pressentiment qu'elle pourrait un jour épouser celui qu'elle aime. Elle y parvient, en effet, après de nombreux avatars et humiliations, montrant ainsi ce que peut endurer et concevoir une femme éprise doublée d'une ambitieuse. Gillette de Narbonne.

GipPER. — Mettre en pièces, déchirer, et peut-être voler, de l'anc. franc, chippe, lambeau, ou ffippe, justaucorps ; Ital. :

cioppa. Darmesteter dérive le verbe moderne chiper du premier de ces termes. Il n'a pas connu fflpper, intermédiaire.

Glout. — Glouton.

GoNÈs (Pain de). — Pain de ménage que le bourg do Gonesse, aujourd'hui en Seine-et- Oise, fournissait à Paris, deux fois par semaine. Ce pain ne passait pas pour délicat.

GoNNiN. — Maître Gonnin, farceur du temps de Franroisler.

Voir la dissertation d'Éd. Fournie!', au sujet de son nom. Variét. Ilisl. et Litt., v. 209. Bran-

iS6

Page 1