XXXIII : Comment furent dames lanternes servies à soupper
SuBUCULE. — Latinisme. Au propre, tunique do dessous. Au figuré, où l'emploie l'auteur, l'enrobement formé par le pus autour de la verge.
SuRos. — Le suros est proprement un calus qui vient au canon du cheval. Appliqué à répée, il désigne quelque défaut de forge, tel qu'un relief.
Suzanne. — Allusion à l'histoire de Suzanne et des deux Vieillards, qui pour la perdre prétendirent qu'ils l'avaient vue au bain en compagnie d'un jeune homme.
SusoN. — Voir Val de Suson.
Tabit. — Tabis, étoffe de soie moirée.
Talons (Cours). — On disait d'une femme qu'elle avait les talons courts quand elle se laissait aisément renverser sur un lit. On nommait les filles de joie : Nymphes aux courts talons. Cf. Leroux, Dict. comique.
Talotiser. — Frapper. De taloche, déformé à la bourguignonne : talotte.
Tartre. — Tarte.
Tandis. — Cependant, pendant cela. Tandis s'employait sans que avant Vaugelas. On le trouve ainsi dans le P. Le Moine et dans Corneille, Ilor. IV, 2, et tandis il m'envoye — faire ofjîce vers vous de douleur et de Joi/e.
Thériaque. — Composition pharmaceutique où entrait en majeure partie l'opium et le haschich, mais que les apothicaires avaient avantage à donner comme de la chair de vipère, pour frapper l'esprit de leurs clients. Aussi ce mot est-il formé de Ûrjo, bête féroce. La Thériaque servait de contrepoison contre les morsures venimeuses, la colique, les vers, les fièvres intermittentes, et sans doute les cors aux pieds et la chaudepisse. Elle passait pour cire le mithridate, modifié par Andromaque le Père sur l'ordre de Néron. On appelait proverbialement les charlatans vendeurs de thériaque.
Thune. — Voir Roi de Thune.
Tiercelet. — Terme de Fauconnerie, qui se dit des mâles de quelques oiseaux de proie, comme de faucon. d'autt)ur, de gerfaut, d'épervier, etc. Us sont ainsi nommés parce qu'ils sont plus petits de taille d'un tiers que leurs femelles. Il se dit par mépris en parlant d'un homme qu'on croit être au-dessous de ce qu'il croit être. (Furelière.)
GLOSSA.IRE
TiGNE. — La teiçne.
ToussiR. — Tousser.
Touhdion. — Ou tordion, mouvement de danse, contorsions du corps — le plus souvent deshonnêtes, dit le bon Furctièro.
Traînes.— Perdreaux pris au filet du même nom, quand ils u'ont pHvS la force de voler.
Tkibart. — Au propre : bâton ; au figuré : membre viril.
TRmouLET. — Fou de Louis XII et de François Vr^ ne à Blois, vers la fin du xv« siècle, mort avant i^iiô. C'est de lui que parle Jean Marot dans ces vers du Siège de Pescaire:
Petit front et gros yeux, nés grand [et taille à voste, Estomac plat et long, hault dos à [porter hôte.
Ce fut à Triboulet que succéda Brusquet.
Triques-niques. — Choses de rien, bagatelles, querelles sur des pointes d'aiguilles.
« Ce mot, dit Furetière, faisoit un proverbe grec, t/irichoon neCIcos, c'est-à-dire, dispute sur un cheveu. D'autres croyent qu'il a été fait detricœ, qui signifie à peu près la même chose en latin, et de nihil, qu'on écrivoit autrefois nic/iil. «
Triper. — Danser, de tri/judiare .
« En Languedoc, ditBorel,ya tripet, c'est-à-dire rire extraordinairement. »
S'il en patience travaillent (Ju'il baient, et tripcnt et sailent.
(R. DE LA Rose.) Il y eut aussi iripeter :
Et tout après moy les fcisse F'ar vive rage tripeter.
(Tbid.)
