Rom., XV
2. JosT, Geschichte der Israëliten seit der Zeit der Maccabder bis auf unsere Tage, in-S", Berlin, 1825, l. V, p. 12 sq., 17 sq.; Amador de
2G L'ESPAGNE CHUETIENNE.
de renoncer à sa méthode constante d'entamer la fondation de ses l^^glises par la prédication dans les synagogues. Sa mission en Espagne est indiquée par deux écrits très anciens : la lettre de Clément le Romain à l'Eglise de Corinthe ^ et le Canon de Muratori ^. Quand même saint Paul ne serait pas venu dans la péninsule, il est certain qu'il a formé le projet de s'y rendre. Il considérait cette mission comme l'apogée de sa carrière après laquelle il pourrait « terminer sa course », ayant porté la foi jusqu'à ces colonnes d'Hercule qui marquaient tout ensemble la limite de l'Empire et celle du monde. La séduction qu'exerçait l'Espagne sur l'illustre apôtre s'explique par le prestige grandissant de cette province qui rivalisait de gloire avec l'Italie. Les plus grandes réputations littéraires, celles d'Horace et de Virgile avaient à compter avec la réputation de philosophes et de rhéteurs, de lettrés et de poètes, comme les deux Sénèque, Lucain, Martial, Silius Italiens, Quintilien, Portius Latro le maître d'Ovide, tous Espagnols. Dans la pensée de saint Paul, il semble que Rome ne lui offrît rien de bien séduisant, à part quelques amis qu'd comptait revoir; son intention était de brûler l'étape, ou du moins d'abréger son séjour le plus possible, afin de n'être pas retardé dans son impatience à aborder l'Espagne : « Quand je me serai mis en route pour l'Espagne, écrivait-il de Corinthe aux Romains, j'espère que je vous verrai en passant, et après que j'aurai d'abord joui de votre
LOS Rios, Estudios sobre los judios de Espana, in-S", Madrid, 1848, c. 1 ; E. Re>'an, Sai7it Paul, in-S", Paris, 1809, p. 194.
1. Clément, Ad Corinth., i, 5; B. Gams, Die Kirchengc&chichte von Spanien, in-8°, Regeusburg, 18G-2, t. 1, p. G sq.
!2. E. pREUsciiEN, Kûrzere Texte zur Geschichte der altcn Kirche und des Kanons, iii-8, Frciburg, 1893, p. 131, lignes 38-39.
présence, vous me mènerez vous-mêmes dans ce pays ». « J'irai en Espagne, reprenait-il, après avoir passé par Rome. »
Clément le Romain, écrivant avant la fin du i'^'' siècle ^ paraît favoriser l'opinion de ceux qui admettent la réalité du voyage. « Paul, devenu le héraut delà vérité en Orient et en Occident, reçut la récompense de sa foi et enseigna la justice à l'univers entier : parvenu au terme de l'Occident, et ayant souffert le martyre sous les princes, il sortit enfin du monde, et alla dans le lieu saint 2. » Quel est ce « terme de l'Occident », 10 T£p|j(.a ttic, SudÊtoç, que toucha saint Paul avant son martyre? L'expression est assez caractéristique pour qu'on y puisse voir une désignation équivalente de l'Espagne qui rappelle VHesperia iiltima d'Horace ^ et Yextremique or bis Iberi de Lucain ^. Silius Italiens n'est pas moins clair en parlant de Gadès, la limite des continents : terrarum finis Gades -* et Pline s'exprime à peu près de même*". Ces façons de parler sont presque contemporaines de Clément et on ne s'explique pas que celui-ci eût