Trou de Saixct-Patrice. — Grotte d'une montagne d'Irlande, que l'on croyait être l'entrée du purgatoire, et où les pèlerins du saint hermite obtenaient la purification de leurs péchés. Le Saint s'était retiré dans cette caverne afin de se livrer à la prière ; mais il fut tourmenté par une légion de démons qui voltigaient autour de lui sous la forme d'oiseaux noirs : c'est à quoi le poète fait allusion. Cf. Notice sur le Puy Sainct Patrix, par Philomneste Junior, à la suite du Voyage du Puys Sainct Patrix, Gay, Genève, 18G7.
Tu AUTEM (le). — Pour le but, l'issue, le point, l'événement, le nœud.
.Je t'apprendrai, Messire Enée,
De ton étrange destinée
En peu de mots le tu-autem.
(ScAuiiON, Virff. trav.)
Truffes (de vaches). — Autre nom du champignon appelé vulgairement vesse de loup.
L'auteur l'emploie au figuré pour désigner les mamelons.
Turlupin. — Henri Le Grand, dit Bellevilleon Turlupin, l'un des plus célèbres comédiens de son temps, avec Gros-Guillaume
igS
et Gaulier-Garguille. II jouait les valets fourbes et intrie:ants à l'Hôtel de Bourgogne, et portait le même masque que le Briffuella du théâtre italien du Petit-Bourbon, si bien que l'on aurait pu les confondre. Il mourut à Paris en i634. Il avait encore joué sur le Théâtre du Marais. J.-B. Gouriet, Personnages célèbres dans les Rues de Paris, Paris, 1811, t. II, 189 sq. Sauvai, Hist. de P.; Beauchamps, Recherches sur les Théâtres de France, Paris, 1735, in-4°, p. 164.
Val de Suson. — Vallée du ruisseau nommé Suzon, en Bourgogne. Cf. Coulon, Rivières de France, II, 79. Ce ruisseau déborde souvent.
Valerant. — Valerant Le Comte, comédien de l'Hôtel de Bourgogne.
Vautret. — Comédien de l'Hôtel de Bourgogne.
Vert Vêtu. — Allusion aux soupirants des romans de chevalerie, qui s'habillaient de vert par amour, le vert signifiant l'espérance.
ViDASE. — Ou Vid d'aze, ou viédaze. Primitivement vidaze signifiait visage d'âne, au temps que l'on disait vis pour visage. Mais ensuite, l'ignorance a confondu vis et vit, et l'on a donné à ce mot un sens obscène : vit d'âne.
Zani Cornette. — Zani Coinetto, plus connu sous le nom de Zani tout court. Bouffon de la Comédie italienne.
Zeste. — Membre viril. L'auteur écrit aussi Zest.
Zelotype. — Jaloux.
TABLE DES POÉSIES (i)
Pag'es.
Aymant l'autre jour à paroistre 5i
Bien que les traicts de Cupidon lxii
Ce petit Bartole sans tiltres 128
Geste cruelle me méprise 99
Charmant, joijeux poète, auteur de l' « Espadon ». 2
Desternod, ton esprit, arsenac de prudence .... xxv
De tant de cavaliers qui vont avec des bottes 3
Devriez vous pas donc, Mag'delaine 118
En me traictant comme un valet 90
Espadon digne de mémoire lxi
Espadon plus digne de gloire lxiii
J'allois, un de ces jours, en guise d'un cadet /ji
Laissez moy, je suis en colère Go
L'unique des sujets qui par son élément 146
Moy qui suis l'abrégé, le portraict racourcy 109
Qui ne le craindroit pas? c'est un monstre, Guenar. . i63
Satyre, à la nouvelle escrime lxv
Si converty Guenar vous dites iG3
Si l'on me parle davantage (18
Sur mon lict emplastré d'ordure 78
Sur un vieil rehec plein de rouilles 23
Tout ainsi i/ue l'Amour /ut caus»^ que Leandre . . lxi
Un Theriaque tel seulement tu ne tire xxxiv
Vous cherchez tant qu'on vous appelle 187
Vous espousez donc ce fantosme ."'.3
(i) Les pièces dont le premier vers est en italique ne sont pas de d'Estcrnod.